‹ Les moines d'Occident 1863. 658 pChapitre 97 sur 177 · Voir plus haut, tome I, p · texte numérisé non relu

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rité du roi d'Austrasie, Théodcbert , petit- fils de Clovis. Ce vicomte offrit au disciple de Benoît un de ses domaines pour y établir sa colonie, plus un de ses fils pour en faire un religieux , et annonça l'intention de s* y consacrer lui-même à Dieu. Maur accepta, mais moyennant une donation en règle et devant témoins : « car,» dit-il au seigneur franc, « notre observance exige avant tout la paix et la « sécurité1. » Dans le domaine que baignaient les eaux de la Loire, il fonda le monastère de Glanfeuil, Il fonde

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qui prit plus tard son propre nom2. Ce site, perdu premier'

■ monastère

aujourd'hui dans les vignobles de l'Anjou, mente benedicuo le regard reconnaissant de tout voyageur dont la pensée ne reste pas insensible aux bienfaits qui , de celte première colonie bénédictine, ont découlé sur la France entière.

Par une touchante et légitime réminiscence des anciennes gloires monastiques, Maur consacra Tune des quatre églises ou chapelles de sa nouvelle

\. Observatio Ordinis nostri summam deposcit quietem et securi» tatem... Te tradente nobis coratn testibu*... Scripto Testamento tradtdit ei omoia et de suo jure in ejus delop;avit poteslatem atque dominium. Vit. S. Mauri. c. 42-43. — Il se pourrait que ce passage fût une de* interpolations du i\r siècle, signalées par Manillon; toutefois nous l'avons reproduit comme un des premiers exemples des formes employées pour les donations de cette nature, si nombreuses dès le \i* siècle en Gaule.

2. Saint-Manr-sur-Loire. Les reliques de Maur y restèrent jusqu'au i\* siècle; la crainte des Normands les fit alors transférer à Saint-Maur-les-Fossés, près Paris, autre monastère dont il sera souvent question.

abbaye à saint Martin, qui avait créé non loin de là, et sur les bords du fleuve, le sanctuaire encore si célèbre de Marmoutier1, et un autre à saint Séverin, à ce moine romain qui sur les rives du Danube avait dompté la férocité des Barbares tout en bénissant l'avenir d'Odoacre. Le Gis chéri de saint Benoit passa quarante années à la tête de sa colonie française ; il y vit officier jusqu'à cent quarante religieux. Quand il mourut, après s'être retiré pendant deux années dans une cellule isolée, pour s'y préparer en silence à paraître devant Dieu2, il avait déposé dans le sol de la Gaule un germe qui ne devait ni s épuiser ni périr, et qui, après mille ans encore, devait produire sous le nom même du modeste fondateur de Glanfeuil une nouvelle efflorescencc du génie monastique, destinée à devenir le synonyme de l'érudition laborieuse, et l'une des gloires les plus incontestées de la France*.

4. Voir tome I, page 2*28. — Pour juger de l'influence qu'exerçait encore deux siècles après son pontificat le grand saint Martin, fondateur de Marmoutier, il faut lire les quatre livres de Grégoire de Tours intitulés De Miraculis S. Martini, dont la Société de Mistoirt de France vient de publier une nouvelle é iition, due aux soins de M. Bordier.

2. Biennio ante mortem siluit sejunctus ab hominibus, et solusin superni inspectons oculi* habitavit secum. Breviarinm vwnasticwn-

3. On sait que la congrégation de Saint-Maur, immortalisée par les travaux de Mabillon, do Montfaucon, do Ruinart et de tant d'autres, fut créée en 101 S. Klle naquit de l'association forméo par diverses abbayes très-anciennes pour adopter la réforme introduite, dès \& fin du xvi' siècle, dans les monastères de Lorraine par dom Didier <te La Cour, abbé de Saint-Vanne.

Une certaine obscurité règne sur les premiers temps de la propagation de la Règle bénédictine en ||^J**j^|M Gaule, après la première fondation de saint Maur. ^^J™ Nous avons déjà signalé les progrès de la vie cénobitique, dus aux grandes écoles do Marmoutier, de Lérins et de Condat, avant l'époque de saint Benoit. Ces progrès ne se ralentirent pas après lui, puisqu'on a pu, pendant le cours du vr siècle seulement, compter quatre-vingts nouveaux établissements dans les vallées de ia Saône et du Rhône; quatre-vingt-quatorze des Pyrénées à la Loire; cinquante-quatre de la Loire aux Vosges, et dix des Vosges au Rhin1. Ce fut donc comme une nouvelle et plus complète conversion de ce vaste pays. Peu à peu chaque province reçut comme apôtres de saints moines, qui le plus souvent étaient en même temps évêques , et qui fondaient à la fois des diocèses et des monastères, ceux-ci destinés à tenir lieu des séminaires modernes en servant comme de citadelles et de pépinières au clergé diocésain2.

Les conciles des Gaules s'occupent de plus en plus souvent de la discipline monastique, sans indiquer d'ailleurs aucune congrégation spéciale. Ils se montraient tous animés de l'esprit qui avait dicté

1. M. Mignet a relevé ces chiffres dans les Annale» Bénédictines île Mabillon. Voir son beau Mémoire sur la conversion de l'Allemayne par tes moines, p. 32.

2. Ut urbis esset munimentum. Vie de S. Domnole, éveque et fondateur de Saiiit-Yincent-du-Mans, c. 4, ap. Bollam>., 16 Maii.

le fameux canon du concile général de Chalcédoinc en 451, en vertu duquel les moines étaient subordonnés aux évoques. Celui d'Agde, en 511, renouvelle la défense de fonder de nouveaux monastères sans la connaissance de l'évoque. Ceux d'Orléans (511 et surtout 533), d'Epaône (517) et d'Arles (558) , assujettissaient complètement les monastères à l'autorité et à la surveillance des évoques. Les abbés ne pouvaient ni s'absenter, ni disposer d'aucune propriété de la communauté sans la permission épiscopale; une fois par an ils devaient aller trouver leur évoque pour recevoir ses avis et au besoin ses corrections1. Le concile tenu dans la basilique do Saint-Martin à Tours, en 5G7, et dont le quatorzième canon invoque le témoignage de Sénèque en faveur des précautions à prendre contre la renommée d'incontinence2, prononce dans son canon xv la peine de l'excommunication contre tout moine qui se marierait et contre tout juge qui refuserait de prononcer la dissolution d'un tel mariage. Mais par le grand nombre de règles diiïérentos et de réformes successives, et plus encore par les récils do violences et de scandales que Grégoire de Tours nous a loyalement transmis, on voit bien tout ce

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