‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 22 sur 196 · Anonym., 1. c, p · texte numérisé non relu

Anonym., 1. c, p

5. Appropinquante carnis ejus dissolutione, vidit cruccm in fencstra, quai ibi post caligationem oculorum cjiis lacta fuit... In circuitu tiio, Domine, luinen est, quod nunquam doliciet. Chvon. Magdeb., loc. cit., p. 84.

4. Post translationcm corporis sncri, fragrantia niiri odoris pcr

L'attrait qui portait tous ces représentants de la téodalilé à renoncer à leur rang et à leur fortune, ^)our s'enrôler dans Tannée de saint Benoît, ne parut jamais plus puissant qu'au onzième siècle 43t pendant la période où Hildebrand, appuyé à la fois sur l'Ordre Monastique et sur une portion ■considérable de la noblesse féodale, entreprit de purifier et d'affranchir l'Eglise.

Quand on veut signaler quelques-uns de ceux <|ui, parmi les saints moines de ce temps, réunis- ■sent le double caractère d'une vie chevaleresque et J)rillante dans le monde, et d'une pénitence géjiéreuse et exemplaire dans le cloître, on rencon- Ire tout d'abord saint Robert, fondateur de l'abbaye et de la congrégation de la Chaise-Dieu, en saint Robert,

/i -n 1 ' • T 1 1 fondaleur

Auvergne, te nobert était un digne descendant du deia

11 n ' 11 III m • Cliaise-Djeu,

inoble comte beraud, dont on a lu plus haut 1 his- et

. . , . -1, ,w ses disciples.

Aoire. 11 était issu, lui aussi, d un comte d Aurillac, et avait pour mère la fille du comte de Ro- ■dez. Lorsque sa mère le présenta, aussitôt après sa naissance, au chevalier, son père, celui-ci baisa l'enfant avec une vive joie, et, tout content d'avoir am fils, il lui mit dans la main une grande épée, ■comme pour indiquer au nouveau-né le noble métier qui devait être un jour le sien, après avoir été celui de ses ancêtres; mais l'enfant rejeta de sa petite main l'arme meurtrière, qui tomba à

viam ultra tria milliaria veraciuin liomiuuin, sicut ipsi tostati sunt oarcs pcrfiidit et pectora. Ibid.

MOINES d'ocC. YI. 5

terre et se brisa ^ : ce fut le présage de son amour pour la vie pacifique. Arrivé à l'Age mûr, il alla étudier au Monl-Cassin les saines traditions monastiques ; puis, revenant en Auvergne, il s'associa deux anciens chevaliers de son père, avec lesquels il se fixa dans une foret glaciale, située entre l'Auvergne et le Velay, et si étendue, qu'un cheval vigoureux aurait mis plus de quatre jours à la traverser à la course'. Ils en défrichèrent une grande partie et y fondèrent la célèbre abbaye de la Chaise- Dieu, qui sembla un moment devoir rivaliser avec Cluny, et qui compta deux cent quatre-vingl -treize prieurés parmi ses dépendances, dans les diverses provinces de France, d'Espagne et d'Italie. Robert y mourut en 1067, après avoir gouverné, pendant vingt ans, trois cents moines, restauré cinquante églises, et civilisé, par sa patience et sa vertu, la population encore barbare de ces montagnes '\ Aujourd'hui, ce n'est pas sans émotion que le voyageur visite le site où le génie monastique a élevé une immense église et fait surgir toute une ville. Au milieu de bois de sapins qu'ont éclaircis des défrichements successifs et de maigres cultures créées aux environs, l'on aime à se représenter Robert, le

Page 1