Mauill., Annal., t. 111, p
5. Voir l'exemple de saint Élliehvold, in Act. SS. 0. H., t. VII, p. 599-605, et de saint Dunstan, dont il sei-a quchtiùii plu.^ tord.
disciples se pressait autour de lui \ et sa renommée excitait au loin l'émulation de ses concurrents ^ D'ailleurs, soit que les moines transportassent au dehors le théâtre de leur enseignement scientifique, soit que les laïques de tous les rangs allassent en recueillir les trésors au sein des abbayes, le résultat était le même. Qu'on parcoure l'histoire trèsimportante du moine Richer, récemment retrouvée % ou bien les drames admirables de la religieuse Hroswitha*, et qu'on dise si ces productions des monastères du dixième siècle n'indiquent pas un développement de culture intellectuelle, tout à fait incompatible avec l'idée que l'aveugle ignorance des modernes a rendue populaire sur la 7iuit du moyen âge! Alors, du moins, le monde chrétien ne s'y trompait pas; il allait chercher, avec calme et confiance, à l'abri des abbayes bénédictines, celte forte éducation des races occidentales, qui a rendu possibles toutes les merveilles de foi, de courage, de ferveur et d'humilité, dont l'Europe a été illu-
1. Turmœ cUscipulorum, dit Richer, en parlant de l'école tenue par Herbert à Reims, 1. ill, c. 45.
2. Il faut lire le curieux récit des luttes métaphysiques entre le Saxon Otric et le Français Gerhert, devant l'empereur Otton à Pavie, et en présence de nombreux écoliers : numeriis (juoqnc scholasticorum non parvus. RiciiEn,t. III, c. 55 à 65.
5. Voir la Notice critique sur Richer par M. Guadet, dans Fédilion qu'il a donnée de cet bi.storien, t. I, p. xxn, etc. Voir surtout Richer lui-même, p. 010, 64'2, 045 de l'édition de Pertz.
4. Ils viennent d'être traduits et publiés avec un soin pieux par M. Charles Maprnin.
L'ÉGLISE Eï LA FÉODALITÉ. 155
minée, depuis le onzième sièele jusqu'au quinzième, depuis saint Grégoire VII jusqu'à Jeanne d'Arc.
iVous avons nommé Saint-Gall, et il faut bien ciandem
(le
revenir, un moment, sur ce vaste établissement l'abbaye
ûe. Sainl-Gall.
monastique, dont la splendeur rayonna au lom pendant les trois siècles qui séparent Charlemagne de Grégoire YII, et surtout à l'époque des derniers Carlovingiens. Il lui avait fallu lutter, pendant plus décent ans, pour défendre son indépendance contre les évoques de Conslance. Saint Othmar, que Cbarles Martel y avait placé comme abbé, était mort, martyr d'une cause * qui ne fut définitivement gagnée que sous Louis le Germanique, grâce aux efforts de l'abbé Hartmot^ Mais, pendant ces luttes comme après, les possessions du monastère s'accrurent graduellement, et l'on assure qu'elles arrivèrent à renfermer cent soixante mille journaux de terre % par suite des innombrables donations que lui firent les nobles et les bommes libres de la Suisse et de la Souabe. Les principaux seigneurs de ces contrées tenaient à lionneur d'être les vassaux ou tenanciers de l'illustre abbaye, à titres divers ; d'autres lui confiaient leurs enfants, et
1. Il périt dans un cachot où l'évèque Sidonius l'avait fait plonger en 759. Walafhid, Vif. S. Ot/unar. Iso, de Miracul. S. Otlim. Kati-erti. iIcCasibus S. Galli, c. 2. Vos Arx, Geschic/Ue des /iaiitoiis S. Gallen.y t. I, p. 23, 29.