Fulguralis lux, Id., III
5. Cuidam suo sapientiam discenli alumno... qui, contra interdictiun, in noctis silentio accessit... callide explorans... oculos ad clavium foramina posuit.»* Repletum hospitiolum cœlestis splendoiv claritudinis, quam non sustinens intueri, aulugit, Id., ibid>
prières de tant de chrétientés nouvelles, fondées ou desservies par son zèle. Deux de ses religieux, l'un Irlandais, l'autre Saxon, de ceux qu'il admettait à se tenir dans sa cellule pour l'aider dans ses travaux ou exécuter ses ordres, le virent un jour changer de visage, et sa figure exprimer subitement les émotions les plus contraires; d'abord une joie béatifique, qui lui fit lever au ciel un regard empreint de la plus suave et tendre reconnaissance; puis, un instant après, ce rayon de bonheur surnaturel fit place à l'expression d'une morne et profonde tristesse. Us le pressèrent de questions auxquelles il refusa de répondre. Alors ils se jetèrent à ses genoux et le supplièrent avec larmes de ne pas les contrarier en leur cachant ce qui venait de lui être révélé. « Chers en- « fants, » leur dit-il alors, « je neveux pas vous affli- « ger... Sachez donc qu'il y a aujourd'hui trente ans « que j'ai commencé mon pèlerinage en Calédonie. « Depuis longtemps je demande à mon Dieu de faire « finir mon exil avec cette trentième année et de me « rappeler à la céleste patrie. Quand vous m'avez vu si « joyeux, j'apercevais déjà les anges qui venaient « chercher mon âme. Mais voici que tout à coup ils samott « s'arrêtent, là-bas sur ce rocher au delà de la mer de quatre ans
par les prières
« qui entoure notre île, comme s ils voulaient au- des « procher pour me prendre sans le pouvoir. Et ils « ne le peuvent pas, parce que le Seigneur a moins « écouté mon ardente prière que celle de beaucoup « d'églises qui ont prié pour moi, et qui ont obtenu,
communautés
W> SAINT COLtJMItA.
« bien contre mou gré, que mou séjour dans ce « coi*!» lui prolongé de quatre années. Voilà pource quoi vous m'avez vu retomber dans la tristesse. « Mais dans quatre ans, je mourrai sans avoir été « malade ; dans quatre ans, je le sais et je le vois, ils « reviendront, ces saints anges, et je prendrai avec « eux mon vol vers le Seigneur ' . »
;i87 Au bout des quatre années, ainsi prédéterminées,
il disposa tout pour son départ. On était aux derniers jours de mai; il voulut aller prendre congé des ii va moines qui travaillaient aux champs dans la seule rongédn moines partie fertile de l'île d'Iona, à l'occident. Son grand âge ne lui permettant plus de marcher, il se faisait traîner sur un char à bœufs. En arrivant auprès des laboureurs, il leur "dit : « J'ai beaucoup désiré mouce rir le jour de Pâques, il y a un mois, et cela m'a- « vait été accordé; mais pour ne pas changer ce jour « de fête en jour de tristesse pour vous, j'ai préféré « attendre quelque peu. » Et comme ils fondaient tous en larmes, il les consolait de son mieux; puis du haut de son rustique attelage, et se tournant vers l'Orient, lise mit à bénir l'île et tous ses habitants, d'une
I . Faciès ejus subita, mirilica et ketifica hilaritatc effloruit. . . Iiicouijwrabili repletus gaudio, valde lœtificabatur. Tum illa sapida et suavis lietilicatio ia mœstam convertitur tristificationem... Duo... qui... ejus tugurioli ad januam stabant... illacrymati, ingemisculantes... Quia vos, ait, amo, tristiûcari nolo... Usque in hune présentent diem, me» in Britannia peregrinationis terdeni completi sunt anni... Sed eccc nunc, subito retardati, ultra nostrw fretum insulte stant in rupe... cuin sanctis mihi obviaturis illo tempore, ad Dominum lœtus emigrabo. Au»*., 111. 22.
sa mort son ministre Diarmid.
bénédiction qui, selon la tradition locale, conforme à celle de saint Patrice, en Irlande, eut pour résultat de faire disparaître h jamais toutes les vipères de l'île1.
Le samedi de la semaine suivante, appuyé sur 8 juin»»?. son iidèle ministre Diarmid, il cilla visiter et bénir le grenier de la communauté. En y voyant deux grands h visiteeiwi.it monceaux de blé provenant de la dernière récolte, il iinmomi?r*. dit : « Je vois avec bonheur que ma chère famille mo- « nastique, s'il me faut la quitter cette année, n'aura « pas au moins à souffrir de la disette. — Père 11 y annonce « bien-aimé, » lui dit alors Diarmid, « pourquoi à « donc nous contrister ainsi en nous parlant de « votre mort prochaine? — Eh bien, » répondit l'abbé, « voici un petit secret intime que je te révé- « lerai si tu veux me jurer à genoux de n'en rien «dire à personne avant mon départ... C'est au- « jourd'hui samedi, le jour que l'Écriture sainte « appelle le jour du Sabbat, ou du repos. El ce sera a bien véritablement le jour de mon repos*, car il
1. Ad visitandos fratres operarios senex senio fessus, plaustro vectus, pergit... In occidua insuUe Ionsc laborantes parte... ut erat in veliiculo sedens, ad orientera suam convertens faciem, insulam cunt insulanis benedixit habit atoribus... Ex qua die, viperarum venena trisuicarum linguarum usque in hodiernam diem nullo modo aut honiini aut pecori nocere potuere. Adaxn., II, 28; III, 55.
2. Quod cum benedixisset et duos in eo frugum sequestratos acervos. . Valde congratulor meis familiaribus monacbis, quia hoc etiani anno si a vobis emigrare me oportuerit, annum sufficientem habebitis... Aliquem arcanum habeo sermusculum [sic). . Et mihi vereest. sahbattim h»c hodierna dies... in qua post meas laborationum moles-
Adieux
« serti le dernier de ma laborieuse vie. Cette nuit « même du samedi au dimanche j'entrerai dans le a chemin de mes père». . . Tu pleures, cher Diarmid : « mais console-toi. C'est mon Seigneur Jésus-Christ « qui daigne m'inviter à le rejoindre; c'est lui qui « m'a révélé que ce serait pour cette nuit. »
Puis sortant du grenier pour retourner au monastère, et arrivé à moitié chemin, il dut s'asseoir pour se reposer à l'endroit que marque encore une des croix anciennes d'Iona l . À ce moment il voit accourir 'hianc. un ancien et fidèle serviteur, le vieux cheval blanc qui était employé à porter de la bergerie au monastère le lait gui servait chaque jour à la nourriture des frères. Il venait poser sa tête sur l'épaule de son maître comme pour prendre congé de lui. Les yeux du vieux cheval avaient une expression si plaintive, qu'ils semblaient baignés de larmes. Diarmid voulut l'éloigner, mais le bon vieillard l'en empêcha : « Ce « cheval m'aime, lui aussi, laisse-le près de moi; « laisse-le pleurer mon départ. Le Créateur a révélé « à cette pauvre bête ce qu'il t'avait caché à toi, « homme raisonnable. » Sur quoi, tout en caressant l'animal, il lui donna une dernière bénédiction*.
lias sabbatizo... Jam enim Dominas meus Jésus Christus me invitare dignatur. àdamn., III, 23.