L'ÉTOILE
Dans le ciel transparent que le couchant colore, Une étoile parait, timide et seule encore, Comme un œil scintillant aux portes de la nuit. Seul moi-même, suivant le hasard de mon rêve, Assis sur un rocher au-dessus de la grève, Je regarde, rongeur, ce point lixe qui luit.
•Jiv L'ETOILE.
Et je me dis : « Combien, avant moi, d'autres hommes, Depuis les premiers temps de ce monde où nous sommes, Près de la même grève ont rêvé, soucieux : Vers ce même astre clair qui sur l'horizon rose Ainsi qu'un clou d'urgent étincelle et se pose, Combien d'autres mortels onl élevé les yeux?
Quel était donc leur luit en fixant cette étoile? Espéraient-ils jamais percer le sombre voile Qui d'un monde inconnu nous cache la clarté? Vermisseaux inquiets s'agitant sur la terre, Voulaient-ils arracher à l'astre le mystère Enviable et lointain de sa placidité?
.N'était-ce pas plutôt dans ces moments d'ivresse Où tout l'être exalté déborde de tendresse (Jue leurs regards montaient vers la pùle lueur? Ne la prenaient-ils pas pour douce confidente De leurs espoirs comblés, et, d'une voix ardente. Ne lui contaient-ils pas l'histoire de leur cœur?