Bède, Vil. abb., p. 388, éd. Giles
iTiille traits de leur vie. Ils enlreprenaienl souvent des voya«4es longs et difficiles pour se procul'er des manuscrits, ou seulement pour les consulter : nous possédons, par exemple, le curieux récit d'une excursion faite par le moine llicher, de Reims, dans la ville de Chartres, où il voulait voir les iVphorismes d'Hippocrate \ Ces livres, une fois acquis, étaient regardés comme le plus précieux trésor des monastères. Les religieux du Mont-Cassin, obligés, vers 580, d'abandonner leur abbaye à la fureur des Lombards, ne songèrent à emporter avec eux (|ue leurs livres et le texte de la Règle de leur saint Patriarche ^ Lorsque les Sarrasins arrivèrent, en î)05, à Novalese, en Piémont, le premier soin dos moines, après une courte prière à la sainte Vierge, lut de courir à la bibliothèque: là, dit la chronique", ils secliargèrent les uns les autres de manuscrits, comme de véritables bêtes de somme, et ils lesem- [lortèrent, à travers les montagnes, jusqu'à Turin • « Nos livres, » disait à ses moines Hugues, prieur de la chartreuse de Witham, «.sont nos délices et « nos richesses, en temps de paix, nos armes offen- « sives et défensives en temps de guerre, notre nour- « riture dans la faim, notre médecine dans la mala-