‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 11 sur 177 · Non trépide, non tarde, non tepide. Cap · texte numérisé non relu

Non trépide, non tarde, non tepide. Cap

3. Seal a vero ipsa erecta, nostra est vita in sœculo : quae humiliato corde a Domino erigitur ad cœlum. Latcra eniin hujus scala* dicimus nostrum esse corpus et au imam : in quibus latenbus diversos gradua bumilitatis vcl disciplina? vocatio divina ascendendoa inscruit. Cap. 7.

4. M. Guzot, Cours d'histoire moderne, IV leç. Comme antidote

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n'est pas là un produit de la décadence sociale, ni un signe de la servitude religieuse. C'est, au contraire, le triomphe de cette liberté morale et spirituelle, dont la Rome impériale avait perdu toute notion, que le christianisme avait seul pu restituer au monde, et dont le règne, propagé et assuré surtout par les enfants de saint Benoit, a retiré l'Europe de l'anarchie, de l'asservissement et de la décrépitude où l'empire romain l'avait précipitée.

Sans doute, cette obéissance passive et absolue, ob«s>anee

1 tempéré*

dans l'ordre temporel et sous des chefs imposés ,a |*[rre du dehors et qui commandent au gré de leurs in- „ el

1 ° l'origine

téréls ou de leurs passions, constituerait une into- „ Je lérable servitude. iMais, outre que chez les Bénédictins elle devait être toujours et pour tous le produit d'une libre détermination, elle demeure à la fois sanctifiée et tem[>érée par la nature et l'origine du commandement. L'abbé tient la place du Christ : il ne peut ordonner que ce qui est conforme à la loi de Dieu. Sa charge est celle du père de famille et du bon pasteur. Sa vie doit être le miroir de ses leçons. Chargé de la redoutable mission de gouverner des âmes, il en doit à Dieu le compte le plus sévère, et presque à chaque page la règle lui enjoint de ne jamais perdre de vue cette

de ce passage échappé à la plume d'un si grand historien, presque toujours si bien inspiré, il faut lire le Panégyrique de saint Benoit, par Bossuet, qui est en môme temps le panégyrique éloquent et profond de l'obéissance volontaire du chrétien.

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responsabilité terrible. Il ne doit pas seulement les régir, mais les guérir; non-seulement les conduire, mais les supporter, et se faire le serviteur de tous ceux à qui il commande, obéir à tous pendant que chacun lui obéit. Il lui faut s'accommoder aux humeurs, aux caractères les plus divers, mais en même temps ne faire aucune acception de personnes entre les nobles et les plébéiens, les hommes libres et les esclaves, les riches et les pauvres qui se sont rangés sous son autorité4.

L'exercice de cette autorité absolue est en outre contenue par l'obligation de consulter tous les moines assemblés en conseil ou en chapitre sur toutes les affaires importantes. Il doit proposer le sujet et demander l'avis de chacun, en se réservant le droit de décider en dernier ressort : mais les plus jeunes doivent être consultés comme les autres, parce que Dieu leur révèle souvent le meilleur parti à suivre. Pour de moindres intérêts, il |>eut se contenter de l'avis des principaux du mo-

I. Diffîcilcm et arduam rem... regere animas et multorum scrvire moribus... Se omnibus conformct <'t aptet... Sempcr collet, quia animas suscepit regrndas, de quibus et rationem redditurus est... Reg., c. 2. — Cf. c. 3. Nec quasi libéra utens potestate inju>te disponat aliquid : sed cogitet *emper quia de omnibus judiciis et operibus suis redditurus est Deo rationem. C. <»2. — Sciat'iuc fibi nportere prodesse niagis quam pra?esse. C. 61. Non pra'feratur ingcnuus ex servitio convertenti, nisi alia ratiotiabilis causa existât... quia, sive servus, sive liber, omnes in Cbristo unum sumus, et sub uno Domino a»qualem servitutis militiam bajulamus. Reg. Cap. 2.

nastère, mais ne jamais agir sans conseil *. Son conseil permanent se compose de doyens ou de dizainiers2, choisis par les religieux eux-mêmes, non par ordre d'ancienneté, mais par leur mérite, et chargés d'assister l'abbé en partageant avec lui le poids du gouvernement. Il peut aussi, sur l avis de ces frères, désigner un prieur ou prévôt, pour lui servir de lieutenant*. Enfin l'abbé est lui- Kininn même élu par tous les religieux du monastère; ils iafL. peuvent choisir le dernier venu d'entre eux pour en faire leur chef; une fois élu, son autorité ne cesse qu'avec sa vie4. Mais, dans le cas où l'élection désignerait un sujet manifestement indigne, l'évêque diocésain ou les abbés voisins, et même les chrétiens des environs, sont invités à empêcher un tel scandale 5.

Cette autorité absolue de l'abbé, écrite dans une règle qu'il ne lui est permis ni de modifier ni de transgresser, est donc contenue à la fois par la

1. Convocet abbas omnem congregationem... et audiens consilium -fratrum, tractet apud se, et quod utilius jodicaverit faciat... Omnes ad cniisilium vocari dîximus, quia wpej union Dominus rcvelat quod im?lius est... Non présumant defenderc procaciter quod eis viaum fuorit. Cap. 3.

2. Ihîoani, Cf. lieg., cap. 3 et 21. Hf.ften., DisquisU., p. 325, 332.

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