‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 126 sur 196 · Il fut tué en 1075. On grava ces vers sur sa tombe · texte numérisé non relu

Il fut tué en 1075. On grava ces vers sur sa tombe

Hic Herlembaldus miles Christi reverendus Occisus tegitur : qui cœlesti sedc politur : Incestus reprobat, simonias et quare (?) damnât, Iluric Veneris servi perimunt Simonisque maligni...

de rAngleterrc, les amis de l'Eglise romaine \ Url)ain II canonisa Hcrlembald'. Il eut pour successeur, à la tête du parti catholique, en Lombardie, un autre chevalier nommé Wifred, dontGrégoire aimait aussi à glorifier la persévérance et le courage^.

A Rome même, des laïques témoignaient au pape beaucoup de dévouement et de sympathie, tandis qu'il était abandonné par un grand nombre de cardinaux et de clercs revêtus des principaux offices de la cour pontificale*. Les uns et les autres se plaignaient amèrement de l'excessive sévérilé du pape dans la répression des abus. Mais plusieurs chefs de la noblesse romaine, pendant que Grégoire était

1. Non solum Roitije, sed usque ad Britannicum mareomnes catholici contristati sunt, flentesque dicebant.... Bomzo, p. 813. Il y eut des miracles sur la tombe d'IIorlembald. Ici., p. 821.

2. Cf. Pur.icELLi, VU. SS. Herlembaldi el Ariolili, Act. SS. Bollaxd., 26 junii. Giclim, Memorie délia citta di Milano, t. IV, p. 106. Arndi.pu , Hist. MedioL, lib. III, c. 14, et lib. IV, c. 10. Landulph. Senior, 1. lll, ap. Mii'.ATon., Script., t. IV.

3. Sollicitum te de honore Christianse fulei significasti... volumus ut lu etiam, quem ad conforlandos Christi milites animum et fortitudinem resumpsisse intelligimus, fîrmiter in Deo confidas. Lib. III, ep. 15.

4. Le cardinal Bennon, dans sa diatribe contre Grégoire, nomme neuf cardinaux, dont quatre avaient été investis de cette dignité par Grégoire, qu'ils traliirenl indignement. Hugues leBlanc, qui se constitua raccu.;atcur du pape au conciliabule de AVorms, est oublié dans la liste. Bennon énumcrc ensuite les différents fonctionnaires de la cour romaine qui abandonnèrent également Grégoire, et il ajoute : et cuncti milites banda gestantes. Mais il ajoute aussitôt que le pape parvint à contenir les évoques suburbicaires, qui voulaient passer à Temperour, en armant le.s laïques contre eux, Convocalis ad se laicis... turbin laicorumslipatHS.\Sv.\'so, De vit. Uild('brandi,{y\\. Goldast., ApoL, p. '2.

assiégé dans le château Saint- Ange pnr Henri IV, gardèrent au saint-père une inviolnble fidélité \ au -V- milieu de la défection générale du peuple. En cela, ils suivaient l'exemple donné par le préfet jLv.^vvUi de Rome, Censius, l'adversaire infatigable du (^v/ » rt schisme. Grégoire avait empêché cet ami dévoué u ^ . d'embrasser la vie religieuse, afin qu'il continuât

* à défendre, dans d'aussi hautes fontions, la jus-

tice et la liberté de l'Église; et il s'y était résigné par obéissance; mais, tout en restant dans le siècle, il ne cessa de mener la vie d'un moine plutôt que celle d'un laïqueMa chasteté, les aumônes, le courage, la modestie de Gensius le faisaient regarder comme le modèle des chevaliers chrétiens. Il couronna sa vie glorieuse par le martyre, et eut l'honneur de périr, chef laïque des catholiques lombards, sous le fer des impérialistes \ Sa sainteté

i . Permanserunt quoque nec corrupti, nec decepti, aut devicti iiobiliores quidam Romani, magis obedire Deo, quam homiiii eupientes haeretico. Vit. S. Anselm. Lucen. a discipulo D. conscripla, ap. Gret- SER., t. VI, p. 473.

2. Indefessus miles S. Pétri contra scliismaticos. Di:mol9., Cliron., ynn. 1077, ap. Pertz, p. 434. Qui non ut laicus, sed veluti fidelis monachus Deo servions, juslitiam excolebat in omnibus. Paul. Bernbied., ap. Grets., p. 138. Voir le magnifique éloge que fait de lui Berthold, Ann., ann. 1077, ap. Pertz, p. 504.

3. Hune propter fidem Gregorio exhibitani... Christus martyrio coronavit... occisus est ab npparitoribus Henriciame perseculionis . Padl. Bernried., p.15'2. Mirai rcligionis miles indusUius et administrator, qui beataî vitie et Chrislianse militiœ tyrocinio... Pro juslitia et fide fausto triumphans martyrio... Berthold, ap. Pkrtz., p. 305. Cf.BERNOLD, ibid., p. 43 i.

fut consacrée par plus de vingt miracles opérés sur sa tombe et constatés dans un synode'.

On a vu comment, en France, le puissant comte Simon de Valois, avant de se faire moine, avait professé et pratiqué la soumission envers Grégoire. En Allemrigner le pape complaît, au premier rang de ses partisans, les plus grands seigneurs de l'empire. C'était d'abord le margrave Léopold d'Autriche, qui endura les plus cruelles épreuves par suite de son attachement inébranlable au Saint-Siège. C'était encore le comte Frédéric de Montbéliard, que Grégoire YII aimait comme un fils unique et que ses contemporains comparaient à saint Sébastien, le chevalier martyr des premiers siècles de l'Eglise, lequel, après avoir combattu toute sa vie pour saint Pierre, avait eu le bonheur de mourir le jour de sa fête'. C'était enfin le comte Manegold de Woringen, frère du célèbre moine Ilermann Contract, qui l'avait élevé dans les principes et les habitudes les plus orthodoxes. Les vertus de Grégoire avaient gagné le cœur du comte, qui allait souvent visiter

\. Ib'ul. — M ne faut pas confondre ce Censius avec un autre seigneur du iiièine non), qui retint Grégoire prisonnier dans sa tour eu 1 076, a]»rù< l'avoir battu et blessé, et que Lambert d'Aschaffenbouig qualifie à tort de préfet de Rome. Cf. Bekthold et Bernoi.d, ad ann. cil, HoMZO, LU), nd amie, p. 812 et 816.

'2. Abliorreiis lyrannidrni llenrici régis et schisma... dorninuin ejus jurejuiando abnegat.. Vit. S. Altmanni, ap. Gretser., t. Vi, p. 454. — liuitolfus ditissimus marchio , in causa S. Pétri fidelissimus contra scliisma. Urp.soi.i), ann. I00.*>, ap. I'eutz, t. V, p. 463.

422 SAIxNT GRÉGOIRE VII,

le pape en Ilalie^ ; mais il paya cher son dévouement et son zèle à faire exécuter les décrets fulminés contre l'incontinence des clercs. Sa femme fut empoisonnée par la concubine d'un prêtre, laquelle s'était vantée de faire subir à Manegold la douleur qu'elle avait elJe-même rcssenlie lorsqu'on l'avait obligée à se séparer de celui qu'elle regardait comme son légitime mari.

Laïques chargés Fort dc l'appui de CCS champious laïques, dont faire exécuter 1 jutrépidc constancc savait, à l'occasion, braver jus-

Ifis canons.

qu au martyre, et, d un autre côté, désespérant de ramener au bien la majeure partie de l'épiscopat et du clergé séculier, Grégoire fit d'incroyables efforts pour réveiller les consciences, pour stimuler le zèle de la masse des fidèles, pour agir sur eux par ses épîtres et par ses légats, pourjes soulever X contre les évêques et les prêtres coupables. Telle était sa confiance dans les ducs Rodolphe de Souabe et Berthold de Carinthie, et dans le comte Robert de Flandre, qu'il osa leur confier, à eux laïques, l'exécution des canons contre les simoniaques et les concubinaires, leur enjoignant expres-

1. Hic cornes sub liabitu sa?culari more sancti Sebastiani strenuissimus miles Chrisli fuit,ecclesiaslicse religionis fervenlissimus amator et calholica^ pacis indefessus propugnator. Nunc... Gregorius, nunc Ansctinus... quasi unicum filium amaverunt. Nuncclerici etmonaclii, immo omnes religiosi ferventissime dilexeiunt. llic in fidelilate S. Petii contra schismaticos usque ad inortcm studiosi^sime certavit in cujus ctiam Icstivitate de hujiis vilaî ergastulo ereptus Hemou), CJuon., ann. 1092.

MOLNE ET PAPE. 423

sèment de braver l'autorité des évoques prévarica- n(^ teurs et de lui envoyer tous ceux qui contesteraient leur compétence en ces matières \

De pareils actes servirent de prétexte à Henri IV vr-i. \\f

pour arracher aux évoques du conciliabule de ; ^ Worms une sentence de déposition contre le pape, *^ *' sentence motivée en ces termes dans la lettre de noti- ' a 'j u? fication à Grégoire VII : « Tu as foulé aux pieds les « pasteurs de l'Eglise, les archevêques, les évêques et « les prêtres, et tu t'es attiré ainsi la faveur du vul- « gaire : tu as armé les inférieurs contre les supé- « rieurs ; tu as prêché le mépris des évêques appelés « de Dieu*, toi que Dieu n'avait point appelé; tu « as imposé aux laïques un ministère contre les « prêtres, en les chargeant de déposer et de con- « damner ceux-là même que l'imposition des mains « épiscopales avait donnés à ces laïques pour di- « recteurs\ »

1. Rogantes vos et admoncntes, ut quidquid episcopi loquantur vel

t;iceant, vos officium eorum, elc... Si qui autem contra vos quasi .

istud officii vestri non esse, aliquid garrire incipiant ; hoc illis respondete, ut veslram et populi salutem non impedientes, de injuncta vobis obedientia, ad nos nobiscum disputaturi veniant. Regest. Gkeg. VII, lib. II, cap. 45. Cf. lib. II, c. H.

2. Rectores sanctse Ecclesise, videiicet archiepiscopos, episcopos, presbyteros... sub pedibus tuis calcasti, in quorum conculcatione cibi favorem ab ore conipiirasti... Dum subditos in priflatos armasti, duni opiscopos nostros vul^i a Deo vocatos, tu, non vocalus. spernendos docuisti, duin laicis ministeriiim eorum super sacerdotes usurpasti, ut ipsi deponant vel condempnent, qui ipsos a manu Domini per impositionem manuum episcoporurn docendos acceperant... Bruno, de licllo Saxonic, c. 07, ap. I'ertz, t. V, 353.

3. Persona igitur Apostolicierigitab eo... ut gladium spirituseva-

L'extrême danger d'une telle situation était compris par les partisans les plus zélés de la cause catholique, qui gémissaient de voir le pape obligé d'invoquer le secours des laïques contre des hommes dont le devoir et la mission étaient de servir de modèle à tous les fidèles*. Mais sur qui Grégoire pouvait-il s'appuyer? et qu'était-ce que le concours des séculiers, quelque nombreux et pieux qu'ils fussent, comparé à l'hostilité de l'épiscopat? Il ne faut point l'oublier, le corps épiscopal, auxiliaire et instrument naturel de la papauté, était alors, en trèsgrande majorité, au service des passions et des doctrines les plus contraires à la cause de l'Eglise. Aveu terrible Grégoire avoue, dans une de ses lettres à saint

de

saint Grégoire Hugucs dc Cluny, qu'il lui était très-difficile de saint Hugues trouvcr daus l'Église occidentale des évêques

de Cluny. ^ • i i i u

réguliers*! aveu terrible, unique dans la bouche d'un pape, et qui montre à quel point la simonie et une vie mondaine, dissolue, avaient altéré le caractère pontifical.

La plupart des évêques étaient donc, par Fori-

ginet in episcopos, qui nos per ostiuin intraverant, qui euni prpecipientern... non audierant : id sibi nccessilatis imponenles, ut in correctionem ecclesiasticoruni opéra utatur secularium, ut quorum esset spéculum vitre clericorum de agendis consulere, sibi modo arrogent clericis magistrare. Epis/oln Bernardi ad Adalb. et Bernald., de damnatione schisniaiicor., ap. Ussebmann, t. H, p. 19(5, et Gretsim; , t. VI, p. 77. — Cl. TiuTHEM., Chron. Ulrsoug., ann. 1074.

1. Cum mentis intuitu jiartes occidentis sive merldiei . aut soptentrionis video, vix légales episcopos introitu et vita... iuvenio. Ep 11, 49.

j^ine honteuse de leur dignité, comme par leur genre de vie féconde en scandales, les ennemis systématiques de l'indépendance du Saint-Siège et de l'antique discipline ecclésiastique, et, par conséquent, les adversaires prononcés delà réforme tentée par les souverains pontifes, depuis Léon IX. Dans toute TAUemagne, cinq ou six prélats étaient seuls restés fidèles à la liberté de l'Eglise et de son chef \

1. Tn contemporain n'en nomme que cinq : Gebliard, archevêque (le Salzbourg; Adalberon , (vèque de Wûrtzbourg ; Hermann, de Metz; Altmann, de Passau, et. Meginhard, de Frisingue. Praîter bos soles quin«iue, in toto regno Teutonico episcopus catholicus inveniri non poterat. Auct. Anon., ]'it. S. Geb/iardi, ap. Canisii m, Aittiq. lecf. — Cependant il convient d'ajouter à ces cinq prélats Bureard, évoque de Halberstadt, Tàme de la révolte des Saxons et grand partisan de Grégoire; lîennon, évèque de Misnie, depuis 1006 apôtre des Slaves; puis Werncr, évêquo do Merseburg, mort en 1093 . solus tune in Saxon. cat/iolicœco7nmiinionis episcopus. — Selon Bernold, Grégoire, dans sa lettre I, 77, à la comtesse Mathilde, ne reconnaît qu'un seul, parmi les évéques prévaricateurs, l'évêque Werner, de Strasbourg, qui soit venu témoigner son repentir à Rome. — Plus tard, Udon, archevêque de Trêves, et Pibo, de Toul; Thierry, de Vérone, et plusieurs autres revinrent à leur devoir, et, en 1085, à la fin du règne de Grégoire, le pape avait quinze évêques allemands pour lui, tandis que vmgt-quatre autres restaient attachés à l'empereur. Wattuam, Apo~ log., t. II, c 20. Mais, quelques années plus lard, le nombre des évêques orthodoxes retombait encore une lois à cinq : ceux de Passau, Constance, NVorms, NViirtzbourg et Metz. — IW liNoi.n, ami. 1089. — On ne sait trop dans quelle catégorie ranger le primat d'Allemagne, qui / avait voulu se faire moine à Cluny, Sigefroy de Mayence : on le voit ' tour à tour présider, en 1070, au conciliabule de Worms, qui osa déposer Grégoire à la voix de Henri; puis élire et couronner, en 1077, (

le roi Hodolphe, (pic le parti catholique opposait à Henri IV. Cf. Pau. llKitMUKn. LAMiiF.p.TScJiAfK., aiHi. 1070 ; Hf.hthoi.d, Ann., a. 1077 ; Waltram, Apolog., t. II, c. 9. — Du reste, Sigefroy paraît s'être sincèrement converti, puisqu'en parlant de sa mort, en 1084. IUrnolo dit de lui :

vM.dU'

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42G SAINT GKÉGOIIŒ VII,

Parmi eux se trouvaient, à la vérité, des hommes admirables par le eourage, la vertu et la capacité, tels que les trois illustres et saints amis du pape, Adalberon, éveque de Wurtzbourg, le plus intréj)ide des adversaires de Henri IV \ Altmann, éveque OWrV^A-R/VV^V de Passau, qui se démit volontairement de son siège entre les mains de Grégoire, parce qu'il "'i L/'C À ^. r avait reçu l'investiture des mains de l'empereur',

et surtout Gebhard, archevêque de Saltzbourg, qui occupa toujours la première place dans le parti L'atholique% porta la parole en son nom dans les plus solennelles occasions* et sut endurer, pour la bonne cause, neuf années d'exil avec toutes sortes d'épreuves. Il faut encore nommer, à côté de ces bons pasteurs, saint Bennon, éveque de Misnie, qui,

Gregori papae per multas tribulationes adjutor indefessus. Pebtz, V, i39. — Son successeur, V\'ecilon, se mit franchement à la tête des scliismatiques.

1. Voir le beau portrait que trace de lui son antagoniste Waltram, Apolog. pro Ilcnr. IV, i. II, c. 29.

2. Hoc oflenso scrupulo quod ejus investituram a manu laica recepisset. VU. S. Altmann., IGlU, ap. Guetter.

3. Tous trois se signalèrent par leur sympatliie et leur sollicitude jiour les moines, et pour leurs grandes fondations, sur lesquelles nous reviendrons. Voir le recueil intitulé : Vitœ et miracula SS. Adalberonis episc. Herbipoleniis, fundatoris monast. Lambacencis : Altmann i ipiscopi Pataviensis, fundat. monast. S.Nicolai extra mwos Pataviat'I Goltincensis in Austria Superior. : Gebhardi, archicp. Salisbury, fundat. monast. Adtnontensis in Sfyria. — Omnia ex vetust. codd. Ms. Bibl. Lambaccnsis cruta. — Augustœ Vindelic, 1019, in-18.

4. îsotamnient aux conférences de Kautfungen en 1081 , et de Gerstungen en 108 j. IUujno, de Bell. Saxon., c. 120, et ap. Peiitz, V. 582. — Waitram, Apolog., 1. XI, c. 19. Chron. Ursperg., 1015.

MOh^E KT PAPE. 427

pendant plus de quarante années, occupa ce sié^e* '^* iuv*'wivv'Vv limitrophe des pays slaves, et fut Tapôtre de la province dont Grégoire YII l'avait constitué le légat. Cette mission apostolique, en tenant Bennon àTécart des luttes les plus actives, ne Tempêcha pas de manifester énergiquement sa fidélité aux décrets pontiricaux"\ 11 fit jeter dans TElbe les clefs de sa cathédrale, pour empêcher les excommuniés d'y entrer', et il mérita d'étrepubliquement souffleté par le margrave impérialiste de la contrée, qui, après s'être attiré les censures épiscopales en usurpant les biens de l'Eglise, mourut subitement, comme l'évêque le lui avait prédit', un an après l'attentat.

Mais que pouvaient quelques rares prélats orthodoxes contre la presque unanimité des évoques de l'empire, dont l'élévation était due à la simonie ou au caprice du maître, et qui ne songeaient qu'à re-

1. De 1066 à 1106. — Il naquit en 1010 d'une famille comtale, et lut chanoine de Gosrh. — Trithemius, Chron.-Hirsaug., ann. 1057, dil, (|u'il fut d'abord moine à Corvey, puis premier abbé du nouveau monastère de Gosck en Thuringe ; mais on ne trouve aucune trace de la vie monastique du saint dans les monuments rassemblés par les lîollandistes. Act. Boll., t. III Junii p. 148 et seq.

2. Prsesul sanctissimus tyranno in facie restitit et pro defensione auctoritatis Romani Pontilicis cunctis diebus forliter stetit. Tiu- THEM., p. 199.

3. On les retrouva dans le ventre d'un poisson : c'est pourquoi on le représente toujours en habits épiscopaux, tenant d'une main sa crosse et de l'autre un poisson et une clef. Act. SS. Bolland., 1. c, p. 150, 169 et 204.

4. Act. SS. Boll., p. 149, 171. — Tiutiikm., 1. c — Saint Bennon mourut le 16 juin IIOG, et rutcanoni:;é par Adrien VI, en 1523.

i28 SAINT GRÉGOIRE VII,

jeter le joug salutaire de la discipline canonique*? Deux évoques Quand Grégoire, en 1074, lança son premier décrel

seuls osent o ' ' * 1

publier ^Q condamnation contre les prêtres concubinaires»

les décrets r ^

"^'^^•onu'r^" sur plus de quarante évêques qu^on comptait en les prêtres Allemagne, deux seulement, ceux de Mavence et de

concubin aires, o 7 7 j

Passau, osèrent publier le décret. Aussi, deux ansaprès (1076), dix-neuf évêques allemands siégeaientils à ce fameux conciliabule de Worms, où, à la voix de Henri IV, ils n'hésitèrent point à déclarer le pape déchu de sa dignité, avant même qu'aucune sentence eût été portée conire le roi. Il y avait trois évêques parmi les cinq conseillers impériaux, et l'on s'accordait à regarder comme les principaux auteurs des crimes de Henri IV ces trois prélats^ dont, bien des fois, l'impératrice Agnès, le pape Alexandre II et Hildebrand avaient vainement sollicité ^éloignement^ M ^ i Si l'épiscopat français offrait, depuis quelques-

' Wi/^ vv'itXW années, un spectacle moins scandaleux, c'était I fwL^^' grâce à l'exécution, pour ainsi dire en masse,

'' qu'avait dû opérer Grégoire, lorsqu'au concile de

Lyon, en 1055, n'étant encore que sous-diacre et légat apostolique, il avait déterminé, comme on l'a

4. Au premier raiiL; do ces grands coupables, il faut placer Guil- "V laume, évêque d'Utrecht, qui fut le principal organe de la dépositiou de Grégoire au conciliabule de Worms, et qui mourut peu après avec la conscience de sa réprobation, et en invitant ses amis à s'abstenir de prier pour tui dannié comme lui. Paui.. Lang., ap. Iîowden, II, 127. , 2. Ceux de Ratisbonne, Confiance et Lausanne. Ce dernier, Bur-

card, s'était marié piiblifuionieiit.

MOIM- ET PAPK. i'29

VU, cinquante et an éoêijaes à renoncer aux sièges

«ur lesquels la simonie les avait fait monter \ Mais

la lèpre simoniaque ne fut complélement extirpée de

l'Eglise de France que longtemps après Grégoire, et

grâce à la prédominance de l'esprit nouveau qu'il

;\vait inspiré au clergé*. Presque immédiatement piuiippe,

après son avènement, Grégoire avait été forcé de protège

. , p • 1 ^^^ simoniaques.

reprocher vivement aux eveques français leur couj)able mollesse vis-à-vis du roi Philippe qui déshonorait son royaume par toutes sortes d'excès\ IN'avaiton pas vu Manassès, archevêque de Reims et grand 43nnemi des moines, venir couronner Henri IV, pen- ^lant qu'il assiégeait Grégoire VJI dans Rome*?

Quant aux évêques italiens, ils étaient encore plus scandaleux et plus acharnés contre le Saint- <Jt* 1 ^ Siège que ceux d'au delà des monts. En Lombar- f^

<lie, ils se montrèrent fidèles aux traditions de

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