‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 36 sur 177 · Epist., xm, 31. Data mensc junii, indictlonc vi · texte numérisé non relu

Epist., xm, 31. Data mensc junii, indictlonc vi

3. De qua exultationis abundantia roborari nos citius credimus* qui benignitatcm vestrœ pietatis ad impériale fastigium pervenissc gaudemus. Lœtentur cœli et exultet terra, etc. Ibid.

hommes se réunissent pour en remercier le Créateur 1 î » Il est vrai que dans cette même lettre à Phocas, et dans une autre encore, il lui indique les devoirs de sa charge, l'exhorte à faire cesser tous les désordres des règnes passés, et le supplie de faire en sorte que, sous son règne, chacun puisse jouir en paix de son bien et de sa liberté. « Car, » dit-il, « il y a cette différence entre les rois barbares « et les empereurs de la république, que ceux-là « commandent à des esclaves, et ceux-ci à des « hommes libres2. » C'était précisément l'inverse de la vérité : c'était d'ailleurs un triste et coupable hommage adressé à un homme qui devait être l'un des plus odieux tyrans de son siècle, et qui venait de gagner l'empire par un attentat sans exemple même dans les annales de cette abominable histoire.

C'est la seule tache de la vie de saint Grégoire. Nous ne prétendons ni la dissimuler ni l'excuser. A peine peut-on l'expliquer, en rappelant ce qu'il avait eu à souffrir des vexations de Maurice et

de ses agents, vexations dont il s'était toujours

1. Qus lingua loqui, quis animus cogitare suflicit quanta» de Rerenitaîe vc*tri imperii omnipotent! Doo gratias debemus... Rcddatur ergo Creatori ab hymnodicis angelorum choris gloria in cœlo... Epist., xih, 39.

2. Rcformetur jam singulis sub jugo imperii pii libertas sua. Hoc namquo inter reges gentium et imperatores reipublica? distat, quod reges gentium dominî servorum sunt, imperatores vero rcipubliœ domini liberorum. Epist., xih, 31.

énergiquement plaint, tout en rendant d'ailleurs justice à la piété incontestable du vieil empereur1, q i, cpmme tous ses prédécesseurs, se croyait appelé à juger et à diriger les choses de l'Eglise, mais qui n'était rien moins qu'un persécuteur. Peut-être ignorait-il tout ce qui s'était passé à Constantinople, car les relations de l'empire avec l'Italie avaient alors pour centre officiel, non plus Rome, mais Ravenne. Peut-être enfin voulait-il mériter ainsi le secours qu'il implorait de Phocas contre les nouvelles incursions des Lombards2, ou bien adoucir d'avance les dispositions déjà menaçantes du tyran*. On a vu qu'il mêlait des conseils et des leçons indirectes à ses félicitations. Il faut encore se rappeler que les flatteries répugnantes qui se trouvent sous la plume de notre saint et grand pape étaient en quelque sorte du style officiel de ce temps-là : elles tenaient à l'avilissement général des mœurs publiques, à des habitudes de langage invétérées et usitées alors à chaque changement de règne. Sans aucun doute ses motifs étaient purs. Il n'en reste pas moins une tache sur sa mémoire et une ombre sur l'histoire de l'Église, si consolante et si lumi-

1. Cf. Epist., v, 43, aux patriarche* d'Alexandrie et d'Antiochc, et xi , 25, à Muxime de Salone, où il dit expressément de Maurice : Omnibus notum est piissimos dominos disciplinam serTare, et in causis sacerdotal ibus non miscere.

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