‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 131 sur 196 · DÔLLINGER, t. II, g 82, p · texte numérisé non relu

DÔLLINGER, t. II, g 82, p

5. Vita Allmanni, c. if, ap. Pertz, Script, rer. Auslr., t. I.

4. Laici seculari consideratione accensi, et episcopi consilio clericorumsuorum, quil)us recenter connubia ab eodem pontifice inliibita luerant,inllammati, voluntati principis aecedebant. Otto Frising. ap. GoLDAST,, ApoL, p. 19.

i(nâ

contre la proliibilioii de mariage fulminée par Tirégoire^

Presque partout on voyait les clercs se prononcer en foule pour Henri IV : ils comprenaient, par un instinct très-juste, que la cause du concubinage sacerdotal était liée intimement à celle des envahissements du pouvoir temporel. Naturellement les prêtres et diacres suspendus ou interdits par les évoques orthodoxes, à cause de leurs mœurs dissolues, trouvaient auprès de Henri un refuge assuré\ Par contre, dit un contemporain, dès qu'un clerc renonçait au monde, pratiquait des macérations, laissait croître sa barbe ou arborait quelque autre marque de gravité dans le costume ou la tenue, il était aussitôt accusé de haute trahison, accablé d'injures et flétri du nom d'homme d'église^ ou de sacristain. Le clergé concubinaire et impérialiste

1. Henn., 1. LXil, § 22. V. aussi à ce sujet la lettre de saint Anselme de Cantorbéry à Urbain II, sur les violences qu'eut à subir Foulques, évêque de Beauvais, de la part des clercs de ce diocèse : Quia eos a pravis consuetudinibus, et maxime a mulierum remota conversatione vult prohibere, et filios eorum... a prsebendarum hsereditaria successione.... arcere. S. Anselm., Ep. II, 33, éd. Gerberon, p. 354.

2. Voir le trait de ce diacre, auquel Tévêque Altmann défendit, dans une messe solennelle, de lire l'Évangile : Ad Heinricum, pravo" nim refag'ium, fidens confuglt. Vit. S. Allnianni, ap. Grei.-ek, VI, 455.

5. Si ali(iuem qui forsitan pro amore patrise cœlestis sseculum reliquisset, carnem macerasset, quemque aliqua corporis molestia atténuasse!, sive qui, ul tune moris erat, barbam quasi in signum religionis enutrisset, quasi regii honoris proditores contumeliis afficiebant, insultanter eos Ecclesianos appellanles. Gesta Trevir. archiep., Hp. Marten., Coll. Ampliss., t. IV, cité par Bowden, II, 157, qui a très-justement développé ce point de vue important.

MOINES d'oCC. Vi. 28

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flénonc-ait ces vertus comme une insulte au maître, et constatait ainsi, lui-même, la véritable nature de son opposition au pape. Ce; clergé ne reculait, d'ailleurs, devant aucune violence \ sûr de trouver toujours un appui auprès d'un roi qui défendait leurs intérêts avec tant de chaleur, qu'il fit fouetter publiquement et expulser les chanoines réguliers et célibataires de Saint-Nicolas de Passau, où ils durent être remplacés par des clercs mariés ^ Leiire des clercs Qn conuaît la famcusc lettre des clercs de CamàceuxdeiU'ims. brai à ccux de Reims, pour les exciter à défendre, de concert avec eux, la prétendue liberté du clergé ; , lettre oià se trouvent si clairement attestées et l'approbation que donnait la masse des populations catholiques aux réformes du pape, et la solidarité qui existait entre les défenseurs du concubinage et ceux des usurpations impériales : « Nous sommes coii- « verts d'opprobre par nos voisins ; nous devenons « un objet de dérision et de mépris pour tout ce « qui nous entoure ; et le mal sera sans remède « si nous ne nous organisons habilement pour la « résistance''. Vous savez que l'audace des Ro- « mains est telle, qu'ils ne respectent plus rien, « puisqu'ils osent même empiéter sur la majesté

1. Mabill., Ann., I. LXV, n° 112. 17/. S. Allmanni, îip. Pep.tz et Gkets., YI, 452.

2. Ces misérables avaient lait brûler vil un homme qui avait soutsenu que les prêtres simoniaques et fornicatenrs ne (levaient pas célébrer la messe. HegesL Greg. VU, lib. IV, ep. 20.

r>. In tuenda publica clericorum libertate.

<( royale, excommunier les mélropolilaiiis, déposer « dcsévêques\ introniser des ambitieux, sous prête texte de religion, tenir des conciles sans nombre « et nous soumettre à des jugements étrangers... Us (( veulent que cbacun se contente d'un seul bénéc( fice, quand il en faut au moins deux ou trois pour « vivre convenablement". Us ne nous épargnent en <( rien : déjà ils ont prohibé l'ordination des fils « de clercs, et maintenant ils veulent empêcher le " mariage non-seulement des prêtres, mais même (( celui des clercs de tout ordre... Nos pasteurs, afin « d'avoir l'air d'obéir à l'autorité romaine, écou- « tent volontiers toutes ces choses... Nous devons « redouter le déshonneur intolérable qui va rejaillir

1. Facli sumus opprobrium vicinis nostris, subsannatio et derisum liis qui in circuilu nostro sunt, nisi ad ea quœ prsetenduntur vestia noslraque solerter invigilaverit industria. Si qu idem Romanoruni, iil audiï^tis, importunitas tanta tamque vehemens nobis incubuit, ut niliil jam intactum relinquas : piœsertim cuin etiam de imminutione regiae majestatis agere audeant. metropolilanos vero excommunicare,elc. Episl. cleric. Covierœ ad Retn. in graliam uxorum suarum, ap. Ma- BiLL., Ann., t. V, Append., n" xi. La répulsion populaire pour les prêtres mariés dégénérait souvent en excès liorribles, s'il iaut en croired'autres plaintes contemporaines : Quocumque prodeunt,clamores inbultantium, digitos ostendeniium, colaphos pulsantium proferunt.... Alii membris mutilati.... alii per longos crucialus superbe necati. Epist, cujusdmn ap. Martene et Dui'.asd, Tlies. nov. Anecd., 1. 1, p. '251 l.aici sacra mysteria temerant... in extremo vitae, viaticum doniinicum et usitatum ecclesiœ obsequium sepulturse, a presljyteris conjiigatis accipere parvipendunt... Corpus Domiiii a presbyteris conjuf^atis consecratum saepe pedibus conculcaverunt.... Sigebert Gemblac.^ ann. 1074.

2. Cuni vix duobus aut tribus possil proveuire necessarioruni suf- /ii:ienlia. Ihid.

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« sur nous; nous allons être honnis par tous les « laïques, nous qu'on honorait autrefois. Si vous <( êtes des hommes, vous proteslerez donc, avec « nous, contre des mesures qui nous valent tant «( d'opprobre ; quant à nous, nous sommes irrévo- « cablement déterminés à maintenir nos usages, qui « ont été sagement établis par l'indulgence de nos « pères, et à n'accepter en rien des prescriptions « inusitées et dangereuses \ »

En Allemagne, les prêtres tenaient le même langage : c( Le pape, disaient-ils en parlant de Grégoire, c( veut forcer les hommes à vivre comme des anges « et faire violence à la nature humaine. Quant à (( nous, nous aimons mieux renoncer au sacerdoce « qu'au mariage : et alors le pape n'aura qu'à se « procurer des anges, s'il le peut, pour gouverner « le peuple chrétien ^ »

1. Apud laicos, quibus lecturi sumus in sibillem... Quod si viri estis, si viriliter agere vultis, parvipendenda siint hujusmodi concilia.... Nobis autem hsec est immutabilis sententia. Consuetudinem haclenus nostram, religiosorum patrum œquanimitate sapienter incultani, inconvulsam tenere, neque inusitatis ac periculosis traditionibus in aliquo consentire. Ibid. — ISe croirait-on pas entendre les avocats modernes parlant des traditions prétendues nationales de la France contre l'unité catholique?

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