‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 113 sur 177 · Ai.dert lb Grand, p · texte numérisé non relu

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L'abbaye parisienne reçut plus tard le nom de saint Germain , qui resta toujours moine dans Popularité

l'exercice de sa charge épiscopale1, et qui exempta saint Germain.

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lui-même le nouveau monastère de la juridiction et évèque.

épiscopale. Tant qu'il vécut, il exerça le plus salutaire ascendant sur les rois mérovingiens. Il devint ainsi un des saints les plus populaires entre tous ceux que l'Ordre monastique a donnés à l'Église, et les Parisiens se contèrent longtemps, entre autres traits de son inépuisable charité, comment, « ayant plus chière la voix du pauvre que le don du roi 2, » il avait vendu pour racheter un esclave le cheval de prix que le roi lui avait donné, a charge de le garder pour lui seul.

Childebert mourut entre ses bras et fut enterré dans l'église du "monastère qu'il avait richement doté, du consentement de tous ses leudes francs et ncustriens5. A sa mort, son frère Clotaire devint le seul roi de toute la monarchie franque. Lui aussi, ciouue

malgré sa férocité trop bien constatée, avait connu saint Mé<i;.r,i

1. Adeptus gradum cura» pastoral is, de rcliquo monachus persistebat. Vif. S. Germani, c. 12.

2. Chroniques de Saint-Denys> liv. m, c. 5. — Cf. Vkmatt. Fort., c.22.

3. Cum conaensuet voluntate Francorum et Neustrasiorum.— L'authenticité de ce fameux diplôme, souvent contestée, a été proclamée par Mabillon. — La dédicace eut lieu le jour môme de la mort du roi, 23 décembre 558. Cette date est établie par M. Guérard, dans son admirable édition du Polyptyque (Vlrminon, 1. 1, p. 907-913. Le premier abbé fut Droctovée, que Germain fit venir de son ancien monastère de Saint-Symphorien, à Autun.

et aimé les moines; lui aussi voulut être enterré dans l'église du monastère qu'il avait fondé dans un faubourg de sa capilale de Soissons, sous le nom de Saint-Médard , qui était celui d'un grand évêque (fils d'un Franc et d'une Romaine), dont il avait su admirer les vertus et quelquefois écouler la parole. Il rendit en mourant témoignage de sa foi et de ses trop justes terreurs par ces paroles que Grégoire de Tours nous a conservées : « Quelle est donc la puissance « de ce roi du ciel, qui fait ainsi mourir, comme il « lui plaît, les plus puissants rois de la terre1! » La grande figure de saint Grégoire de Tours do- (.regoire de Tours mine toute la seconde génération des descendants lesûisdeciouire. de Clovis, et ces luttes sanglantes entre les fils de Clotaire, dont il nous a tracé le tableau immortel dans ces fameux récits, rajeunis *et quelquefois altérés par la plume du plus grand historien de nos jours2. Quelques-uns l'ont cru moine3, et nous aimerions à pouvoir revendiquer, pour l'Ordre monastique, sa gloire si pure; ce qui est certain, c'est qu'il fut de beaucoup le plus honnête et le plus illustre personnage des temps qui l'ont eu pour historien. Attristé et quelquefois découragé à l'excès par les horreurs dont il fut le témoin el l'annaliste,

i. Hist. ceci. Franc, m, 21.

\ Récits HKrovingicns do M. AtctSTiN Thierry, qui a, du reste, rendu la plus éclatante justice au talent et au caractère de son modèle.

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