Quin et Aremoricus piratam saxona tractus
Sperabat ; cui pelle salum sulcare Dritannum Ludus, et assuto glaucum mare findero lembo.
Sid. Apollin., Puneg. ad Axilum., v. 369. Festus Avienus, qui vivait à lu (In du i\e sièclo, dans son poème
paganisme 1 » Armoriqne
300 LES MOINES EN GAl'LE
ou plulôt hurlant, sous leurs voiles déployées, 1rs lamentations du Psalmiste1, était venue chercher un asile dans TArmorique et s y refaire une patrie Cette émigration dura plus d'un siècle et versa toute une population nouvelle, mais de race également celtique, dans la partie de la Gaule que le fisc romain et les invasions barbares avaient le moins maltraitée, et où le vieux culte celtique avait conservé le plus de vie.
A l'exception de trois ou quatre cités épiscoivrskUDce pales, presque toute la péninsule armoricaine était
du
encore païenne au vi« siècle2. Tous les symboles et les rites, les mythes et les arcanes du paganisme, semblaient s'être concentrés dans cette contrée
curieux intitulé : Ora marithna, parle aussi de ces nacelles en cuir dont usaient les Bretons :
Navigia junctis sompor aplatit pcllibu* , C-orioquo vastum su'pe porcurrunt salum.
Édit. Parukoucke, p. 110.
La légende les a quelquefois transformées en auges de purrc qui, après avoir servi de lits aux saints missionnaires pendant leur vie sohu.ro dans la Grande-Bretagne, leur servaient encore d'aquifi pour traverser la Manche et débarqua en Armoriquc. Voir la légende de sainte Ninnoc et celle de saint Budoc, dans le Propre des anciens d.ocèses de Dol et de Léon. Albert lh Grand, Vie des SS. de Bretagne, éd. Miorcec de Kerdanct, 1839.
1. Cum ululatu magno ceu celeusmatis vice, hoc modo sub vélonim ..nibus cantantes : Dedisti nos tanquam oves escarum... G.ldas, de Exadio Dritanniœ.
2. La vie de saint Mélaine, évèquc de Vannes, au concile d'Orléans en oll, atteste que longtemps après l'arrivée des premières colonies bretonnes, le pagus de Vannes était encore à peu près païen : «Erant pene omnes gentiles. » Act. SS. Bolland., Act. 6 Junii.
sauvage et brumeuse où les avenues et les cercles de pierres levées, les dolmens, les menhirs, se dressaient, tantôt au milieu d'immenses forêts de chênes et de houx, et des landes couvertes d'impénétrables buissons d'ajoncs, tantôt sur le haut des rochers granitiques de cette côte déchirée et rongée par l'Océan qui la bat au nord, au midi, à l'ouest, de ses flots infatigables. Dans une des îles de cette extrémité de la Gaule, les écrivains grecs avaient Traduions
poétique *
placé la prison ou Saturne était détenu par son fils Jupiter, sous la garde du géant Briarée. Là était, selon la plupart des poêles, la demeure des génies et des héros, le jardin des Hespérides, les champs de lf Elysée. Ailleurs, mais toujours dans les mêmes archij)els d'îlots presque inabordables, les druidesses célébraient la nuit, a la lueur des torches, leurs mystères inaccessibles aux hommes, comme ceux d'Eleusis ou de Samothrace, et remplissaient de terreur l'âme du nautonnier qui les apercevait de loin. Les sacrifices humains et surtout l'immolation des enfants s'y pratiquaient, comme chez les Carthaginois, en l'honneur de Saturne1. D'autres prêtresses, vouées comme les Vestales romaines à une virginité perpétuelle, et investies comme la Velléda germaine du don de prophétie, savaient soulever et calmer la mer à leur gré, guérir toutes les maladies et annoncer l'avenir à ceux qui osaient