Vehementer tota factio clericorum, hominem plane here
ticum et vesani dogmatis esse, clamitans, qui.... violenta exactiono homines vivere cogeret rilu angelorum, et dum consuetum cursum naturae negaret, fornicationi (r?ena laxaret.... malle se sacerdotiura quam conjugium deserere, et tune visurum euin, cui hominos sorderent unde gubernandis per Ecclesiam Dei plebibus angelos comparaturus esset. Lambert. Aschaff., ad ann. 1074,
Grégoire, néanmoins, n'eut pas besoin de trouver des anges pour confondre les rebelles et pour les remplacer : n'avait-il pas autour de lui desmilliers de moinesqui, depuis sept siècles, donnaient au monde l'exemple de la chasteté, du dévouement, de l'obéissance, et qui se pressaient en foule sous la bannière qu'il avait arborée? Ce fut parmi les enfants de saint Benoît, comme on pouvait s'y attendre, en raison des lois fondamentales de leur institut, que la généreuse tentative de Grégoire, pour remettre en honneur la continence sacerdotale, la pureté des élections et l'indépendance de l'Eglise, rencontra l'appui le plus énergique et le plus persévérant.
Parmi tous les monastères, de fondation impériale ou royale, placés sous la main des empereurs et de leurs lieutenants, on ne cite que les seules abbayes de Farfa en Italie, de Hersfeld et de Saint-Gall au nord des Alpes*, qui aient pris parti pour Henri IV. Saint-Gall était alors entre les mains d'un parent de l'empereur, qu'on y avait installé de force, au préjudice d'un religieux du monastère, tout dévoué au pape \ Henri avait également
Seuls,
trois monaslèrc<-
prennent parti
pour
l'empereur.
1. Mab., Annal., 1. l.XV.n» 24. L'Allemand Cassander, dans son récent factum contre Grégoire VU, p. 107, cite avec complaisance la lettre de l'abbaye de Lorsch à l'empereur contra Hildebrandinos monachos (le Hirsaitgia ; mais il omet de dire que cette abbaye de Lorsch avait (Hé violemment confisquée en 1066, et donnée à Adalbert de Brème, ennemi du pape légitime. Cette lettre se rapporte du reste à l'époque de Henri V. Nous en citons plus loin quelques passages.
2. Ce religieux s'appelait Lutold deNellenburg. Burkard, Cas. S. Galli,
impose à Hersfeld des abbés de sa façon, et il y avait en même lenips choisi plusieurs évêques qui furent ses plus zélés partisans ^ Toutefois cette abbaye n'en a pas moins fourni, dans la personne du moine l.ambert d'Aschaffenbourg, le plus impartial et le plus orthodoxe des historiens de l'époque *.
Dans les autres régions de l'empire, les moines subissaient les insultes, les flagellations et l'expulsion, plutôt que de trahir la cause de l'Eglise, •certains de trouver, dans leur exil, un sûr et généreux appui chez ceux d'entre leurs frères que la persécution n'avait pas atteints. Cet appui ne leurman- (juait jamais, quelle que fût d'ailleurs la distance des lieux et la différence des pays. Lorsque l'évèque Thierry de Verdun, pour punir les religieux de Saint- ^Vannes de leur inébranlable attachement au pape
c. 7. Cf. Berthold, an. 1079, 1092, ap. Ussebm., l. II, 97, 152. Aussi, à partir de cette crise, la grande abbaye de Saint- Gall perdit son ancien caractère ascétique, pour devenir une association militaire politique et féodale, sous des dehors monastiques. Ses moines conservèrent longtemps cependant l'abstinence et la régularité du chœur. Arx., t.I, 524,326.
1. Entre autres llarlwig, archevêque de Wagdebourg, son principal négociateur auprès des Saxons dont Magdebourg était la métro-
,pole. Il ne faut pas le confondre avec un autre Hartwig, archevêque (lu même siège, qui remplaça le partisan de Henri, et se plaça au premier rang des prélats orthodoxes; puis >V;iltranj, évêque do Naumbonn, le plus habile des apologistes de Henri. (ioi.i)AST. Apolog. pro tlenr.,^. 10, 15, 20, 29 et 41.
2. Aussi Goldast le qualifie ainsi : Monaclms pra^ter sentontiam col- •legii sui schisinaticus et Hildebrandinus. L. c, p. 15.
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légilime, les oui l'ail jeter nus sur le graïul chemin, ils gagnèrent la Bourgogne, au nombre de quarante, et trouvèrent à Saint-Bénigne de Dijon, sous la crosse de l'ahbé Jarenton, une nouvelle patrie, <|ui les reçut comme des anges ' et où ils vécurent dans la plus complète union avec leurs nouveaux frères, jusqu'au jour où leur persécuteur mourant les rappela ])our obtenir leur pardon et recevoir leur bénédiction'".
Tirégoire, sorti lui-même des rangs monastiques, et à qui son adversaire reprochait sa qualité de moine comme une sorte d'ignominie^, n'avait ja-
1. Velut angeli Dei recepti sunt. Laurf.nt, Leod., Hisf. Episc. Vlrdun., in SpicUeg., t. Il, p. 245.
2. Ibid. Parmi eux se trouvait riiistorieii Hugues de Kiavigny, auteur de la chronique célèbre publiée par Labbe, yova Blbl. maamcr., t. I. Peu nprès leur retour, à la mort de Thierry, il leur fallut reprendre le chemin de l'exil pour la même cause, et Rodolphe, abbé de Saint Vannes, mourut en 4099 à Flavigny en Bourgogne, entouré de la première noblesse du pays (primores, comités, duces, nobiles femhife', qui le vénérait profondément. Rien de plus curieux, pour coimaître les dispositions et les sentiments du clergé et du peuple de la Lorraine, à cette époque, que le récit de la translation du corps de cet abbé de Flavigny à Verdun, ap. IIug. P'lavin.,p, 265-'267,au milieu des applaudissements de la foule qui pourtant avait auparavant applaudi .1 son exil, en le traitant d'ennemi des lois et de la patrie. Qui aliquando ab ineptis etminussapientibussubversorlegumetpatrirn.... appellabatur, hic nuMC alj omnibus pater civitatis et patrise pronuntiabatur.... Videre erat suburbanos homines et etiam ruslicanos, compati doloribus monaciioruin.... et dicere : Boni monachi, non ampUus reçuperabitis palicnilam pinm, tam amanlissinmm; incrito dolells, mérita trislamin l. ]bid.,p. 101.
3. Heinricus, non usurpative sed pia Dei ordinatione rex, llildebrando, jain non aposlolico, sed fabo moiiaclw. — C'est l'intitulé de la lettre par larpielle llonri annon(;ait à (Irégoire la sentence de dé-
uo
1/ordie
de Saint-Benoit mais douté quG l'ordre de Saint-Bonoîtdût fournira
fournit ,
à Grégoire Vil la cause de l'Eglise les champions les plus nom-
SOS champions , il
intrépides ^^''^"^^^^Gs pi US intrépides. C'est pourquoi, pendant les douze années de son pontificat, il s'appliqua, comme il l'avait déjà fait sous ses prédécesseurs,, à maintenir énergiquement et à défendre les libertés spéciales des monastères, et, en premier lieu, leur exemption de la juridiction épiscopale.
Dès son avènement, en 1075, Grégoire prenait, avec chaleur et succès, le parti des moines de Saint- Hemy de Reims contre l'archevêque Manassès \ En cette même année, il ordonnait à Lanfranc de maintenir les libertés de Saint-Edmundsbury contre l'évêque Ardfast'. Plus tard, et successivement, il protégea efficacementlesprivilégesdeSaint-Hubert% de Saint-Michel de Verdun*, de Saint-Gilles% de Poultières', de Saint-Michel de Cluse', deRemiremont^ deSaint-Bénigne ^et de beaucoup d'autres monastères, contre îesévêques qui en méconnaissaient l'autorité. En Allemagne et en Espagne il accorda
position prononcée contre lui au conciliabule de Worms le 24 janvier 1076.