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DES ILES UltlTAiNMQliKS.
des principaux monastères de la Cambric, c'est à notre grand saint gaulois que remontent les premières splendeurs de la vie cénobitique en Bretagne. Le célèbre évêque d'Àuxerrc et ses confrères ne furent pas les seuls pontifes que l'Église romaine commit à la garde et à la propagation de la foi en Bretagne. Vers la fin du quatrième siècle, au plus fort des invasions calédoniennes, le fils d'un chef breton, Ninias, ou Ninian, avait été à Rome se tremper dans les sources de l'orthodoxie et de la discipline, et après y avoir vécu, prie et étudié pendant vingt-quatre années à l'école des Jérôme et des Damase1, il y avait reçu du pape Siricius le caractère épiscopal. Revenu en Bretagne, il eut l'audacieuse pensée d'opposer aux flots toujours plus rapprochés et toujours plus terribles des barbares du Nord la seule digue qui pût les arrêter et la seule force qui pût les dompter en les transformant. 11 entreprit de les convertir à la foi chrétienne. 11 avait d'abord établi le centre de son diocèse dans un canton reculé de cette région intermédiaire, située entre les deux isthmes qui coupent la Grande-Bretagne en trois portions inégales. Cette région, sans cesse disputée par les Pietés aux Bretons et aux Romains, n'avait été réduite en province sous le nom de Valentia que du temps de Tempe-
l.i» Birlon
Ninian entreprend
de convertir les Pietés».
1 . Nynia episcopo rcvereiitissiino cl sanelissiiuo vii*o, de natioiie Brittonuiii, qui crat Romœ regulariter tidem et mysterià vciitàtis cdoctus; Bede, III, 4.
a White-lloin
reur Valenlinien et comprenait tous les pays entre le mur d'Anlonin au nord et le mur de Sévère au midi. L'extrémité occidentale de cette province, et la plus voisine de l'Irlande, portait dès lors le nom de Galwidia ou Galloway * ; elle forme une sorte de presqu'île, découpée par la mer en plusieurs vastes et larges promontoires. Ce fut au bord d'un de ces golfes, sur un cap d'où l'on distingue les côtes lointaines du Cumberland et de l'ile de Man, que rtabihsèincni Ninian constitua un foyer ecclésiastique en élevant une église en pierre. Ce genre de construction, inconnu jusqu'alors en Bretagne, valut à la nouvelle cathédrale et au monastère qu'il y adjoignit le nom de Candida casa, ou White horn, qui subsiste encore8. 11 consacra cette église à saint Martin, à cet illustre apôtre des Gaules, auprès de qui il s'était arrêté à Tours en revenant de Rome, et qui selon la tradition lui avait donné des maçons capables de
1. Cette province, ainsi dénommée pendant tout le moyen âge, est représentée sur les cartes modernes par les comtés de Wigton et de Kirkcudbriglit.
2. White, blanc; Uorn, hern, du saxon, JErn, maison. On montre encore dans une île voisine de la côte une petite église ruinée, qu'on dit avoir été bâtie par saint Mnian. Le diocèse fondé par lui disparut après sa mort ; mais les Anglo-Saxons le rétablirent, ainsi que la communauté à laquelle le célèbre Alcuin adressa une épître intitulée : AdfratresS. Xiniani in Candida Casa. Une nouvelle invasion des Pietés, venus cette fois d'Irlande, détruisit une seconde fois le diocèse de Galloway, qui ne fut rétabli qu'au douzième siècle, sous le roi David I. Les belles ruines de cette cathédrale , relativement moderne, et détruite par les presbytériens, se voient dans la ville actuelle de Whitehorn. Le tombeau de saint Mnian fut toujours un lieu de pèlerinage trèsfréquente jusqu'à la Réforme.
construire une église d'après l'usage de Rome, L'image du saint pontife qui venait de mourir au a*7moment où Ninian s'établit dans sa Maison blanche, le souvenir de son courage, de ses laborieux efforts contre l'idolâtrie et l'hérésie, de sa charité si généreusement indignée contre les persécuteurs1, étaient bien dignes de présider à la carrière apostolique du nouvel évêque breton, et de lui inspirer le dévouement nécessaire pour entamer la conversion des Pietés.
Qui donc, en parcourant de nos jours l'Ecosse méridionale, des rives du Solway à celles du Forlh et de la Ta y, en passant des gigantesques métropôles de l'industrie aux campagnes fécondées par tous les perfectionnements modernes de l'agriculture, en rencontrant partout les preuves et les produits de la civilisation la plus raffinée, qui donc songe encore aux obstacles qu'il a fallu surmonter pour arracher celte contrée à la barbarie? On n'oublie que trop facilement ce que devait être l'état du pays quand Ninian en devint le premier mission Férocité naire et le premier évêque. Et cependant les auteurs peilp^s profanes et sacrés, Dion et Strabon, saint JeanChry- l%aiJ^îlsr> sostome et saint Jérôme, ontdépeint à Penvi l'horrible cruauté, les mœurs sauvages et brutales de ces habitants du nord de la Bretagne, qui successivement connus sous le nom de Calédoniens, de Meatx,