Vaiux, mémoire cité
DE CÀNTORBÉRÏ. 405
Après une contestation aussi longue que laborieuse, Augustin dit enfln : « Prions Dieu, qui fait habiter « ensemble les unanimes, de nous montrer par des « signes célestes quelles traditions on doit suivre. « Qu'on amène un malade, et celui dont les prières « l'auront guéri sera celui dont la foi devra être « suivie. » Les Bretons consentirent à contre-cœur; on amena un Anglo-Saxon aveugle, que les évêques bretons ne purent guérir. Alors Augustin s'agenouilla et pria Dieu d'éclairer la conscience de beaucoup de fidèles en rendant la vue à cet homme. Aussitôt P&veugle recouvra la vue. Les Bretons furent d'abord touchés; ils reconnurent qu'Augustin marchait dans la voie de la justice et de la vérité, mais ils dirent qu'ils ne pouvaient renoncer à leurs vieilles coutumes sans le consentement de leur peuple et demandèrent une seconde assemblée où leurs députés seraient plus nombreux1.
Cette seconde conférence eût bientôt lieu. Augustin s'y trouva en présence de sept évêques bretons et des plus savants docteurs du grand monastère de Bangor, peuplé de plus de trois mille moines, qui était, comme on l'a vu, la métropole de la vie religieuse dans la Cambrie*. Avant la nouvelle
1. Ut pace catholica secum habita, coramunem evangelizandi gentibua pro domino laboremsusciperent... Lttboriosi atque longi certaminis fincm fecit... Quidam de génère Anglortim, oculorum usu privatus... Confitentur intellexisse se veramésse viàta justitiœ quam pnedicaret Àugustinus. Bede, II, 2.