‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 83 sur 177 · E. de Rozibre, Formules visigollùques, introd · texte numérisé non relu

E. de Rozibre, Formules visigollùques, introd

En 680, les évêques firent un singulier usage de ce droit de déposition à l'égard du vieux roi Wamba, qui, après un règne glorieux, malade et empoisonné par un Grec, avait reçu des mains de l'archevêque l'habit monastique et la tonsure pen- Leroiwamba

i , • , „ , , fait moine

dant qu on le croyait a 1 agonie, suivant une dévo- malgré lui. tion du temps habituelle à ceux qui voulaient faire pénitence publique avant de mourir. Etant revenu à lui, il se crut obligé de ratifier le vœu qu'il avait semblé faire1, et de désigner pour son "successeur le comte Ervvige, le fils de celui-là même qui l'avait empoisonné. Il entra dans un monastère, y vécut encore sept ans, saintement docile à ses nouveaux devoirs; cependant les évêques réunis au douzième concile de Tolède déliaient ses sujets du serment dç fidélité et prononçaient l'anathème contre les ennemis du nouveau roi. Ils décrétèrent ensuite un canon où il est question de ceux qui, ayant désiré h pénitence (c est-a-dire la tonsure et l'habit monastique) pendant qu'ils se portaient bien et l'ayant reçue sans l'avoir demandée pendant leur maladie,

voudraient retourner à la vie militaire, sous prétexte qu'ils ne peuvent être astreints à un vœu qu'ils n'ont pas fait : ce retour leur est formellement interdit, parce qu'on les regarde comme engagés, de même que les enfants qui ont reçu le baptême

1. Sive, dit Ma ni an a [De Reb. Ilisp., vi, 14), animi magnitudine rursus spernentis qua> alii per ignes ferrumque petunt ; sive desperatione regaum recuperandi, cum Erwigius rerum potiretur.

sans connaissance. Mais le même canon défend aux évêques de donner la pénitence à ceux qui ne la demandent pas, sous peine d'une année d'excommunication â. Tout est obscur et étrange dans cette histoire, qui toutefois tient de trop près aux annales monastiques pour être passée sous silence. Ce n'était pas du reste la première fois que Ton forçait en Espagne les rois à se faire religieux : un siècle plus tôt, l'avant-dernier roi des Suèves avait été . fait moine malgré lui par un usurpateur; et celui-ci avait été aussitôt après attaqué et vaincu par Leovigilde, qui le força de se faire moine à son tour, et réunit la royauté des Suèves à celle des Visigoths. Mais Leovigilde était un persécuteur arien, et un concile orthodoxe pouvait chercher de meilleurs exemples2.

Précisément dans" ce pays des Suèves, pendant s.int Fructueux, les deux premiers tiers du vne siècle, le véritable ' '"lies Tue esprit monastique brillait de tout son éclat dans de ;a usitauie. saint Fructueux. « Dieu créa en ce temps, » dit un moine contemporain, « deux grands soleils pour illuminer les plages occidentales des rayons de cette vérité fulgurante qui jaillit du siège apostolique : l'un, Isidore de Séville, par son éloquence, ses

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