‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 98 sur 177 · Concil. Aurel., an. 511, c · texte numérisé non relu

Concil. Aurel., an. 511, c

2. Ne occasio famani laccret honestatis, quia aliqui laici, dum di versa perpétrant adulteria, hoc quod de se sciunt, in aliis siispicantur, aicut ait Seneca. posai m uni in eo viUuni eaae, qui in id quo inaauit, ceteros putat furerc.

que Tidéal chrétien de la vie commune rencontrait de résistance.

Comment toutes ces communautés, si nombreuses et si diverses, en vinrent-elles à reconnaître dans la Règle bénédictine celle qui devait assurer leur durée et leur prospérité? C'est ce qu'on n'a pu découvrir que pour quelques maisons plus ou moins célèbres. Ce ne fut pas l'œuvre d'une de ces transformations subites, radicales et éphémères, auxquelles l'histoire moderne nous a habitués : ce fut le travail lent et instinctif d'une institution qui cherchait les conditions d'une durée séculaire. La conquête se fit graduellement et imperceptiblement1. Ce qui est incontestable, c'est qu'elle fut universelle, malgré la rivalité formidable de la Règle de saint Colomban ; ce qui ne l'est pas moins, c'est que la mission de saint Maur fut le canal par où la paternité souveraine du législateur italien s'étendit peu à peu sur tous les monastères gaulois2.

1. Nnnquam nobis venit in mentem ut asserere velimus omnia aut pleraquc Galliarum monasteria, adveniente Mauro, Benedictinam rcgulam statim admisisse... Qua» postea sensim sine sensu ita f*T alia monasteria sequentibus annis propagata fuerit, donec tandrm sôla provalucrit in toto Galliarum imperio. D. Riiivart, in Append. Annal. Bcned., tome I, p. 036.

2. C'est le témoignage formel de saint Odilon, le célèbre abbé de Cluny. • Post sancti Benedicti ex bac vita mîgrationem, per Beat u m Maurum illius discipulum omnis pene Gallia cjus institutiones et religion! s instituta suscepit, atque per cumdem Maurum, eosque quo* illc ad justitiam erudivit, per longa tempomm spatia, eadem religio ad perfectionis cumulum excrevit. » Odilo, Vit. S. Maioli, ap. Surium, 11 Maii.

mérovingienne

avec Ils Uentsiictins

pnmiére Cette mission signale en outre, dans l'histoire, d/uM^wie la première rencontre de l'Ordre bénédictin avec cette royauté française, alors à peine éelose sous le bouclier de Clovis et de ses descendants, mais que nous verrons pendant tant de siècles l'alliée fidèle et reconnaissante des fils de saint Benoit. La partie de l'Anjou où se trouvait Glanfeuit était échue en partage à celui des petits-fils de Clovis qui régnait à Metz et sur l'Austrasie, et qui s'appelait Théodebert1. C'est à lui que dut s'adresser, selon la tradition , le vicomte Florus pour obtenir, d'abord l'autorisation nécessaire à rétablissement des religieux étrangers, puis celle de s'enrôler luimême dans leurs rangs. Ce roi, célèbre dans l'histoire des Mérovingiens par ses exploits en Aquitaine contre les Visigoths et en Italie contre les lmpé-

Fm revue de Théodebert avec *aiut Maur a Glaufcuil.

1. Le professeur Roth, dans son important ouvrage intitulé Geschichte der Beneficialwescns (Erlangen, 1 8r#0, p. 440), s'attache à démontrer la fausseté de ce récit en se fondant sur ce que, dans le partage de la Gaule entre les rois francs, l'Anjou appartenait, non à Théodebert, mais à Childebert, et que cette province n'échut que plus tard a un roi d'Austrasic du môme nom, Théodebert II, qui régna de 5(Jb' h 002. Mais on peut lui répondre avec Ruinart que rien n'est moins certain que la délimitation exacte des provinces dont les fils de Clovis constituèrent les différentes parties de leurs royaumes, et rien de plus étrange que le morcellement de tout le territoire sis au midi d<- la Ixrire. tu autre savent contemporain qui s'est particulièrement occupé des origines de la royauté franque, le prof<"*se,,r Loo, établit que Thierry, le père de Théodebert et l'aîné des fils de Clovis, exerçait une sorte de suzeraincié sur les Ktats de ses frères et que ses possessions enveloppaient de toutes parts les héritages de ceux-ci. Voir Des Deutsvhen Vulkes Ursprung und Werden, l&t. p. 353.

riaux, ne consentit à se séparer (Tun de ses principaux ofliciers qu'avec peine, et après avoir lui-même rendu visite à la nouvelle colonie. Il s'y rendit avec toute cette pompe que la race de Clovis avait si rapidement empruntée aux traditions de l'empire abattu; mais tout revêtu de sa pourpre, dès qu'il aperçut Maur, le roi franc se prosterna devant le moine romain, comme Tolila s'était prosterné devant Benoît, en lui demandant de prier pour lui et d'inscrire son nom parmi ceux des frères. Il présenta son jeune Gis à la communauté, se ût désigner spécialement ceux des moines qui étaient venus du Mont-Cassin avec l'abbé, demanda leurs noms, et les embrassa ainsi que leurs frères. Puis il papcourut les lieux réguliers, mangea avec les moines au réfectoire, et voulut, avant de partir, que le chef de ses scribes rédigeât sur l'heure et scellât de son anneau la donation d'un domaine du fisc qu'il destinait au monastère. Florus obtint ensuite que le roi servît de témoin à sa prise d'habit. Après avoir ajouté de nouvelles largesses à sa première donation, il affranchit et dota vingt de ses esclaves; puis, déposant sur l'autel son baudrier militaire, il s'agenouilla devant le roi qui, à la prière de l'abbé, lui coupa une première mèche de cheveux ; les autres seigneurs achevèrent de le lonsurer complètement. Au moment de quitter le monastère, le roi voulut revoir son ami, revêtu du froc; il l'exhorta à honorer ce nouvel habit comme il avait

honoré la vie séculière, puis se jeta dans ses bras et y resta longtemps en pleurant, avant de s'éloigner muni de la bénédiction de l'abbé1.

Voilà donc comment le roi franc et le bénédictin firent connaissance, et ces deux forces qui vont fonder la France, la diriger et la représenter pendant de longs siècles, les voilà en présence pour la première fois.

En admettant môme que ce récit, dans ses détails minutieux, ait été embelli par l'imagination (Jes siècles ultérieurs, il mérite d'être reproduit comme le type de ces relations intimes et cordiales qui commencèrent dès lors entre les princes de race germaine et les moines, et qui se retrouvent presque à chaque page de leur double histoire.

1. Regali indutus purpura humilitcr prostratus... Qui cum nos digito désignasse^ in parte nos stare pnecipiens, intuebatur attentius, nomen uniu sou jusque soi sci tans... Ansebaldum, qui scriptoribus tostamentoruni regalium praperat... ut de ejus annulo regali firmaret more... Cingulum militirr... super altare mittens... Rex primus de coma capitis ejus totondit... Florum sibi ainantissimum ad se deduci prscepit, qui... monachali jam iodutus habitu... diutius in osculis ejus immoratur. Faustts, Vit. S. Mauri, c. 49-52.

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