I. Voir la légende de saiiit Riok
venir les consulter dans leur île de Sein, située à la pointe la plus reculée de l'Armorique, sur cette côte affreuse de la Cornouailles, hérissée d'écueils, dans cette baie qui s'appelle encore la Baie des Trépassés, où la tradition populaire voit errer la nuit les squelettes des naufragés qui demandent un suaire et une tombe1.
Une tradition constante peuplait de fantômes les rivages de l'Armorique. C'était là, d'après Claudien, qu'Ulysse avait offert des libations sanglantes aux mânes de ses pères, en troublant le repos des morts , dans ces lieux où le laboureur entend sans cesse les accents plaintifs et le léger hennissement des mânes dont le vol sillonne les airs , et où de pâles fantômes viennent errer devant ses regards éperdus.
Est locus extremum qua pandit Gallia littus, Oceani praetentus aquis, ubi fertur Ulysses, Sanguine libato, populum movisse silentem. Illic umbrarum tenui stridore volanlum Flebilis auditur queslus, simulacra coloni Pallida delunctasque vident migrare figuras *.
Cette tradition durait encore au vi* siècle et s'était répandue jusqu'aux extrémités du monde romain. Procope, contemporain des fils de Clovis, raconte
1. Artemidoris, apud Strabos., lib. iv, p. 198. — Pomponics Mil», 1. m, c. 6. — Hersart de la Villemarqu^ , Chants populaires de la Bretagne, t. n , la Fiancée en enfer,