Lyriaci
2. Générale capitulum, nionaclns hinc inde residcntil)iis, intravit cl pro anima cjus quem occidcrat,.., cum virgula disciplinai!.. . donum inde cum ipsa virgula super majus allare posuit. Archiv. Maj. Moiiast., ap. Martène, Annal. JicnciL, 1. LXXIV, n. 170.
Marseille, » au Dieu lout-puissanl, (|ui nous a « donné tout ee que nous avons, nous voulons ol- « Irir et rendre quelque chose de ses propres dons, (( en guise d'aumône et d'alleu, à lui et à son saint « martyr Yictor ^ » — « S'il est juste, » dit Odon, comte de Blois, fils du restaurateur de Marmoutier, « s'il est juste et conforme à la piété chré- « tienne que les puissants du siècle attribuent, pour « le maintien des églises où l'on sert Dieu, une por- « tion des richesses qu'ils ont reçues par droit « héréditaire et par légitime succession de leurs « ancêtres, il serait souverainement injuste de ne <( pas restituer à la maison du Seigneur ce que « d'anciennes iniquités lui ont ravi\ »
Le plus souvent, c'était l'intérêt de leurs âmes qui guidait les donateurs : « Moi, Gervais, » porte le diplôme de donation d'un noble du Maine, en faveur de Marmoulier, « moi, Gervais, qui fais parce tie de la chevalerie du siècle, ayant souci du sa- (( lui de mon ame, et considérant que je ne saurais c( arriver à Dieu par mes propres prières et mes « jeunes, j'ai résolu de me recommander en quel-
d. En 1015... Oficrimus atque donamus omnipotenti Deo, qui nobis dédit omnia quae liabemus, de ipsis donis suis aliquid in eleemosyna ad proprium alodem sanctoque Victori ejus martyri, ot abhati pncscnti domno Wiiredo... Mauill,, Ann. Bencd., t. IV, p. '21G.
2. En 1027. Si juslum esse credimus et christianse pielati conginum ut potentes sseculi liujus de propriis facultatibus quas a prioribus suis jure bereditaiio possidendas pcr légitimas successioncs suscipiunl, ecclesiis Dei famulantibus unde sustcntentnr, trilniant, etc. Ib'uLf Append., n* 41.
« que façon à ceux qui, nuit et jour, servent Dieu (( par ces pratiques, afin que, grâce à leur interces- « sion, je puisse obtenir le salut que je suis inca- « pable (le mériter par moi-même*. » — « Il est « écrit, » (lit un chevalier d'Aquitaine, « que l'au- « mône éteint le péché comme l'eau éteint le « feu; et, cela bien considéré, moi, Codoère de « Guillac, je cède et abandonne mes forges et leurs « dépendances au monastère de la Sauve^ » — « La « prudente fourmi, » dit Pierre, seigneur de Maule en Vexin, en fondant le prieuré de son nom au profit de l'abbaye de Saint-Évroul, « la prudente « fourmi, à mesure qu'elle sent l'hiver approcher, « doit d'autant plus se dépêcher de rentrer ses « grains, afin de s'assurer une abondante nourri- « ture pendant les temps froids. Moi, Pierre, proc< fitant de cette leçon, et désirant, quoique pécheur « et indigne, pourvoir à mon sort futur, j'ai voulu (( que les abeilles de Dieu vinssent recueillir leur « miel dans mes vergers, de telle sorte, que, quand
1. Eg-o Gervasius liomo milititc sœculari deditus, ciiram gerens de salute animœ mcîc, el perpendcns me jojuniis et orationibus meis ad Deum pervenire non posse, cogitavi aliquo modo me illis commendare, qui Dec in talibus die ac nocle deseniunt, ut eorum intercessionibus quic per me non poleram, salutcm illani mererer invenire, etc. Acr. SS. 0. B , in Vit. S. Darlholoni. abb., t. IX, p. 59i, ad ann. 1070.
2. Vers 1106. Scriptum est quod sicut aqua extinguit ignem, ita eleemosyna extinguit pcccalum. Quod ego, Codoerius,percipicns concède lorgia... Chartul. Maj., foL 50, ap. CniOT, Histoire de NohC' Daine de la Sauve, t. II, p. 13.
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« leur belle ruche sera pleine des riches rayons de « ce miel, elles puissent, tout en rendant grâces à « leur Créateur, se souvenir quelquelbis de celui « qui leur a donné la ruche ^ »
Les monastères ainsi fondés, restaurés ou enri- l^'
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chis, étaient regardés par les nobles comme le plus précieux apanage de leur race. C'est ainsi que le comte Thibaud de Blois et de Champage, fils de cet Odon que nous citions tout à l'heure, ayant été défait et pris par le comte d'Anjou, et se voyant obligé de lui céder la Touraine pour rançon, voulut du moins se réserver expressément, à lui et à ses descendants, le patronage de Marmoutier, près de Tours \ Ce patronage, en dehors des abus qu'on a signalés à propos des avoués, était à la fois un honneur et une charge. Car ce n'était pas tout de construire les monastères et de les doter : après avoir fondé, il fallait conserver; il fallait sans cesse réparer, rétablir, protéger ces saintes maisons, exposées à toutes les vicissitudes du temps et à
1. Unde formica prudens, tanlo attentius quanto hiemera venire sentit ocius... Apes Dei nieis in viridariis eo tenore mellificare volui, qualinus cum canistra sua gemmata favis plena fuerint, Crealoi i siio exinde réfèrent laudes, atque sui benefactoris sint aliquando memores (suit l'éniimération des terres données). Diplôme de 107G, ap. Ou- DER. Vit., 1. Y., p. 4i0, 442, éd. Leprévost. — Le savant éditeur ajoute qu'une des églises construites par Pierre de Maulc a été com|.létcment rasée, depuis la révolution, sauf la hase d'un clocher qu'on a transformée en pavillon d'habitation.
2. Voir la charte du fils de ce comte Thibaud, mort en 1090, ap. Mabill., Ann., toni. V, Append., n" 40.
t^() L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ,
toutes les violences d'une société organisée surtout l)our la guerre. A part quelques exceptions fâcheuses, la chevalerie ne manqua pas à cette noble mission, qui lui était imposée comme un devoir propre à son état\ Qui pourrait dire le nombre de ces chevaliers armés de l'épée, pour la défense des moines, et que Thisiorien Aimoin vit arriver au secours de Fleury '? Après avoir bu à la mémoire du vénérable père Benoît et mangé le pain des moines, ces vaillants hommes coururent sus aux ennemis du monastère et les mirent en déroute'. Que de fois ne vit-on pas se former, pour la protection de Tabbaye la plus voisine ou la plus chère, des associations de seigneurs comme celle de ces dix chevaliers de Guienne, qui, prenant pour chef le neveu du noble duc Guillaume d'Aquitaine, s'unirent sous le titre de défenseurs et protecteurs de Pabbaye de Notre-Dame de la Sauve, et, après avoir communié, baisé la patène et fait bénir leurs épées dans l'église du monastère, s'engagèrent par serment à venger les injures subies par les reli-
i. Est nobilium liominum quosque rcligiosos pro posse suo venerari eoriimque possessioncs lucri et augnientando de suis propriis largitionibus acerescere. Charte citée dans Dom Lobineau, Ilist. de Bretagne, t. H, p. '292.
2. Vers l'an 1000. Vino in amore patris Benedicti prius epoto... panes ex lis quibiis nionachi vcscobantur, quos ipse ciim suis cerlamen intraturus, in cscam suniorct. Aimoin. Fi.oiu, ap. Duchesne, Script- ] ranc., IV, 458, 140. — On se rapi)elle que le corps de saint Benoît était à Fleur y.
gieux, à défendre leurs biens, et à protéger les pèlerins qui les viendraient visiter*?
Ceux mêmes qui ne se battaient pas au profit des abbayes reconnaissaient, au milieu des combats, le droit des monastères à une protection spéciale, protection que ces saintes communautés éten- sollicitude daient, a leur tour, sur les pauvres et sur les popu- seigneurs lations du voisinage \ Ceux qui transgressaient cette les moines. loi de la piété et de l'honneur, ceux qui dépouillaient ou insultaient des moines sans défense, étaient l'objet des sanglantes dérisions de leurs compagnons : « Venez, » leur criait-on, « venez vous mesu- « rer avec nous. Nous ne sommes pas, nous autres, « des gens en coule et en capuchon ; nous sommes « des chevaliers comme vous : nous vous défions
1. Vers 1080. Cirot de la Ville, Histoire de V abbaye et de la congrégation de Notre-Dame de la Sauve, t. I, p. 297. L'auteur donne les noms des dix chevaliers, parmi lesquels on voit le comte de Bigorre, deux vicomtes de Blanquefort, etc.
2. Parnenses autcm exultabant, co quod monachis subderentur, speranles ut eorum patrocinio contra collimitaneos Normannos tutareiitur. Ordeu. Vit., 1. 111, p. 152, éd. Leprévost. — La protection dont jouissaient les serfs et paysans qui appartenaient aux monastères est démontrée par une foule d'anecdotes rapportées dans les longs €t curieux récits d'Aimoin de Fleury et de Raoul dit Tortarius, sur les miracles obtenus par rintercession de saint Benoît à Fleury, dans les environs, à Pressy en Bourgogne, etc. On peut voir encore un trait touchant de la puissance de cette intervention, de la part d'un saint moine isolé et en voyage, au profit des populations envahies par des armées en marche, dans le récit de Raoul, moine de Saint- Trond, ap. d'Aciiehy, Spicilcg., t. II, p. C59, cité aussi par Dtcnv, Mores Calli., X, ."IGl, et par Stentzel, Gcschichte der Friinckischcn Kaiser, in fin., t. II.
« au combat : nous vous apprendrons ce que c'est
« que la vraie guerre \ »
Celle sollicilude conslanle des chevaliers el des seigneurs pour les monaslères se manifestait par une fouîe de soins minutieux el familiers, dont le récit anime et embellit les annales monastiques. On y voit que les plus grands personnages de la féodalité ne regardaient pas comme au-dessous d'eux les plus petites précautions quand il s'agissait des moines. Guillaume VIH, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers, ne se contentait pas d'avoir fondé et richement doté l'abbaye de Montierneuf dans sa capitale de Poitiers % après être allé jusqu'à Rome, pour en conférer avec le pape Grégoire VIP. Au retour de nombreuses expéditions qu'il entreprenait pour dompter des feudataires rebelles, punir des oppresseurs, rétablir la sécurité des routes et des campagnes*, ce grand guerrier
1. Cum opprobrio et derisione a militibus sibi obviis fréquenter audierunt : Hue venite, milites. Non enim cueullati, seu coronati s ion us ; sed milites m armis vos ad hella provocamus. Socii vestri sumus ; expcriri debctis fjuid agere possumus. Improperiis hujusmodi crebre erubuerunt, et plures eoruin tiuros ictus perpessi corruerunt. Ordeu. Vit., 1. XIII, p. 904. — On peut voir encore avec quel zèle et quel courage deux chevaliers, nommés Adalbert et Bozon, coururent au secours de l'abbaye de Stavelot, du temps de l'abbé Poppoii, en lO'iO, et mirent en déroute les envahisseurs du monastère. EveriiELM., ]'it. S. Popponis, n. 20, in Act. SS. Bolland. Januar., t. II.