Chton. Cassin.A. II, c
580 SAINT GKÉGOIRE VII,
apparence d'unité entre la cour de Byzance et l'Eglise romaine* ; mais, pas plus que ses prédécesseurs, il ne réussit à changer le fond de la situation. Léon IX mort, les Romains voulurent élire Hildebrand, et ils ne renoncèrent à leur projet^ que sur ses instances les plus vives. Alors ce dernier se hâta de franchir les Alpes et se dirigea vers rAllemagne% muni des pleins pouvoirs du clergé et du peuple \ romain, pour choisir, sous les yeux de l'empereur
t -^ ,1 Henri 111, celui que ce prince jugerait le plus di-
.. , gne de la tiare parmi les prélats de l'Empire*.
\ Les choses s'étaient bien modifiées, en peu de
temps, grâce à l'ascendant d'un moine. Le même empereur qui naguère avait pu faire déposer trois papes et en nommer ensuite trois autres, s'inclinait, moins de huit ans après le concile de Sutri, devant l'initiative de l'Eglise romaine, en attendant le moment très-prochain où elle deviendrait la maîtresse exclusive de ses choix.
1. Mabillon, Ann., 1. LXX, c. 114. Pierre ne mourut qu'en 1105 et lui canonisé par Pascal 11.
1. Cuni pcrscnsisset vcii. Hild. Romanum clcruin el populum in ejus conscnsisse electioneui, vix niultis lachrymis et supplicationibus^ poluit iuipetrare... Uonizo, p. 804.
7). Au conciii! de Muyence en novembre 1054, selon Stentzel, dan< son excellente tal)lcclironol., à la fin de VUisl. descniper. franconiens, 11, 234.
4. Id luit in Vicloris 11 eiectione siugiilare quod unius llilde- Jjrandi sulTragio llomanam sedein adeptus est. Id enim llildebrandi in Ecclesiam nicritis ab universo clero datum est, ut quem ex imperatoris consensu oloj^isstt cjus rata esset cloclio. Cantkhus, Met. urb.hist., II, 4, ap. liovvitiN-, l.ifeo/'Gieg. VU, 1, 175
MOIxXE ET PAPE. 381
Ilildehraïul désigna Gcbliard, évoque d'Eichslaell^ et, malgré rempereur qui désirait garder auprès de lui ce prélat investi de toute sa confiance, malgré Gebhard lui-même % il le ramena à Rome, où le clergé procéda î\ son élection, selon l'antique coutume", sous le nom de Victor II. Le nouveau Avônomoiu pape, au péril de sa vie*, se conforma aux conseils victoi ii
au
de Ilildebrand et continua la guerre faite par son iiône pomificai.
prédécesseur aux évoques simoniaques et aux prê- Ivi^Ji^
très mariés. Ilildebrand, envoyé comme légat en
France, s'empressa d'assembler un concile dans
la province de Lyon, où il déposa tout d'abord six
évoques convaincus du péché qu'on regardait alors
comme le péché contre le Saint-Esprit. L'archevê-
(jue d'Embrun était prévenu du même crime ; mais,
comme il avait acheté ses accusateurs, personne
n'éleva la parole contre lui. Alors Ilildebrand en-
1. Telle est la version de tous les historiens, et notamment du continuateur d'ilEKMANN CoNTRACT., ami. 1054; de Bonizo, p. 804; de Léon d'Ostie, inChron.Cassin., II; cette version a été adoptée par Fleury,Mabillon, llôfler, et l'on ne conçoit pas comment Stenzel [Gesch. der l'rank. Kaiser., 1, 162) a préféré au témoignage des auteurs contemporains, dont il a fait un si juste éloge (1, 158, et II, 72), le récit si improbable de Denzo, dont il a lui-même dénoncé les mensonges grossiers, II, 80-88. Voir aussi Voigt, p. 31. — Gérard était fils du comte llartwig de Calw en Souabe, et parent assez éloigné de l'empereur.
2. La chronique du Mont-Cassin dit qu'il n'aima plus les nioiiics, à partir de ce moment età cause de la violence que lui avait faite le moine Ilildebrand en lui imposant la papauté. Liv. II, c. 89, ap.MuRAT.jt. IV.