Sub tutela et Romana libertate. Ibid
2. S. Léon. mart. Chron. Cassin., 1. III, c. 50. Le Mont-Cassin,soiis rcxcellcnte administration de l'abbé Didier, de la maison des princes de Bénévent, avait repris son ancienne (écondité. Ce fut en cette même année 1071 qu'à la prière de Barisen, roi de Sardaigne, Didier envoya des moines fonder six abbayes dans l'île. Il faut dire que cette sainte maison, auxiliaire si constante et si utile de la papauté, savait défendre ses droits et sa liberté électorale, même contre la papauté, lorsque celle-ci menaçait d'y porter atteinte ; c'est ce qui eut lifu, lorsque Victor II [voulut roforiucr l'élection de l'abl-é Pierre, en 1050. Léo, Chron. Cass., 1. II, c. 95.
3. Quod monasticte norma; constat esse prircipale gynmasium.....
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Cette vénération professée pour la «grandeur luouaslique s'unissait naturellement, dans Tâme d'Alexandre 11, comme dans celle de Ilildebrand, au respect scrupuleux des droits de l'Eglise romaine. C'est pour cela que, après la conquête de l'Angleterre par les Normands, Lanfranc, le premier Normand placé sur le siège primatial de Cantorbéry, était sommé parïîildebrand de venir prendre le palliuui à Rome, selon un antique usage tombé en désuétude depuis 1027. Lanfranc s'empressa d'obéir, et, en le voyant s'avancer, le pape se leva, pour lui faire honneur, en disant: « Ce n'est pas parce qu'il est ar- « chevèque que je me lève , mais parce que , à « l'altbaye du Bec, j'étais assis à ses pieds, avec les « autres écoliers^ »
Cependant l'Allemagne était devenue le foyer des envahissements de la puissance temporelle, à rencontre du gouvernement de l'Église. Les libertés et la régularité des monastères, aussi bien que les droits et
non studio hominum, sed Dei imperio, a sanctissimo Fntre Benedicto constructum. Bulle du 10 octobre 1071. Cette bulle et celle que nous citons dans la note 3 ci-contre, inédites jusqu'en 1842, ont été tii l'es des archives du Mont-Cassin, et publiées par Dom Luigi Tosti dans son histoire de cette abbaye. Elles portent l'une et l'autre la signature de Ilildebrand, ainsi conçue : Ego Hildebramlus qualis cumque lîom. Ecclesiœ Archidiac., SS. Le fac-siinile de cette auguste signature, ainsi que de celles de S. Pierre Damien et de l'abbé Didier, a élé donné par Dom Tosli, t. I, p. 410.
1. Non ideo assurexi ei, quia archiepiscopus Cantuariae est, sed quia Becci ad scliolain ejus fui : et ad pcdes ejus cum aliis auditor conscdi. Gislebert, VU. S. Lanfranc., éd. d'Aclier., c. 11.
les privilèges des laïques, y avaient été scandaleusement foulés aux pieds, sous l'administration de l'archevêque Adalbert de Brème. Mais de plus grands ^ ^' nnaux encore suivirent la majorité du jeune roi Henri IV livré, de bonne heure, à tous les excès. Le dernier acte de la longue carrière de Pierre Damien, comme légat apostolique, fut d'amener une réconciliation temporaire entre Henri et sa femme Berthe, qu'il voulait répudier sans autre motif qu'une répulsion insurmontable. Pierre déclara catégoriquement au jeune roi que jamais le pape ne consentirait à déférer la couronne impériale au prince qui aurait donné un tel scandale \ Ici, comme toujours, comme en tous pays, la rupture de l'Eglise avec la royauté eut pour origine, ou du moins poiy^^occasion, la protection étendue par le Saint-Siège sur les droits d'une femme innocente et indignement persécutée. Mais ce n'était ipas le seul giief de l'Église et des Allemands contre Henri IV. D'accord avec Sigefroi, archevêque de Mayence, le prince prétendait soumettre à la dîme etlaThuringe et les possessions des abbayes de Fulde et de Hersfeld, au mépris de droits qui remontaient à l'introduction môme du christianisme en Germanie. Les Thuringiens, dont les intérêts étaient
1. Lambert, ann. 10G9. — Pierre mourut en 1072 à Faënza, persévérant jusqu'à la fin dans l'exercice des austérités les plus extraordinaires, après avoir réconcilié les habitanls de Ravenne avec le Saint-Siège.
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d'accord avec ceux de leurs moines, essayèrent d'abord de résister, mais subirent la plus cruelle oppression. De leur côté, les Saxons, pillés, vexés, outragés dans l'honneur de leurs femmes, par les garnisons des châteaux construits d'après l'ordre du jeune roi, frémissaient sous un joug jusqu'alors inconnu, et ilsavaient résolu de le briser. Les princes les plus puissants de l'empire, tels que les ducs de Bavière et de Carinihie, étaient eux-mêmes l'objet de calomnieuses accusations, poursuivis à outrance et dépouillés de leurs fiefs, selon le caprice du roi. Les plaintes et l'indignation du peuple allemand redoublaient de violence% et Henri IV eut à se féliciter d'avoir pris la précaution d'interdire aux Thuringiens, sous peine de mort, d'en appeler à Rome^ Mais on n'arrêtait pas facilement alors le cri de la justice opprimée. Alexandre II l'entendit, ce cri, et il se sentit assez fort pour agir : il excommunia les conseillers perfides qui abusaient de la jeunesse d'Henri IV, et somma le prince de comparaître devant lui. Mais Dieu rappela le pape de ce monde avant que la guerre eût éclaté dans toute sa violence. Alexandre H put donc mourir sans avoir à craindre de voir dégénérer l'œuvre qu'il avait si noblement commencée. Ses obsèques n'étaient pas encore terminées, que déjà la voix unanime du clergé et du peuple romain appelait Grégoire VII