‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 154 sur 196 · IbiiL, p · texte numérisé non relu

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o. Pcrsecutio quocjuc huic l)ono cooperata est. JNam dum a civitalibus meliorcs clcrici... pcllcrcnliir, in silvis acsuLurbanis agellis cohabitantes, ubi cos, quibus Deiis inspiravit, fidèles ac potentes quidam luLati sunt, ea cœperunt conversationis norma degere quam Chrislo... maxime complacitam agnovissent. Sicque in clero et in monachatu apostolicœ vitse.qiue prima in desertis ac sylvosislocis rcviriiit, paulatim ctiain antiipia et suburbana cœnobia revisit, ejectis inde malis colonis, et in meUus commutatis, etc. Keicueusp., de Slot. Ecclesiœ, c. IG.

A. Iji:r.\oi.i), C/ir , ann. 10"", np. Pep.tz, Y, p. 459.

sures de la vicloire, il n'y avait encore rien de fait! Et, en effet, les monastères étaient là, debout, comme des cités de refuges, comme des foyers d'indomptable résistance. Saint-Biaise, Schaffhausen, Hirschau ^ surtout, défendus par les ducs de Souabe et deXhuringen, ouvraient leurs portes à tous les catholiques, clercs ou laïques, qui repoussaient le schisme et fuyaient toute complicité avec les ennemis de l'Église '. Là se rendait en foule la noblesse catholique, comtes et barons, seigneurs et chevaliers, abandonnant leurs fiefs et leurs châteaux, pour se retremper à la source de la foi et de la vertu"^. Un certain nombre rentraient ensuite dans le monde, et y servaient, avec un nouveau zèle, la cause de Dieu, de l'Eglise et des

1. Maxime quotidie multitudo hominumadS. abbalem Willelmum in Ilirsaugiam confluxit, ad serviendum Deo viventi, ut prse copia civium Hirsaugia iirbs quœdam populosa magis videretur esse quam cœnobium. TniTHEjr., CJivon. Hirsaug., p. 279.

2. Omnespene religiosi, sive clerici, sive laici, in aliqua monasteriornm latibula declinaverc, ne dcvastationem sanctae EcclesiîO cernèrent, cui in nullo adminiculari possent... Tria monasteria ctitn suis ce/Zu/is regularibus disciplinis instituta egregic pollebant... Ad quse mirabilis multitudo nobilium ac prudentium virorum hac tempestatc inbrcvi confugit, et depositis armis... Ibid.

3. Multi viri boni Deum limcntes, comités, barones, milites, nobiles et ignobiles, clerici et laici, divites et médiocres, qui animas suas a communione schismaticorum immaculatas custodire volebant, reliclis castellis, domibus et ecclesiis suis, ad monasterium Ilirsaugiense, quasi ad civitatem quamdam refugii vénérant, quorum plures mulalo babilu monachi facti sunt, et plures in liabitu pristino Deo et monacliis S. Congregationis, usqueadmortem servierunt. Thitimm , Chron, Hirsaug., ami. 1085, p. 279.

MOINES d'occ. VI. 31

moines. Mais d'autres embrassaient en si ^rand nombre la vie religieuse, qu'il fallut partout agrandir les édifices monastiques pour les recevoir*. Mêlés aux serviteurs du monastère, ils se dévouaient aux fonctions les plus basses, remplissant l'office de boulangers, de porchers, de bouviers, de tourneurs. A leur instar, de nombreux laïques de toute condition renonçaient à leurs biens et à leur liberté, pour vivre, dans les monastères, de la vie commune, qu'ils pratiquaient ponctuellement, sans porter l'habit religieux, sous la direction de moines ou de prêtres restés purs^. Les femmes aussi subissaient cette impulsion irrésistible, et accouraient en foule se dévouer, en qualité de servantes, à l'accomplissement de la tâche quotidienne prescrite par les moines \ Les filles de laboureurs rivalisaient avec les veuves et les demoiselles de race noble,

1. Berî^old., 1083, déjà cité t. I, p. 499. Voir denombreux exemples dans Gerbeut., Hist. Nigr. Silv., t. I, p. 258-39, 524-25.

2. In regno Teutonicorum communis vita multis in locis floruit, non solnm in clericis et monacliis... vcruni etiam in laicis se et sua ad eamdem vitam devotissime offerentibiis, qui etsi habitu nec clerici nec monachi videbantur, nequaquam tamen eis disparcs in meritis fuisse creduntur. Se enim scrvos corumdem pro Domino fecerunt. . Se et sua ad congregationes tam clericorum quam monachorum regulariter vivenlium devotissime contulerunt, ut sub eorum obedientiacommuniter vivere et eis scrvire mcrerentur. Bernoi.d., ann. 1001, ap. Fertz, V, 453.

5. ^'on solum virorum sedelfcniinarum innumerabilis multitudo... eisque more ancillarum quotidiani servitii pensum devotissime persolverent. IhùL

par leur zèle passionné à renoncer au monde, au mariage, et à subir le joug de la règle. Des villages embrassaient en niasse la vie religieuse \ A tous ces cbrcliens simples et généreux les monastères orthodoxes de la Souabe apparaissaient, dit un contemporain , comme des asiles inexpugnables de paix, comme des prairies odoriférantes, où Ton pouvait s'enivrer des suaves parfums de la vie contemplative^

Le grand abbé Guillaume de Hirschau régularisa, autant qu'il le put, le mouvement impétueux qui entraînait ainsi les laïques à abdiquer, par amour de la vie céleste, leur condition d'hommes . libres, pour se faire les serfs des moines. D'accord ;'* • avec l'abbé de Saint-Biaise, Guillaume fit de ces . affiliations laïques une institution permanente, et, i-S-W^^

le premier en Allemagne, il adjoignit à sa congrégation des néophytes à peu près séculiers, sous le titre de convers'\ conformément à l'institution ré-

1. In ipsis quoque villisfiiise rusticorum innumerse conjugio et sseculo abrenuntiare. Ibid.

In Alemannia potissimum... multee villœ ex integro se religion! contradiderunt, seque Invicem sanctitatc morum prpcvenire incessabiliter studiierunf. Ibid.

2. Spiiitualia gymnasia inonachorum Ilirsaug. et Schafhausens. quorum utrumque perfectis pollebat cœnobitis, quasi pratum odoriferuin plcnurn undiquc arcolis aromatum ; ac cuncti advenioiitcs tlieoreticaui vilain diligentes juguni Doiniiii suave, et onusejus levé i>ortare cupientes, utroque loco invenerunt inexpugnabile asyluin. Passio S. Tiernoiiis ejnscop., ap. Gretser, VI, 4G2, et Camsils, LccI . antiq., t. III.

3. (Jui ex libéra et ingenua condilione ad Iratruui obscquiuui sese

i8î SALNT GHÉGOIUE VII,

cemmcnt clablie par saint Jean Gualbert dans Tordre de Yallombreuse. A ces convers étaient assignées des fonctions spéciales, plus rapprochées de la vie séculière, et dont l'accomplissement devait laisser aux autres religieux plus de loisir pour les exercices de piété. Astreints aux obligations du chœur, au si lence et aux autres devoirs de la vie claustrale, ces convers se livraient surtout aux arts mécaniques^ : ils étaient les tailleurs, les corroyeurs, les cordonniers, les forgerons, les charpentiers, les maçons des abbayes. Ce furent ces ouvriers non rétribués qui construisirent les immenses édifices monastiques de Ilirschau , qui les ornèrent de beaux travaux d'art et aidèrent l'abbé Guillaume à élever beaucoup d'autres monastères. — Ils portaient l'habit religieux, mais avec

dimitlant solo vilse cœlestis intuitu. Udal., Ep. prœf. consuet. Cluniac. ad Guill. Illuc nonnulli pro amore Christi convenerunt Imjus l'ervoris hujusqueliuniilitalis, uteis non tam libcathaberi pro nionachis quam pro servis nionachorum ultro se obtulerunt ad ministeriuni pistrini, coquinœ, c:c. Cw/Za Urbani II, ap. Gerbeiit., I, 525. — Cf. Trithem., ann. 1070, p. 'i'28.

1. Ex his erant omnium arlium mecanicarum peritissimi operatores, qui omnes totius cœnobii structuras suis manibus summa diligentia consummaverunt. Erant enim fabri lignarii, et ferrarii, catomi quoque et muratores optimi... vcstiaril, coriarii, calcearii et quidquid artilicibus adusumclaustralium requiritur, non mercenarii, non servitores conducti, scd conversi vel monachi barbati fuisse omnes mémorantur... quorum laboribus adjutus tôt monasteria fundavit. Tiuthem., ann. 1070. Cf. ann. 10(S5 : Magistri in omni scienlia architcctura:; peritissimi. — Voir le règlement spécial que leur donna saint Guillaume, dans sa Vie écrite par IIevmgn, c. 23 ; ap. Act. SS. 0. B., t. IX.

la barbe, ce qui leur lit donner par le }3euple ;A1P | ^ le nom de barbati. D'autres laïques, également j^'^^ agrégés à la congrégation de llirschau , à l'instar de Cluny, portaient le nom d'oWa^5, et habitaient hors des monastères. Ils étaient employés aux travaux de maçonnerie , à l'exploitation des forets, à servir les malades indigents dans les liopilaux et à faire les courses lointaines ^ Guillaume leur laissa le costume laïque, afin qu'ils pussent se mêler au monde avec moins d'inconvénients". La seule abbaye de llirschau renfermait cinquante oblata et soixante barbati ; elle comptait cent cinquante moines proprement dits, qui se livraient plus spécialement à l'oraison, à l'étude, à la transcription des livres et à la célébralion de l'office divin. L'historien monastique n'a pas assez d'éloges pour célébrer l'ordre, la paix, l'union et le bonheur que l'illustre et saint abbé faisait régner au sein de l'immense communauté hirsaugienne'\ Plus tard, Guillaume obtint la confirmation solennelle de l'institut par une bulle du pape Urbain II; Odon, prieur de Cluny et légat de Grégoire VII en

1. Quorum orficinm crat pro structuris... ligna et lapides adducerc, calceni decoquero, aquam et avenain de fluvio portare ctemenlum pro muraloribus facere. Tiiitiif.m., /. c.

2. Manerc in pristino liabitu pennisit, quorum niinisterio, in mullis uti ralionahiliter consuevit, in liis maxime, quœ in mcdio seculariuin, qiio barbalos mittere vel monachos non licehat, pera{?cndi videbanlur. Thithf.m., p. 229.

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