‹ Les moines d'OccidentChapitre 48 sur 113 · Ms. irlandais cité par Reeves, p. lxxvi, note · texte numérisé non relu

Ms. irlandais cité par Reeves, p. lxxvi, note

se prolongèrent pendant quatorze mois, et dont le peuple irlandais, le plus fidèle des peuples du monde, a célébré pendant plus de mille ans la mémoire.

Les seigneurs et le clergé y campèrent, pendant 575. toute la durée de ce parlement, sous la tente, comme des soldats1. La plus importante des questions à débattre fut celle sans doute du tribut exigé du roi des Dalriadiens. Il ne semble pas que le monarque L'indépendance irlandais ait exigé ce tribut pour le nouveau royaume nouvelle royauté fondé par la colonie de ses anciens sujets, mais reconnue par bien pour cette portion de l'Irlande même qui de forme aujourd'hui le comté d'Àntrim, d'où étaient partis les colons dalriadiens, et qui était restée le patrimoine héréditaire de leur nouveau roi1. C'était précisément la position où se trouvèrent, cinq siècles plus tard, à l'égard des rois de France, les princes normands devenus rois d'Angleterre en restant ducs de Normandie. Columba, l'ami des deux rois, fut chargé de trancher le différend. Selon quelques auteurs irlandais, l'abbé d'Iona, au moment dé-

1. Condictum regum. Adam*. — Collectis totius regni optimatibus, universoqueclero. .. ad instar militum per papiliones ettentoria turmatim dispersi. O'Donnell, 1. m, c. 2 et 5. — Hibernise proceribus Drum- Keathian ad leges condendas coeuntibus et quatuordecim mensibus illic haerentibus. Lvkch, op. cit., c. 9. — Colgan, qui vivait en 1645, raconte que le site de rassemblée était encore alors fréquenté par de nombreux pèlerins, et qu'on y célébrait autrefois, le jour de la Toussaint, une procession : cum summo omnium vicinarum partium accursu. Acia xanctorum Hiberniœ, t. I, p. 204. — On voit encore cet emplacement sur un tertre de l'endroit appelé Roë-Park, près Newtown Limavaddy, au comté de Londonderry. Reeyes, p. 37. 2. Moore's, tlUtoryoflrelind, t. ï, c. 12, p. 250.

Il intervient en faveur

des bardes.

cisif, refusa de se prononcer, mais se déchargea sur un autre religieux, saint Colman, du soin de prononcer l'arrêt. Toujours est-il que le monarque d'Irlande renonça à toute suprématie sur le roi des Dalriadiens d'Albanie, comme on qualifiait alors l'Ecosse . L'indépendance et l'immunité de tout tribut furent garanties aux Scols albaniens, qui de leur côté promirent à leurs compatriotes irlandais une hospitalité et une alliance perpétuelles1.

Columba intervint encore à l'assemblée de Drumceitt dans une cause qui dut lui tenir au cœur presque autant que l'indépendance de la royauté et de la colonie scotiquedont il était devenu le chef spirituel. Il ne s'agissait de rien moins que de l'existence d'une corporation aussi puissante et plus ancienne, plus nationale, que le clergé lui-même ; il s'agissait de ces bardes, à la fois poètes et généalogistes, historiens et musiciens, dont le grand rôle et l'ascendant populaire sont un des traits les plus caractéristiques de l'histoire d'Irlande. La nation tout entière, toujours éprise de ses traditions, de son antiquité fabuleuse, de ses gloires locales et domestiques, entourait de son ardente et respectueuse sympathie les hommes qui savaient revêtir d'une parure poétique tous les enseignements et toutes les superstitions du passé en même temps que les passions et les intérêts du présent. Si haut qu'on remonte dans les annales de l'Irlande,

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