UiciiEn, l. IV, c. 50, p. 042, éd. Pertz
'2. Paul. Duc, De (jcsl. Lourjoh., \. iv, c. 18, ap. Muratohi, Script., t. L
5. Citée par Audin, Jlisf. de Léon X, p. 400, comme étant dans Muratori, Anliq. liai., t. III, p. 187; mais à tort sans doute, car nous "l'y avons on vain cherchée.
« (lie*. » — « Sans étude, sans livres, la vie d'un « religieux n'est rien, » disait un moine de Mûri*. Malheureusement, à une certaine époque, le prix des manuscrits devint tellement exorbitant, que les pauvres clercs se virent dans l'impossibilité d'acquérir ceux dont ils avaient besoin pour leurs études : « On n'a pas assez remarqué, » disait récemment l'ancien élève le plus savant de notre Ecole des chartes, « les services que les bibliothèques mo- « nastiques rendaient dans ces circonslances. Le « prêt des livres était considéré comme une œuvre de « miséricorde des plus méritoires % » Il faut dire que, pour s'en dispenser, quelques communautés avaient imaginé de placer sous l'anathème les ouvrages de leur bibliothèque, c'est-à-dire d'interdire, sous peine d'excommunication, les emprunts et les prêts de livres. Mais cette rigueur égoïste, si peu conforme au véritable esprit monastique, fut formellement condamnée, dès 1212, au concile de Paris, dont les Pères, en termes touchants, rappelèrent à des sentiments plus charilables certains moines un peu trop bibliophiles : « Nous fni-
i. Ilis pro deliciis et divitiis tcnipoi'c traii({uillo, liis bellico in procinctu pro lelis et armis, liis in famé pro alimonia, his in languore pro medela monachis esse memorabat. Cité par Mabillon, Réflexions sur la réponse de M. de Rancé, t. II, p. 139. — Hugues fut depuis ô\è(iue de Lincoln, et canonisé.
2. Vila omnium spiritualium hominum sine litieris niliil est. Âcla fund. Murens., p. 48, ap. IIl'uter, t. III, p. 57G.
3. Voir L. Delisle, Bibliothèque de l'Ecole des chartes, III* série, t. I, p. 225.
L'ÉGLiSi: ET LA FÉODALITÉ. 201
(( sons défense aux religieux de jurer qu'ils neprè- « teronl pas leurs livres aux pauvres, car ce prêt « est une des piincipales œuvres de miséricorde. « Nous voulons que ces livres soient divisés en deux « classes, les uns devant rester dans la maison, « pour l'usage des frères, les autres en sortir pour (( être prêtés aux pauvres, d'après l'avis de l'abbé'. />
Tous ces faits attestent le haut prix qu'on attachait à rinslruction au moyen âge. Saint Maïeul de Cluny aimait tant la lecture, que, même quand il voyageait à cheval, il avait toujours un livre à la main. Ilalinard, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, depuis archevêque de Lyon, et l'un des plus courageux champions de la liberté ecclésiastique, avail la même habitude, et l'on remarquait que les volumes qu'il lisait alors, pour se récréer^ étaient surtout ceux des philosophes anciens'.
C'est donc une erreur de prétendre que les livres Les livres
I 1 ' 1 • 1 • ' , 1 • • 11 ^^ tlicologie
«le théologie et de piete remplissaient seuls les ne remplissaient bioliollieques des moines. Uuelqucs adversaires les
I , ,. . ,, ., . bibliothèques
des ordres religieux 1 ont, il est vrai, soutenu; des
mais la preuve du contraire ressort de tous les monuments'. On possède les catalogues des princi-