‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 50 sur 196 · Il fut fait évêque en 971, et mourut en · texte numérisé non relu

Il fut fait évêque en 971, et mourut en

6. Nostnc mcmoriic hominuin doctissimus et benignissimus. Chron. Hepidanni, ad ann. 1022.

Travaux

liLtéraii'es à

itiO L'ÉGLISE ET LA FÉODALITÉ.

Psaumes, le livre de Job, et composé un commentaire d'Aristote, en langue vulgaire ^ Dans sa dernière maladie, le vieux moine convoqua les pauvres des environs à venir dîner auprès de son lit, et, ayant joui pour la dernière fois du plaisir de les voir repus, il expira au milieu d'eux ^

Sous des hommes aussi supérieurs, le travail intellectuel ne pouvait être négligé à Saint-Gall : la saint-Gaii. postérité savantc l'a pu constater en recueillant les manuscrits de leur fameuse bibliotlièque% les plus beaux, les plus exacts qui existent^ ornés des miniatures les plus délicates et transcrits par les moines, avec un soin religieux, sur un parchemin d'une finesse extrême, qu'ils préparaient eux-mêmes \ La renommée du plus célèbre de ces laborieux copistes, Sintram, était si répandue, que tous les pays situés au nord des Alpes célébraient son nom \

1. Il réussit à exprimer des abstractions philosophiques dans l'allemand encore informe de son époque ; on en voit des exemples remarquables dans les citations de Von Arx, t. I, 262 et 269. Sa traduction des Psaumes a été imprimée dans le Thésaurus de Schilter.

2. En 1022, à l'âge de soixante-seize ans. Il y eut, au treizième siècle, un sixième Notker, qualifié de doctissimus et henignissimus. AcT. SS. 0. B., t. VII, p. 13.

3. Voir les accroissements successifs de cette bibliothèque, énumérés par Ratpert et Ekkehard, de Casibus S. Cialli, passim.

4. C'est le témoignage que leur rendent Mabillon, Baluze, et autres juges compétents.

5. Ils reliaient aussi eux-mêmes leurs livres, et l'on a conservé les noms des plus hal)iles relieurs. Digby, Mores catholici, X, 242.

6. Omnis orbis cisalpinus Sintramni digilos miratur... Scriptura cui nulla, ut opinamur, par eiit ultra. Ekk., in CasiO., c. 1, p. 20.

L'ÉGLISE ET L.V FÉODALITÉ. IGl

el aussi son zèlo à ce point infatigable que chaque «rrande abbaye d'Allemagne possédait au moins un livre copié de sa main*.

Le vaste dictionnaire qui porte le nom de Vocabulaire de Salomon, et qui fut rédigé par les moines de Saint-Gall, servait d'encyclopédie littéraire et scientifique \ Le latin était leur langue habituelle et obligatoire'', et ils l'écrivaient mieux que tons leurs contemporains, ce qui ne les empêchait point de consacrer leurs soins au développement littéraire de la langue allemande. Dans les deux écoles attachées au monastère, on expliquait Cicéron , Quintilien , Horace , Térence , Juvénal , Perse, Ovide, et même Sophocle*. L'étude du grec y était cultivée autant que celle du latin, par des moines qu'on appelait les frères hellènes^. La duchesse Iledwige de Souabe avait elle-même enseigné la langue grecque à l'abbé Burkard II, pendant qu'il était enciorc enfant, et elle lui avait donné un Horace en récompense de son habileté très-grande à versifier \ Cette duchesse, à son tour,

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