Flel'Kv, Ilist. ecclésiasliq.,\. LXI, c
2. Déjà lo pape Sylvestre II avait d(;noncé les évoques qui payaient aux archevêques le prix de leur consécration, et qui vendaient à leur tour les ordres au clergé inférieur, Domnizo, l'auteur de la Vie riméc (le la comtesse Mnfhilde, qui est l'une des sources les plus authentiques pour l'histoire de ce temps, dit expressément :
Sed et omnis episcopus urbis Plèbes vendebat, quas sub se quisquc regobat
prélats qu'un conlemporain, sainl Pierre Hamien, évêque comme eux, qualifiait de brigands hérétiques, et dont il disait qu'il était plus facile de convertir un juif que de les amener à résipiscence ^
Les papes eux-mêmes avaient à se reprocher d'avoir lâché la hride à cette cupidité effrénée. C'est le témoignage que rendait contre eux le pape Victor Jll, dans le tahleau qu'il traçait, étant encore abbé du Mont-Cassin, des désordres et des maux de l'Église, sous l'empereur Henri III : «Par « suite de la négligence des souverains pontifes, » disait le vénérable abbé, « l'Italie tout entière suc- « combe au fléau ; le clergé, presque sans excep- « tion, vend et achète le don du Saint-Esprit'; les
Exemple quorum, manibus ncc non laicorum Ecclesiae Cliristi vendebantur malediclis Presbyteris, clericis, quod crat conlusio plebis. Vlta MalikUs,\, 10.
Plcbes veut dire paroisse, en italien ineve.
\. Venenata illa hseiesis prœsertim in episcopali ordine, tam duia et ad convertcndum rigida, ut semper promittens, semper de die in diem producens, atque in luturum procrastinans, facilius possit Judfeus ad fidem converti, quam haîrcticus latro plcne ad pœnitentiam revocari. S. Petr. Dam., in Vit. S. liomualdi, c. 55.
2. Dum negligentia sacerdotum, maximeque romanorum pontilicum, Ilalia a recfo religionis tramite paulatim devians, labefactaretur, in tantum mala consuctudo adolevit,... ut populus elcctioneni, et sacerdoles consecrationcm, donumqiie sancti Spiritus, quod gratis accipere et darc divina auclorilate slatulum fuerat, data, acctptaque per manus pecunia ducti avaritia vendcbant, ita ut vix aliquanti invenirentur, qui non liujus simoniaCcT. pcstis contagione fœdi.ti... Desideiui, aub. Casin., Dial. de mirac, lib. III, ap. Muiutor., Script., IV, p. 396.
« prêtres et les diacres vivent publiquement avec « des femmes, et s'occupent de constituer des hé- <( ritages à leurs enfants^; des évèques entretiennent « des concubines dans leurs maisons, sous le titre « d'épouses, au sein même de Rome\ » Un autre contemporain, grand ennemi des Allemands, est obligé d'avouer, qu'en 1040, lors de l'élection de (dément à la papauté, « l'on aurait eu grand'peine (( à trouver un seul prêtre à Rome qui ne fût ou « illettré, ou simoniaque, ou concubinaire^ )^ ,. ^
Mais le siège principal du fléau était en Lombar- »^w. vAaa^^^-v^ die. Dès 820, le pape Pascal P'" avait reproché à -jÀ ^\\^Ouu\^ l'Église milanaise de vendre les ordres sacrés*. Or ^ le mal n'avait fait qu'empirer depuis lors, et au onzième siècle il était arrivé au comble. La chasse, l'ivrognerie, l'usure, la débauche sous toutes les formes, v étaient habituellement et universellement pratiquées pai' les occlésiastiques de tout ordre*. Les prêtres s'y disputaient à qui aurait les
1. Ipsi presbyteri et diacones... laicorum more, uxores ducere susceptosque filios h&eredes testamento relinquere. Ibid.
2. Nonnulli ctiam episcoporum verecundia omni contempla, cum uxoribus domo simul in una habitare : et haec pessima et exsecranda consuetudo inlra urbem maxime pullullabat. Ibicl. '
3. Cum non haberent de propria diœcesîi... ut in tanta Ecclcsia vix unus posset reperiri, quin vel illitcratus, vcl simoniacus vel essct concubinarius. Domzo, Ub. ad amie, p. 802.