Moine eu 918, mort en
•i. Claris quidem natalibus enituit.., ex prosapia llaganonis Austrasiorum ducis prosatus... C. 2.
5. Quia [quodperrarum est) et militia valebat, et consulto prudeutioripollebat... C. 3.
se fait moine,
Taisaient halte pour dîner, Gérard se retirait souvent dans une petite église de son patrimoine, à Brogne\ Envoyé en ambassade auprès du comte Robert de Paris, le chevalier s'arrêta à Saint- Denys, où la douce et solennelle harmonie du chant Gérard deBroj^ne dcs moiucs achcva sa couvcrsiou \ 11 leur demanda avec instance"' une relique de saint Eugène de Tolède, dont cette grande abbaye possédait alors le corps, et, s'étant fait moine pour l'obtenir, il la rapporta en triomphe dans la petite église où tant de fois il était venu prier pendant les chasses de son suzerain. Il y créa, peu de temps après, un monastère, qui devint bientôt un centre d'attraction pour les âmes d'élite, et, selon le langage du temps, comme une ruche féconde*, d'où s'échappèrent des essaims de moines purs et zélés, qui allèrent, sous la direction du fondateur, réformer et repeupler dix-huit autres monastères, tant en Flandre qu'en Allemagne.
1. Post gratum ergo venationis laborem, et sol jam in antro poli poscebat prandii panem, conies et sui quœrentes refectionem regredi maluerant... Ipse Deiamicus... antiquam petit ecclesiam Bronii impransus.
2. Contigit ut ipsa eadem hora vespertinam synaxim monachorum decantarct caterva : quorum dulcisonis modulationibus cum vir ecclesiasticus auscultaret altentius... C. 5.
3. 0, inquit, patres aiïiantissimi Deoquc dcvotissimi, si vestrw complaceret dulcissimœ dilectioni, ut reliipiias hujus sancti conferretis incie tantillitati... C. G.
4. Videros quasi ex diversis alvearibus apes ad hanc llorigcram arborom convolare, ut iude favis areutibus nectar mellillui roris possoMt iiistillare. VU. S. Gérard., in Act. SS. 0. 15., t. VII. ad anu. 959.
C'est en Belgique aussi que brilla le comle Ans- IVed de Louvain ou de Brabant, liérilier de quinze comtés, et renommé, dès sa jeunesse, pour son courage et son intelligence. Après avoir accompagné à Bome Olhon le Grand, qui l'avait chargé de veiller sur lui, Tépée nue à la main, pendant ([u'il faisait sa prière à la Confession des Apôtres \ Ansfred, sous les deux autres Othons, avait pris une part considérable au gouvernement de l'Empire-, à toutes les guerres de cette époque, et surtout à la répression des brigandages qui désolaient le Brabant. Il avait usé de ses grandes richesses pour fonder, de concert avec sa femme, la célèbre abbaye de Thorn % au diocèse de Liège. Devenu veuf, il allait se faire moine, lorsque l'empereur Othon III lui imposa l'évêché d'Utrecht. Alors, détachant son épée, le [pieux chevalier la déposa sur l'autel de Notre-Dame, à Aix-la-Chapelle, on disant : « Jusqu'à présent j'ai employé mon « honneur et ma puissance temporelle contre les « ennemis des pauvres du Christ ; désormais « je confie à ma sainte patronne, la Vierge
1. Dum ego hodie ad limina apostolorum perorabo, tu gladium continue super caput meum^tencto; nam fidem Romanam antccessoribus meis semper suspectam fuisse non ignoro. Ckron. Magdeb., ann. 955, ap. AcT. SS. 0. H., t. Vill, p. 78.
'2. Anon. monnchi S. Paul. Traject. Vit. S. Ansfredi, ibidem.
3, Cette abbaye se changea plus tard, comme Remiremont, Maubeuge, etc., en chapitre noble de filles, où la preuve était des plus difficiles.
« Marie, la garde et le saluL de mon ame*. »
Cependant arrivé au déclin de ses jours, et ayant
perdu la vue, Ansfred réalisa son premier vœu, et se
Ansfred fit moine au monastère de lleiligenberg : il y nour-
de Louvain, . . . . . . ,
fondateur Hssait tous les jours de sa mam soixante-douze pau-
du monastère , , -i i • • i i '
de Tiiorn, vres, et, dc plus, il baignait les lépreux et pansait
moine i i i /• • • • ti
à iieiiigenberg. les blesses qui sc trouvaieut parmi ses pauvres. 11 se soumettait sans effort, lui ancien évêque et seigneur de la contrée, à recevoir la discipline des mains du supérieur de l'abbaye qu'il avait luimême fondée et dotée ^ A son lit de mort. Dieu lui rendit la vue, et alors il dit à ceux qui l'entouraient : Autour du Seigneur est la seule lumière qui ne se voilera jamais^. Ce furent ses dernières paroles. Lorsqu'on transporta son corps de Tliorn à Utrecht, une odeur délicieuse se répandit sur la route : elle sortait du cercueil de ce puissant du siècle, de ce serviteur du Christ dont la vie avait exhalé l'inestimable parfum de l'humilité et de la charité*.
1. Accepte gladio quo eratcinctus... Ilactenus hune terrenum honorem obtinui, et liostes pauperum'^Christi et viduarum expuli : nunc deiiiceps huic dominai meœ S. Marise, qua virtute honorem et saluteni animai rncœ obtineam, commendo. Anonvmus, VU. S. Ansfred., L c, p. 81, éd. Ven.