‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 103 sur 196 · Il régna de- 10.7.> à · texte numérisé non relu

Il régna de- 10.7.> à

7. Ste.nzel, Geschic/ile der frœnkisclien Kaiser, t. Il, p. 130.

M iINF.S d'oCC. VI 22

Le

«oncile de Siilri.

Déposition

de

iiois papes

rivaux.

558 SALNT GRÉGOIRE Mi, ^ ]\j^M^y\ TD

plus elle-même et qu'elle était à la merci du souverain d'Allemagne. Henri sembla vouloir le proclamer, en frappant de disgrâce l'évôfiue Wazon, de Liège, coupable d'avoir dit que, comme évoque, il reconnaissait devoir à l'empereur la fidélité, mais au pape seul l'obéissance ^ Henri Hl ne se contentait pas de disposer, en maître absolu, des abbayes et des évêchés de l'Allemagne entière, d'une grande partie de l'Italie et des deux Bourgognes ou royaume d'Arles: se faisant une arme, contre la liberté des élections papales, tantôt des choix indignes et tumultueux qui avaient lieu trop souvent à Rome, tantôt des services qu'il rendait à l'Eglise romaine, dont il était l'at'oi^^, en la défendant contre la tyrannie des comtes de Tusculum, il avait fmi par confisquer toute liberté au profit de la puissance impériale. 11 réussit, au concile de Sutii, en 1046 % à faire déposer trois papes rivaux'*, qui furent successivement remplacés, grâce à son autorité piépondérante, par trois aulres, tous les trois alle-

1. Sumino ponlifici obedicntiam, vobis aulem debeinus fidelitalem. Anselm., Gest. Leod. Ejnscoj)., c. 55, ap. IIœflek, t. II, 27.

2. Le récit le plus complet de celte crise si humili;inte pour 1 Eglise se trouve dans l'ouvrage de Bouizon, évoque de Sulri et de Plaisance, martyrisé en i089. Cet ouvrage, intitulé Liber ad am'icum (apud Œfei.e, Script, ver. Boicarum, t. II, p. 801), est assez inexact sur les événements antérieurs ; mais il contient le récit le i)lus fidèle des événements arrivés en Italie depuis le règne de Henri III.

3. Benoît IX, Sylvestre III et le vertueux Grégoire VI, qui se reconnut lui-même coupable de simonie. Niliil melius j-ulalat quam electionem clerico et populo per tyrannidem injuste sublatam liis pecuniis restaurare. Bonizo, p. 802.

niaiids'. Uii houleux décret du concile de 1047 consomma l'usurpation en soumettant les futures i élections à la volonté de l'empereur comme patrice ' romain. On peut juger de ce qu'il pouvait rester d'indépendance aux évêques et aux abbés, sous le sceptre d'un prince qui disposait ainsi delà tiare.

Henri III était cependant animé d'un zèle louable et énergique en faveur de l'Eglise ^ ; nul doute qu'il ne crût la servir et la défendre en la subordonnant à son autorité et en lui faisant payer, au prix de la liberté, l'ordre et la sécurité qu'elle attendait de lui. Il voulait sincèrement le bien de l'Église, mais à la condition de la gouverner lui-même, et, à vrai dire, ce fut lui qui seul en eut la direction )( pendant les dix premières années de son règne.

Cette confusion de pouvoirs suscita moins de difficultés qu'on ne l'avait d'abord supposé. L'inlluence du prince était considérée comme une consé- (juence naturelle de la très-grande autorité que la généreuse piélé des empereurs de la maison de Saxe leur avait value dans les affaires ecclésiasliques. 11 semble entrer dans les desseins de Dieu (jue son immortelle Église, comme pour rendre encore plus visible le miracle de sa durée et de son triomphe, soit sans cesse ici-bas exposée à un

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