‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 157 sur 196 · Hey.mo, IY, CIO. — HicRNOiD · texte numérisé non relu

Hey.mo, IY, CIO. — HicRNOiD

BIOINE ET PAI^E. 405

pies du sailli hommes lui écrivait-il : « Ta vie « nous sert d'exemple; tes admirables actions, tes « pieux gémissements, tes bienheureuses larmes, « suffisent pour éveiller dans nos cœurs le désir « de Téternelle patrie ^ » Lorsqu'il mourut, six mois après Grégoire, Guillaume recommanda tout particulièrement à ses moines de garder jusqu'à la mort leur invariable dévouement à l'Eglise romaine'.

Guillaume, pour mener à bonne fin l'œuvre de la régénération monastique, s'était appliqué à rechercher de tous côtés les règlements et les particularités qui pouvaient être utiles à la réforme de ses frères : « Ce sont là, » a-t-il dit dans la préface des Usages qu'il a légués à sa congrégation, « les « pierres vivantes dont je veux construire mon édi- « fice spirituel'. » C'est dans cette vue qu'il chargea le moine allemand Udalric de rédiger, sous le titre de Coutumes de Cluny'\ le recueil complet des

1. Sufficit vita tua. o beatissimc Wilhclme, omnibus nostris in exemplum. Provocant nos ad desiderium cœlestis patrise sanctissimi ^emitus tui et beatissimic lacrymac tuœ omnesque splendidissimi actus tui. \\iioy,de Qualit. cœlest. palriœ, lib. H, prolog. ap. Martene, in Adil. et Corr. Ann. Benecl., t. VI.

2. Obsecrans et contcstans ut in unitate Ecclesitc et subjectione sedis ApostolicîL' quoniodo sibi ab eo tradiluin fiierat, usquc ad mortem inviolabiliter permanerent. Heymo, /. c, p. 736.

5. Statuiut... quosvivos lapides ad spiritualis structure fabricam conferrem.

4. Consueludines Cliiniaccnscs, dans le Spiciirg. de d'Acliery. t. I p. 041, éd. in-f°.

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pratiques et des règlements en usage dans le monastère. Ce recueil, répandu dans tous les pays chrétiens, renferme de nombreux règlements relatifs au gouvernement des âmes, et comme le code de la vigoureuse éducation spirituelle de Cluny ; code où puisait une force sans cesse renaissante l'ancien prieur Hildebrand, devenu pape sous le nom de Grégoire VIL

Quant à Udalric, c'était un noble bavarois de haut parage^ qui avait été élevé à la cour impériale, honoré de l'estime de Henri III, attaché au service de l'impératrice Agnès, et pourvu, jeune encore, de tous les bénéfices, de toutes les dignités réservés aux clercs de grande naissance. Au retour d'un pèlerinage à Jérusalem, Udalric avait voulu fonder un monastère sur les terres de son patrimoine; mais, les mauvaises dispositions des évêques simoniaques de la contrée l'en ayant empêché % il résolut, puisqu'il ne pouvait donner ses biens à Dieu, de se donner lui-même, et il alla se faire moine à Gluny. Le saint abbé Hugues le fit partir, au bout de quelque temps, pour l'Allemagne, avec une colonie de Clunistes, qu'il établit dans le Brisgau, non sans opposition de la part du clergé et des habilants. Udalric put ainsi servir de lien entre les deux

1. lUuslri prosapia Bavarorum (ortus)... pater illius inter regni pracpotcntes divitiis, lama, gloria et potentia eminebat. Vil. S. Udalr., ap. Act. SS. 0. B., t. IX, p. 78:'.

2. Statu temporis, necnon episcoporum irreligiosilate, qui lune ccclesiîe prœerant impedientc. VU. S. Udalr., ib'ul., c. II.

grandes provinces les plus dévouées à l'Eglise, la Bourgogne et laSouabe, et, en même temps, d'intermédiaire entre les deux saints abbés Hugues et Guillaume, dont il se montra l'émule par sa charité envers les pauvres et ses austérités envers lui-même. Enfin, après une vie pleine de vertus et d'épreuves, Udalric mourut aveugle dans une cellule de la Forêt-Noire*, en se faisant répéter, comme dernière exhortation, pendant son agonie, cette parole de l'Apôtre, qui résume si bien l'histoire du onzième siècle : Sanctiper fidem vicerunt recjna^.

Avec de tels hommes et de telles institutions pour recruter Tarmée de l'Église, Grégoire dut croire que le moment était venu de déclarer la guerre à la corruption du clergé et du despotisme des laïques : il marcha donc à l'ennemi, lui donna la bataille et la gagna.

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