y oiGT, jjasshn, mais particulièrement II, 443-M
lire sans émotion les récits trop peu connus des deux chroniqueurs cités. On y voit planer, avec autant de grandeur que dans les annales de la Grèce libre ou de la république romaine, les plus grandes, les plus nobles choses que l'homme puisse admirer et servir après Dieu, c'est-à-dire la liberté, le droit, la patrie. De ces récits s'exhale, à chaque page, pour ainsi dire, comme un parfum de foi , d'indépendance, d'honneur, comme un souffle de patriotisme vrai, de maie vigueur, d'héroïque dévouement, qui embaume la mémoire, rafraîchit l'imagination, retrempe les ca'urs énervés et les enflamme d'une inextinguible sympathie pour la bonne cause.
Les écrivains impartiaux ne doivent point négliger de faire remarquer qu'en se précipitant dans les périls de la guerre, les Saxons agissaient sous l'empire de profondes convictions religieuses : catholiques convaincus, ils reprochaient surtout à Henri IV ses attentats contre la loi de Dieu et contre les libertés de l'Eglise. Dans cette période du moyen âge, on ne concevait guère une entreprise quelconque, où la religion n'intervînt pas en première ligne. Toutefois, pendant les premières années de la lutte, il n'y avait aucune solidarité -^uiie suiidaïué
•^ d'abord entre
entre la cause des insur^irés et celle du Pontife la cause du pape
° et celle
romain. Ce fut seulement quand les bellicférants ^^^ insurir(''s
^^ ^ ' allemands.
se furent aperçus que Grégoire appréciait comme eux un chef dont le joug devenait de jour en jour
plus accablant, qu'ils conjurèrent le pape de les secourir dans leur détresse ^ Et ils durent l'invoquer alors avec d'autant plus de confiance, que le pape n'était pas seulement pour eux, comme pour les autres fidèles, le protecteur suprême des opprimés, mais qu'en outre, selon l'ancienne tradition nationale, Charlemagne avait placé leurs libertés sous la garde du siège de saint Pierre^ Aussi avaientils pour mot d'ordre, pour cri de ralliement, pendant la guerre, le nom de saint Pierre ; aussi était-ce avec le nom du prince des Apôfres sur les lèvres qu'ils attaquaient l'ennemi ou succombaient sous les coups des mercenaires du tyran ^. Pour oserblâmerGrégoired'avoirouvert son cœur aux cris de détresse des Saxons, pour lui faire un crime d'avoir, en dehors de la question ecclésiatique, soutenu contre la tyrannie de Henri les peuples
1. Ut vel per se vel per niintium genti pêne perditœ consolator adesset, suppliciter oraverunt. Bruno, ap. Ficher, p. 210.
2. Mtignus imperalor Saxoniam obtulit B.Petro, cujus eam devicit adjutorio : et posuitsignutri dcvotionis et libertatis, sicut ipsi Saxones liabent scriptum, et prudentes illorum satis sciunt. Epist. Greg., Vni,25. Cette assertion du pape se trouve confirmée par le diplôme de Charlemagne sur l'Église de Drême, ann. 788. ap. Baluz., CapituL, t. I, p. 245.
3. ...Dicens:Sancte Petre, quod nomen Saxones pro symbole tenebant omnes in ore. Bruno, De bcllo Saxon., c. 97, ap. Pertz. Lire le rccit d'une rencontre entre un Saxon et un impérialiste. Ce dernier donne un grand coup d'épée au Saxon qui l'avait hélé par le mot d'ordre [saint Pierre), en lui disant ironiquement : Hoc tibi tiius Pclriis miltit pro munere; à quoi l'autre répond, en lui fendant la tête : El hoc habcs ex parle lui llenrici lijranni insanienlis. Ibid.
qui imploraient son assistance, il faudrait avoir le courage de désavouer toutes les sympathies qui, depuis qu'on écrit Thistoire, ont excité la généreuse indignation des hommes, et, d'autre pari, adopter les serviles théories du Bas-Empire ou de l'ahsoliitisme gallican. Grégoire Yll n'intervint, du reste, dans la lutte qu'avec la prudence et la modération que lui dictait toujours l'amour de la justice. Il avait commencé par exhorter les princes et prélats insurgés à déposer les armes, de concert avec le roi, leur promettant de juger leur cause sans acception de personnes, sans parti pris \ sans partialité, persuadé qu'il avait pour mission de défendre les droits de chacun et de maintenir la paix entre tous\ Lorsque, sourds à sa voix, les deux partis se furent décidés à recourir aux armes, usant du droit en vertu duquel il avait sommé Henri d'épargner les Saxons d'abord vaincus^, il n'hésita point, l'année suivante, à enjoindre à ceux-ci de respecter, dans son abaissement et dans sa défaite, leur op-
1. Neminem vestrum dubitare volumus, quin super liac re veritate discussa, qu'dquid sequum videbitur, providenti Deo decernere et stabili paclione studcamus efficere : et quamcumque partern injurias et conculcatse justitiœ violentiam pati cognoverimus, illi procul dubio onini timoré et respectu pcrsonalis gratise posthabito, favorem et apostolicie auctoritatis pi'icsidia confercmus. Ej)isi. I, 59, ad Wecelin. archiep., etc.
2. Oflicii nostri est omnibus sua jura defendere ac inter eos componere pacein. Epist. II, 70, ad G... Ilungaritc ducem.