Vita S. Molassii, ubi supra
3. Quod indictum- est, inquit ad Molassium, fie t. O'Donxell, II, 5.
4. Mihi, juxta quod ab angelo prœmonitus sum, ex Hiberniae migrandum est, et dum vixero exsulandum, quod mei causa per vos plurimi extincti sunt... Id., H, 4.
ses parents ni le sol natal, a C'est toi, » répondit le jeune homme, « c'est toi qui es mon père; l'Église a est ma mère, et ma patrie est là où je pourrai « récolter la plus ample moisson pour le Christ. » Puis, alin de rendre toute résistance impossible, il fit tout haut le vœu solennel d'abandonner son pays et de suivre Columba : « Je jure de te suivre « partout où tu iras, jusqu'à ce que tu m'aies mené « au Christ, à qui tu m'as consacré1. » C'est ainsi, dit son historien, qu'il s'imposa plutôt encore qu'il ne s'offrit pour compagnon au grand exilé qui, dans le cours de sa carrière apostolique chez les Pietés, n'eut point d'auxiliaire plus actif et plus dévoué.
Columba accepta non sans douleur, comme on le verra, mais sans résistance, l'arrêt de son ami. Il consacra le reste de sa vie à expier ses fautes par un exil volontaire et par la prédication de la foi aux païens. Jusqu'ici nous n'avons pu démêler qu'avec peine les principaux événements des quarante premières années de sa vie, à travers une foule de récits confus et contradictoires. Nous avons suivi la version qui nous a paru la plus probable, en même temps que la plus propre à jeter du jour sur le caractère du saint, de son peuple
4. Se peregrinatîonis socium non roagis obtulit, quamobtrusit.... Tu mihi pater es, Ecclesia mater, et patria oibi uberiorem bene merendi segetem et majorem Christo deserviendi ansam invenero.. Te quoeumque ieris sequar, donec ad Christum perduxeris, cui me pridera consecraras. ODoskell, Vita Columba, lib. in, c. 24, 25, 2G.
et de son pays. Désormais nous aurons un guide plus sûr dans cet Adamnan, qui ne touche qu'en passant à la première moitié de la vie de son héros, et qui, au mépris des témoignages unanimes des sources irlandaises, tout en constatant que ce départ eut lieu après la bataille où le monarque d'Irlande avait été vaincu par les proches de Columba1, n'attribue son départ de l'Irlande qu'au seul désir de convertir les païens de la grande île voisine*.
1. Post bellum Cule Drebene... quo tempore vir beatus de Scotia peregrinaturus primitus enavigavit. Adamw., I, 7. — On verra plus loin, page 155, ce qui est dit du poème dit Al tus, dont la composition fut inspirée par le remords de Columba après ses trois batailles.
2. De Scotis ad Britanniam pro Christo peregrinari volens, enavigavit. Adamn., Prœf. — Le Ms. de Salamanque, cité par Colgan, ajoute : Ad converteiidos ad fidem Pictos.