‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 48 sur 196 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

15G L'é(;lise et la féodalité.

lui Iburnissaient, ainsi, la plupart de ses abbés les plus distingués \ A l'ombre de ses murs vivait un peuple entier, divisé en deux branches : la familia intus^ qui comprenait les laboureurs, les pâtres, les ouvriers de tontes les professions, et la familia foris, composée des serfs astreints à trois jours de travail par semaine. Au dixième siècle, on comptait à Saint-Gall cinq cents moines, dont cinquante-deux étaient prêtres et trente-neuf diacres ou sous-diacres; de plus, vingt étudiants ^ Tous ces religieux s'associaient à la grande famille des agriculteurs pour travailler aux champs, et la plupart, dit un narrateur contemporain, savaient pénétrer jusqu'au ciel par Thumilité, et, par la charité, s'élever au royaume éternel ^. Les religieux s'étaient surpassés dans la construction de leur église*; et, comme s'exprimait le moine historien déjà cité : « On voyait bien au nid quel genre « d'oiseaux y habitaient". »

1 Ilartmot, abbé en 852, Bernard en 885, Salomon en 890, Burkard en 959, et, de plus, le médecin et l'écolâtre Iso, mort en 871, Notker le Bègue, etc., étaient issus des races militaires ou équestres du duché d'Allemanie ou de Souabe.

2. Ildefons von Aux, Gescliickle des limitons S Gallen, I, 55, 128.

5. Non dedignenlur opus rusticura per semelipsos actitare, pensantes scriplum : humililalc pcnelralur cœlum, et caritate pervenitur ad regnum sempiternum. /^/'rt^m. Eumeniuci ad Grimoald., écrit vers 840, ap. Mabill., Veter. Analccta, p. 421, éd. in-lol.

4. Insula pictores transmiserat Augia clara. Cad. Ms. S. Gall., 597.

5. Bene in nido apparet qualos volucrcs ibi inhobitant : cerne basilicam, et cœnol)ii claustrum, etc. Ermemi. Epist. loc. cil. Saint- Gall possède encore le plan primitil'de l'abbaye et de toutes ses dé-

L'ÉCLISE ET LV KKODALITK. 157

Une nombreuse série d'iiommos cminents sortit (le ce nid. Nous citerons d'abord l'abbé Salomon, évéque de Constance, qui, ministre de Louis le Germanique et de ses quatre successeurs, gouverna trente ans la grande abbaye où il avait été élevé. Saint-Gall ensuite posséda comme deux dynasties de moines célèbres, celle des Ekkebard et celle Les Ekkehard des Notker. Ekkehard P% chef des écoles, puis lesNotker. doyen, conseiller intime de l'empereur Otton le Grand, est l'auteur d'un poëme historique sur Gauthier d'Aquitaine^; son neveu Ekkehard II, lui aussi chef des écoles, chapelain et précepteur d'Otton II, possédait l'art alors si rare de la sténographie% et il passait pour le plus beau des moines qui eussent jamais revêtu le froc de saint Benoît^ ; Ekkehard III, cousin germain du précédent, fut trente ans doyen de l'abbaye de Saint-Gall au onzième siècle, et il sut inspirer une telle affection à l'un de ses confrères, nommé Wickard, que celui-ci, en le voyant mourir, se jeta sur le corps de son

pendances, telles qu'elles existaient au neuvième siècle. Ce monument unique et inappréciable pour l'étude de l'architecture monastique a été reproduit imparfaitement par Mabillon au tome II des Ann. Tiened.; mais M. Keller l'a publié, sous forme de facsimile, dans un opuscule ad hoc, Zurich, 1844, in-4».

1. Ce pocme a péri ; il existait encore en 1155 à Pfeifcrs, en 1220 à Mûri. Ekkehard I" mourut en 973.

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