DoLLiNGER, Lehrbuch, l. II, p
o. Au concile de Home, en 1050.
4. Jamque scatebal omnis (lallia ejus doclrina per cg:enos scola-
374 SAINT GRÉGOir.E Vil,
Dans l'intervalle de ces assemblées, Léon IX, infatigable dans son zèle, portait rédificalion et la réforme monastique* en Alsace et en Lorraine, partout où il rencontrait les fondations de ses pieux ancêtres, comme au delà du Rhin, en Italie et jusqu'en Hongrie. Saint-Diey, Fulda, Ilirschau, Subiaco et Farfa, entre autres grandes maisons*, reçurent des mains de l'illustre pontife une vie nouvelle. Le Mont-Cassin le vil trois fois gravir ses pentes, pour venir se reposeï* des grandeurs au sein de la pénitence, et s'associer à tous les exercices (] des moines dont il lavait liumblement les pieds". I Vaincu et fait prisonnier par les Normands qui ne devaient se transformer que plus tard, sous sain* Grégoire YIl, en champions si dévoués de l'Eglise,
rcs, etc. V. Continuai. Bed.e, ap. Commelix, III, c. '27. — On sait que Bérenger mourut, comme plus tard Abàilard, après avoir donné toutes les marques d'une pénitence sincère, et après avoir regagné l'estime de plusieurs des personnages les plus orthodoxes de son temps.
1. Ipse cnim est qui sanctorum scita canonum restiluere conatus ■est, qua:i jam transactis temporibus nimis décidèrent, et pêne a notitia liominum defluxerant : ipse est qui Remis coactoconciliode castitate justitiaque ministrorum Dei traclavit, et salubria décréta quai jam anlistites el presbyteri nesciebanl, renovavit. Oudeh. Vital. , 1. i, p. 37'2.
2. Parmi les auti'es monastères qui lui durent la confirmation de leurs privilèges ou la revendication de leurs droits, on remarque ^onantule, Cluny, Slavelot, S.-Rcmy de Reims, S.-Auguslin de Cautorbéry, S.-Vannes de Verdun, Andiau, Remiremont, Corbie, S.-Viclor de Marseille, le Mont-S. -Odile, S.-Maximin de Trêves, Sainte-Sophie •de Bénévent. les actes olficiels sont indiquésdans IIofi.eu, Deutsc/w Pâbste, t. 11, passim.
7). ChroH. Cassin., I. 2. .\(;r. SS. 0. Ben., l. IX, p. 082.
MOliNE ET VWE. 375
L(M)n 1\ les vaiiKjnit, à son loiir, à force de saiiiloté et de courage, et il leur arracha uu premier serment de lidélilé au Saint-Siège, en leur accordant une première investituie de leurs con- <juêtes^
La mort vint réclamer le pontil'e, au bout de cinq uon sublime ans de règne. Son agonie fut sublime. Après avoir ex- pop. Léon ix. Iiorté les évèques, dans les termes les plus solennels, / û>Ct à veiller sur le troupeau du Seigneur et à le défen- 4lrc contre la dent des loups, Léon se fit transporter <lans l'église de Saint-Pierre, et là, en présence de son cercueil qu'il avait ordonné d'y placer, il passa deuxjourspresqueentiers, tantôtexhorlant, avec une infinie douceur, les fidèles (jui se pressaient autour de lui, tantôt prosterné devant l'autel et priant à haute voix : « 0 Jésus, » disait-il, « ô bon pasteur, « exauce les prières de ton serviteur pour cette « Eglise oij tu as voulu que moi, indigne, j'occu- « passe la place du bienheureux Pierre. C'est à « toi. Seigneur, que je la recommande : entoure- « la du rempart inexpugnable de ta protection ; « repousse loin d'elle le schisme et la peifidie des « hérétiques. Ah ! daigne la défendre contre les « embûciies de ses ennemis, toi qui as versé pour '< elle ton sang précieux; et, s'il est des hommes
1. Ferocissima gens Normannorum... crudelitato deposita, ex tune populos quibus cohahitabaf, ut compalriotas ainicabilius tractavit, ac veneiabili papœ quoad vixit, in onini sulyectione lidcliler deservivit. WiBEKTi, \U. s. Leonis, m Act. SS. 0. li., IX, 75.
^76 SALNT GRÉGOIRE Ml,
« que j'aie liés ou excommuniés à lort, en défen- « dant la foi, absous-les, je t'en supplie, ô toi, le « clément et le miséricordieux ^ 1 » Après qu'il eut ainsi prié, un parfum délicieux s'exhala de l'autel de Saint-Pierre et embauma l'église. Alors, s'approchant du cercueil de pierre, où il retiouvait comme l'image de sa cellule de moine, le pape entretint le peuple de la fragilité de la gloire terrestre : « Voyez tous , » disait-il , « ce que c'est que la « condition humaine : moi qui suis sorti presque « du néant, pour arriver au comble de la gloire <( d'ici-bas, me voici prêt à rentrer de nouveau « dans le néant. J'ai vu changer en palais spa- « cieux ma cellule de moine : et, maintenant, « il me faut rentrer dans l'étroit espace de cette c( tombe... 0 pierre! sois bénie entre toutes les « pierres, et béni soit celui qui t'a créée et qui « a voulu que tu gardasses ma poussière. Sois-moi « fidèle, ô pierre, et, de même que Jésus- Christ a « fondé son Eglise sur la pierre apostolique, puisses- « tu ainsi garder fidèlement mes os, jusqu'au jour (( du jugement, afin qu'à la venue du terrible juge « tu puisses me rendre à ton créateur et au mien^ ! »
1. Salutifera verba et omni dulcedine plcna non cessabat proferre... Tibi eam commendo, illam défende inexpugnabili muro tiup proteclionis... Si ([uos etiani pro tua lide ligatos, vel excommunicatos ab ea crudelius separavi, te, clementissime, precor, absolve. I.f.gn Iîenk- VENT., De obit. S. Léon., in Act. SS. 0. B., t. IX, p. 81-82.
2. Sarcophagium, quod sibi prépara verat, et se quoqiic in loco delcrri in ecclcsiani bcati l*elri pra}cipit... Celiam quam nionachus
Vers l'aube, ceux qui veillaient le mourant eurent une vision ; ilscrurentvoir les saintsapôtres Pierre el Paul qui s'entretenaient avec leursuccesseur, en écrivant des paroles mystérieuses*. Les dernières paroles du pontife furent pour confier à Hildebrand l'administration de l'Église romaine". Au moment où Léon IX expirait, les cloches de Saint-Pierre sonnèrent d'elles-mêmes. On enterra le pape, comme il l'avait demandé, dans l'église du Prince des Apôtres et devant l'autel de Saint-Grégoire le Grand. Ainsi mourut le premier des pontifes régénérateurs qui eût subi l'ascendant, désormais irrésistible, du moine Hildebrand. Avec Léon IX, |^ l'ordre de Saint-Benoît prit possession du Saint- Siège, comme d'un patrimoine héréditaire. Et, en effet, pendant un siècle, ce patrimoine ne devait point sortir de la glorieuse famille bénédictine \
incolui, in spaliosissima palatia jamdudum vidi conversam : modo ad luijus sarcophagii angustias iterum est remeandum... Benedictus si:> inter lapides, lieiiedicat le qui te ex niliilo fecit et meee terrse ac corporis voluitcssecustodem. Sis mihi, precor, fidelissima petra, ut quemadinodum super apostolicam lapidem s^uamfirmavitChristusEcclesiani, sic inilii conlinyat usque ad diem judicii, te meorum ossium fiduni lialjcre custodeni, ut iu die illa cuin districtus judex venerit, meo ac lue mereddas creatori. Ibid., p. 81-82.
1. Apparuerunt duo viri in vestibus albis cum eo loquentes, et nescio ({uid sciibentcs. Ibid., p. 85.
'2. Coram onini clero et romano pO[)ulo tradens Deo aniabili Hildcbrando ejusdern ecclesiai curam, cœlo spiritum rcddidit. boMzo, 1. c, p. 80i.
7>. Adeo ut tuin Roinana sedes quasi heredilaria successione adnos- Iros transisse videielui'. Zikgelballu, Hist. rei.lU.O. S. fi., pars 1, c. 1, p. 45.
378 SAINT GKÉGOIRE VII,
Au moment on la lutte allait devenir flagranle
et terrible, entre la papauté et l'empire d'Oecident,
r^ L'Église d'Oiioiu l'Orient, par un dceret impénétrable de Dieu, se
<ie détacha définitivement de 1 unité catholique. Quoi-
rÉglise roinaino. i i • / i •^ i
que Photius eût porte, deux siècles auparavant, une * ^ atteinte fatale à la pureté et à l'orthodoxie de TÉglise
byzantine, cette Eglise était loin d'avoir rompu lout lien avec le saint-siége. Mais, avilie par les passions de son clergé et par sa complicité avec toutes les misères d'un peuple abâtardi, elle échappait de plus en plus à la paternelle autorité du Saint-Siège \. \ . pour devenir le jouet du despotisme impérial.
i ^ Enfin, après une longue suite de patriarches élus
.WMsAAJ^ ,^' ' 1 • 1 • 1 1-
et déposes, au gre du pouvoir laïque, le schisme
iutconsommé par Michel Cérulaire qu'avait poussé, M.^'^^ en 1043, sur le siège patriarcal, la main de l'em- VAVAA^'v\<^^pèreur Constantin Monomaque. La scission s'opéra sous le vain prétexte des observances grecque et U latine, au sujet du pain azyme, des viandes suffoquées et du chant de V alléluia^. Le pape saint Léon LX, après avoir combattu par écrit les préten- (ions des Grecs, n'avait rien négligé pour empêcher la ruj)tui-e : il mourut avant qu'elle devînt irréparable.
L'ordre de Saint-Benoît avait fourni à Léon IX des (h'denseurs intelligents et zélés de Fautorilé
1. Voir, oiiti'O autres, I'i.euhy, liOiiiii)Aciii;r. ot l'aMir jAcrn, Cours <17t/.s7. ccclésianfiquc . lU" leçon, dans ÏUnivcr.^itr catholique, t. XVIII.
MOLNK LT V\V\L 579
ponlilicale. Parmi les légats envoyés à Coiislanlinople pour tenter un rapprochement entre les i\cu\ Eglises, on remarque deux moines lorrains, i\uc Léon IX avait appris à connaître et à estimer dans son diocèse de Toul. C'est (i'ahord lliimherl, ;il)bé de Moyen moustier, qu'il avait l'ait cardinaliîvêque de Sainte-Rufme et abbé de Subiaco, puis Frédéric, frère du duc de Lorraine, depuis abbé du Mont-Cassin et pape sous le nom d'Etienne X ^ Humbert réfuta les assertions du patriarche schismatique et de ses apologistes, dans un écrit plein de verve et de science'^: il se retira, après avoir déposé sur l'autel de Sainte-Sophie un acte d'excommunication contre l'auteur et les fauteurs du schisme. Frédéric, devenu pape, chargea son successeur au Mont-Cassin , l'abbé Didier, de continuer la même tache dont Didier s'acquitta sans fruit, mais non sans honneur \ Plus tard, sous xUexan- >dre JI, un autre moine, Pierre, que llildebrand était allé chercher dans son monastère de Salerne, fut conduit à Rome et présenté au pape, qui le lit évèque d'Anagni et légat à Constantinople. 11 y demeura jusqu'à la mort de l'empereur Michel Ducas, et il contribua de son mieux à maintenir une
1. P'rédéiic, lui, n'embrassa la vie religieuse qu'à son retour de Constantinople. Ils eurent pour collègue, dans leur légation, Pierre, «rchevèipie d'Anialti.
2. 11 est inséré dans l'appendice du tome XI des Annales de Baloniiis.