‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 16 sur 196 · Pontificem luum ac regem ut patronos tuos time, vene · texte numérisé non relu

Pontificem luum ac regem ut patronos tuos time, vene

rare, ctc hominibus tuis fidem quam debes exbibe, eisque non

ut tyrannus, sed ut mitis patronus, dominare... Si vero secus, quod absit, egeris, maledictionem ex auctoritate Dci et Sanctorum Patrum libi relinquo. Order. Vital,, 1 v, p. 458, éd. Leprévost.

« bon gré, mal gré, je sens que ma fin approche. « Je te demande la permission de me faire moine, el « de prendre le noir vêtement de Saint-Benoît. Je dé- « sire devenir le confrère de ceux qui, pour l'amour « du Christ, ont renoncé aux attraits du monde ; et « je te prie, toi qui es ma dame, de me délier du « lien conjugal et de me recommander fidèlement (( à Dieu, afin que je sois digne de prendre la robe « et la tonsure des moines ^ » La bonne dame, qui, selon l'historien, avait coutume de ne jamais résister à la volonté de son mari % pleura beaucoup, mais elle consentit à sa demande. Alors les moines du prieuré de Maule, qui n'avaient pas voulu agir sans l'adhésion de la femme et du fils de Pierre, lui coupèrent les cheveux, et le revêtirent de l'habit monastique. Il mourut le surlendemain, jour de la fêle de Saint-Jean rEvangéliste,en 1118.

Il faut remarquer, îi cette occasion, que les nobles qui prenaient ainsi l'habit ajoutaient toujours au sacrifice de leur personne celui d'une portion de leur patrimoine, et que, pour les donations faites à l'article de la mort, comme pour toutes les autres, ils avaient toujours soin de s'assurer du consentement de leurs femmes et de leurs enfants.

\. Grata soror et amabilis conjux Odelina... viximus sine litigio plus quart! xx annis... velim, nolim. mortis appropinquo coufinia... Mihi licentia detur a le ut monachus fiarn, et indumenta S. Patris Benedicti, quarnvis sunt nigra... accipiam... A conjugal i ergo ncxu, qu[cso, absolve me, domina... Ibid., p. 459.

2. Bona mulier, cjus voluntati nunquam resistere assueta... Ibid.

C'est ce que conslatent des milliers de chartes relatives à ces donations, en des termes presque toujours semblables à ceux qu'employait Raynauld, seigneur de Ghatillon, lequel, en donnant l'église de Saint-Germain-sur-Norge à l'abbaye de Saint- Bénigne de Dijon, en 1058, s'exprimait ainsi : « À tous les disciples de la loi chrétienne il pa- « raît naturel et désirable d'enrichir, selon leurs « moyens, notre sainte mère l'Eglise, et de sub- « venir ainsi au bien-être des pauvres du Christ; (( et cela, pour le remède de leurs âmes, la rémis- « sion de leurs péchés et l'honneur du nom de « Dieu et de ses saints... Réfléchissant donc à « tout cela, et sérieusement inquiet du salut et « de la délivrance de mon âme, j'ai fait don au « sanctuaire du martyr saint Bénigne, près le châ- « teau de Dijon, d'une certaine partie des biens « que mes parents m'ont laissés par droit hérédi- « taire; et, telle que je l'ai reçue de mes ancêtres, « par précepte royal et l'ai possédée en alleu, telle « je l'abandonne à Dieu et à son saint martyr Bé- « nigne, entre les mains de l'abbé llalinard qui, « ce même jour, m'a consacré moine ; ladite do- « nation, approuvée par mon épouse Elisabeth et « par notre fils Ilumbert, a été présentée de leurs « propres mains, en présence de plusieurs prélals « et nobles seigneurs \ »

1. Omnibus X"*legis cultoribus proprium débet esse et optabile, sanctam maliem Ecclesiam, ob pauperum Christi recreationeni, pro

Mais, si nombreux que fussent les seigneurs qui voulaient passer leurs derniers jours sous le froc bénédictin, on en comptait bien plus qui n'attendaient pas jusque-là, et qui, jeunes, ayant un brillant avenir devant eux, s'arrachaient aux grandeurs, aux richesses, à rentraînement des passions et des luttes guerrières, pour se donner entièrement à Dieu, pour consumer leur vie dans les travaux rustiques, dans les exercices de la pénitence et de la prière claustrale; en un mot, pour échanger, comme ils disaient, la servile liberté de la vie mondaine contre un servage qui donnait la liberté du ciel\

Dès les premières lueurs de la splendeur monastique, et avant saint Benoît, Sulpice Sévère avait signalé la présence de nobles gaulois ou Gallo-

Conversions

accomplies

en

pleine

joiinesse.

posse suo ditare, pro remedio aiiimarum suarum et remissione peccatorum ampliare, ad honorem quoque nominis Dei et sanctorum ejiis sublimare... Hœc omnia cogitaiis, ego Raynaldus, dominus Castellionensis ut pote de salule et liberatione animae meae sollicitus, donavi quamdam partem de rébus uieis, jure hœreditario a parentibus mihi relictis, ad locum S. Benigni martyris, juxla Divionense castrum siti, et sicutego per prœceptum regale ab antecessoribus meis accepi et ex iiitegro in alodum tenui, ita Deo et S. ejus martyri Benigno tradidi, et in manu Halinardi Divionensis monasterii abbatis, rjiii me codcm die monachum fecit, dévote nnihi tenentibus mecum et dantibus eamdem douationem, propriis manibus, atque laudantibus conjuge mea Ilelisabcth, et filio noslro Ilumberto, in pnesentia qiiorumdam pontificum et nobilium hominum qui pr?esentes fuerant (suit la désignation). Péraro, Recueil de pièces curieuses, p. 18G.

1. Quidam liber, de servili libertate se in liberalem servitutem transférons, Deo, cui servire rcgnarc est, et S. Denedicto se ipsum obtulit. Monum. Boica, vni, 73, ap. IIuhteu, nr, 4G1.

MOINES d'oCC. VI. 4

50 L'ÉCLISE ET LA FÉODALITl':.

Romains dans des monastères fondés par saint Martin. Ces nobles, élevés dans la mollesse, pratiquaient cependant les plus dures austérités. On en a vu d'éclatants exemples presque à chaque page de notre ouvrage. Nul ne peut avoir oublié les noms et les œuvres de ces leudes de l'époque mérovingienne, qui occupent le premier rang parmi les propagateurs de l'ordre monastique en France. Saint Évroul, saint Junien, saint Vandrille^ saint Riquier, saint Germer, qui dotèrent de célèbres fondations de leur patrimoine, de leurs noms et de leurs exemples, étaient tous sortis, à la fleur de l'âge, du sein de la haute noblesse franque. Il en fut de même de saint Yrieix, chancelier du roi Théodebert^; de saint Ansbert, garde du sceau de Clotaire lïJ, et de saint Léger, maire du palais de Neustrie. Gomme eux, saint Bavon, saint Ghislain, saint Trond, saint Lambert, saint Vincent Madelgar, et les autres apôtres monastiques des provinces flamandes, avaient passé par les splendeurs et les épreuves de l'aristocratie de ce temps, avant de se courber sous la règle de Saint-Benoît. Pendant toute la durée de la race mérovingienne, d'éclatantes conversions de ce genre viennent

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