Voir plus haut, p
GU SAINT COLOMBAX.
« contraire à la règle. » Et comme l'autre protestait, Amat prit entre ses deux doigts le bord de la coule du délinquant, précisément à l'endroit où il avait cousu une pièce de monnaie qu'il comptait réserver pour son usage particulier. «Qu'avez-vouslà, « cher frère?» L'autre, tombant à genoux, s'écria : « Malheur à moi ! j'avoue que j'ai volé le tiers d'un « denier d'or. » Selon l'esprit monastique , c'était un vol fait à la communauté; mais Amat fit grâce au coupable en lui disant : « Que celui qui a volé « ne vole plus. » Il se condamna lui-même à faire une confession publique avant de mourir, sans doute en mémoire de sa faiblesse pour le schismatique Agrestin et de ses luttes contre son abbé à Luxeuil 4. Du reste, Amat lui-même £ ctait retiré * pènii*nre dans une grotte fermée par la saillie d'un rocher,
mon <i aml si basse, si étroite, qu'elle pouvait à peine contenir son corps. Comme pour saint Benoît à Subiaco, un religieux descendait par une corde, du haut du rocher, le morceau de pain et le vase d'eau qui lui servaient de nourriture. Cette sévère pénitence ne lui suflit pas. Au moment de mourir, couché sur la
13 seH«nbre cendre, il se fit lire la lettre du pape saint Léon à saint Flavien, qui contient une claire et complète exposition de la doctrine catholique sur la Trinité
1. Frator mi... vereor, dulcissime mous... Oram cueulla? tenons, utroque digito bine indc complexus consutum infra trientem reptrit... Hoc ergo quod hahes, frator mi?... Hou mibi! tremiv»em furatus sum... Quoniam de quibusdam factis meis me oportet pœnitere et libet. Vita S. Amati, c. 21-23.
et l'Incarnation, comme une dernière et solennelle protestation contre tout levain schismatique.
Quant à Romane, qui lui survécut longtemps, ainsi qu'à la pieuse Macteflède, qui avait la première gouverné les sœurs, il prit toutes les précautions nécessaires pour que l'ahbesse de son cher monastère fut désormais exclusivement élue par sa communauté, et pour que l'ensemble de sa fondation ne relevât au temporel que du roi et au spirituel que du pape. A la fin de sa vie, le vieux leude retrouva son courage et son rôle politique d'autrefois. Il avait connu, dans le palais des rois d'Austrasie, le grand et pieux Pépin de Landen, dont le fils Grimoald s'était emparé du pouvoir comme maire du palais sous le roi Sigebert, et menaçait Iïonulrie d'avance les droits et l'existence même du jeune |ff *lajr(, héritier de ce prince. Averti prophétiquement des ^J|;'a:,,j* projets du (ils de son ancien ami, Romane, malgré son âge et le pressentiment de sa mort, descend de sa montagne et marche vers le palais qu'il n'avait pas revu depuis trente ans, pour dénoncer au roi et aux seigneurs les périls de la patrie. Il y arrive au milieu de la nuit : Grimoald, informé de son approche, va au-devant de lui avec des torches allumées. A la vue de l'ami de son père, de ce vieil homme de Dieu à la taille élevée et imposante, à l'aspect solennel, il crut voir, dit l'historien, une apparition surnaturelle, et trembla. Toutefois, il l'embrassa avec un grand respect. On ne dit pas ce