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Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard

M. (le Monlalembert avait préparé une Introduction à VHistoire de saint Bernard qu'il se proposait cVécrire après VHistoire de sainte Elisabeth, Cette Introduction, qui devait avoir deux volumes, était destinée, dans la pensée de son auteur, « à faire connaître ce qu'était ^< l'Ordre Monastique, et ce qu'il avait fait pour (( le monde catholique avant Favénement de c( saint Bernard à la première place dans

MOINES l) OCC. VI.

II AVAiNT-PROPOS.

« rc'sliiiic el radmiralion de la chrelicnLé de « son lenips ^ ».

Le premier volume elait imprimé presque tout eulier, et prêt à paraître, lorsque la révolution de Février vint tout à coup imposer à M. de Montalembert d'autres labeurs, et donner à ses concitoyens des soucis qui parurent peu compatibles avec l'élude attentive et calme de l'histoire. Pour livrer ce premier volume au public^ l'auteur et l'éditeur résolurent d'attendre des jours moins troublés. Au bout de quatre ans, Tempire ayant rendu des loisirs à M. de Montalembert, il voulut reprendre son travail interrompu; il le soumit <( à l'appréciation de Mgr Dupanloup, évoque d'Orléans, et n'en fut pas satisfait » : ce sont ses propres expressions. 11 se résolut alors à lui sacrifice Inen rare chez les écrivains : il racheta à son éditeur toute l'édition tirée à un grand nombre d'exemplaires, et la mit

^ liiUoductioii aux Moines ciOccUlcnty cliap. h'.

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au pilon. Puis il recommença son œuvre, en lui donnant des proportions différeiîles et beaucoup plus vasles. De là sont sortis les Moines (rOccideut.

Tout n'était pas à rejeter pourtant dans cette œuvre si courageusement recommencée. Les critiques auxquelles avait déféré M, de Montalembert, les rigueurs de sa propre appréciation, ne portaient que sur la première partie, le premier livre du volume imprimé. Les origines et les commencements de l'Ordre Monastique n'avaient pas semblé exposés avec des développements suffisamment étendus ; le portique paraissait trop étroit pour l'édifice. En effet, toute la substance des quatre cents pages dont se compose le premier livj e est passée dans les volumes aujourd'bui parus des Moines crOecident.

Mais à la suite de ce premier livre, venait le tableau des relations de l'Ordre Monastique avec la féodalité jusqu'au onzième siècle, la-

(oSd2 .M7

IV AVANT-PIIOPO.S.

bleau que raulcur avait tracé avec amour, et qu'il n'a reproduit nulle part ailleurs. 11 y avait encore un second volume presque tout entier manuscrit, consacré à remettre en lumière la place, chaque jour plus considérable et plus glorieuse, tenue par les moines dans l'Eglise et dans la société chrétienne durant le onzième siècle, et destiné à nous conduire de saint Grégoire \ 11 à saint Bernard. Pour résumer les progrès, les services de l'Ordre Monastique à cette époque, l'auteur évoque quelques grandes figures de moines, qui presque tous ont été papes, de papes qui presque tous ont été moines. C'est, à travers l'épaisse et vivace foret du moyen âge, comme une avenue ouverte et marquée par une suite de statues monumentales, pour mener jusqu'au seuil du tem[)le qui devait être consacré à saint Bernard. Ce temple ne sera pas élevé de la main de M. de Monlalembcrt. A peine a-t-il pu en rassembler quelques aiatériaux.

Les personnes chargées par lui du soin de

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scs papiers et de la pubiicalion de ceux qu'il convient de mettre au jour, croient remplir un devoir en livrant à l'impression ce qui reste d'une œuvre déjà considérable et pourtant inachevée. Tous ceux qui ont pu connaître ces fragments les ont toujours jugés dignes de leur auteur. Et l'aulcur lui-même, après avoir mis de côté le début de son livre, l'auteur, si sévère pour son propre travail, souhaitait encore qu'on fît paraître quelque jour ce qui va paraître aujourd'hui.

Toutefois la taclie de le publier après Iul n'était pas sans difficultés. Pour rendre ces pages fidèlement conformes au manuscrit de M. de Montalembert, pour surveiller l'impression d'un livre puisé aux sources les plus variées, rempli de citations et chargé de notes écrites en diverses langues, il fallait un homuie muni d'une érudition vigilante et sûre, en môme temps qu'uni à M. de Montalembert [)ar la communauté des sentiments religieux et des prédilections historiques. M. Auiélien

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