‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 169 sur 177 · MOINES D'OCC. II · texte numérisé non relu

MOINES D'OCC. II

qui se passa enlreeux. On sait seulement que Grimoald combla le vieil abbé de présents et lui promit de faire tout ce qui lui était demandé. Trois jours après, Romaric, revenu au monastère en visitant une dernière fois les terres cultivées qui en dépendaient, était mort et enterré auprès d'Amat, le maître et Tarai qui l'avait conduit à Dieu par le rude sentier1.

Pour compléter cette esquisse de la propagation du grand institut de Colomban dans la Gaule franque au vu' siècle, il resterait à la montrer, après avoir inondé les deux Bourgognes et l'Austrasie, gagnant TArmorique, où le Breton Malo, premier évoque du diocèse qui porte son nom, l'importa directement de Luxeuil 2, et où les Celtes bretons devaient naturellement adopter avec empressement l'œuvre du Celte irlandais3; puis

1. Ad principis palatium... ut régi seu procoribus suis de periculo eorum vel casu venturo cavenda nuntiaret... Vir magnifiais Grimoaldus subregulus... Surgens cum facibus accensis... adspiciensque hominem Dei miras magnitudinis, nescio quid tanquam angcJicum seu rœlestc signutn se super eum vidisse contremuit... Indeque remeans rura monastorii circuivit... Vila S. Bomarici, c. il.

2. Devotionis causa ad monasterium quod vocatur Luxovium qnod... Columbanus construxerat, devotus S. Maclovius pervenit. Ubi per aliquorum spatia dierum... se invicem ipse et Columbanus diviuo gustu, sacerdotali more refecerunt. Vila S. Hfaclov. ex Legendario maj. Monast. Ap. D. Mobice, Preuves, I, 192. — A son retour de Luxeuil, Malo fonda, prte de son église (^piscopale, un grand monastère de soixante et dix moines. L.\ BonnEiiiK, Bev. de Bretagne, t. IX, p. "I

3. La Bordeme, Discours sur les Saints de Bretagne, p. 23. On voit d'ailleurs peu de mentions directes de cette agrégation des mo-

sur le modèle

de loxeuil.

s'étendant de la Neustrie, au delà de la Loire, jusqu'en Aquitaine1; et pour cela, il faudrait surtout raconter la fondation de Solignac faite en Li- f0^e souî^c mousin par saint Éloy. Elle eut lieu peu de temps après le concile de Mâcon. Son illustre auteur, qui avait visité les principaux monastères de la Gaule et avait reconnu que la régularité monastique n'était nulle part observée comme a Luxeuil2, déclara qu'il la voulait absolument conforme au plan et à la règle de l'abbaye modèle qu'il avait rencontrée dans les Vosges, et à laquelle il la subordonna directement. Mais ce grand homme appartient plus encore à l'histoire de France qu'à celle de la règle de Luxeuil. Avec lui, nous touchons à une phase nouvelle de la royauté mérovingienne, comme avec les apôtres 'de la Morinie à la conversion de la Belgique, et avec le fondateur de Remiremonl à l'avènement et à la prépondérance des Pépins. De nouvelles perspectives s'ouvrent devant nous. Pour y entrer, il faut quitter Luxeuil et Colomban, dont nous retrouverons, d'ailleurs, plus d'une fois la trace féconde et lumineuse.

nastères armoricains. Elle est cependant prouvée par le fameux diplôme de Louis le Débonnaire qui ordonne aux moines bretons, et spécialement à ceux de Landevenec, d'abandonner la régie irlandaise suivie par eux jusqu'alors, pour observer désormais celle de Benoît. Ap. D. Morice, Preuves, I, 228.

1. Voir pour les cinq monastères construits, ex régula D. Columbani,en Berry et en Nivernais, aussitôt après le concile de Maçon, la Vie de saint Eustaise, par Jows, c. 17.

2. Voir le passage cité plus haut, page 541. S. Audoem, Vila S. Eligii, lib. r, c. 21.

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