Cap
Ui L'ESPAGNE MONASTIQUE
citudes de la vie domestique1. Il affirme qne la vie monastique régulière est identiquement conforme à celle que menaient les apôtres. Il rappelle à cette fille de noble race, à cette sœur et tante des rois visigoths, les obligations que lui imposait l'égalité chrétienne, et lui ordonne de regarder comme ses pareilles même les esclaves qui portaient le voile comme elle. « Leur naissance les a faites esclaves, leur profession en a fait tes sœurs. Que rien ne leur rappelle leur ancienne servitude. Celle qui combat avec toi pour le Christ sous le drapeau de la virginité, doit se réjouir d'une liberté égale h la tienne. En les acceptant pour tes sœurs, tu les auras d autant mieux pour servantes, qu'elles t' obéiront non par l'obligation de la servitude, mais par la liberté de la charité. Ce n'est pas que votre humilité doive les provoquer à l'orgueil. La charité tempère tout et vous conduira toutes à la frontière de la même paix, sans enorgueillir celle qui a sacrifié la puissance, sans humilier celle qui est née pauvre ou esclave2. » On aime surtout à retrouver dans ce grand esprit la trace de son affection fraternelle et de ses souvenirs domestiques. « Ne cherche point,» lui dil-il en jouant sur le nom de leur mère Turtnr qui avait aussi terminé sa vie dans le cloître, « ne cherche pas à t'envoler du toit où la tourterelle dépose ses petits. Tu es fille de l'innocence et de la