‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 2)Chapitre 8 sur 196 · Moine de l'ieury et archevêque d'York · texte numérisé non relu

Moine de l'ieury et archevêque d'York

« le sais que Irop, plus il m'a été donné et plus il

« me sera demandé Je me complais quelquefois

« dans de bonnes pensées ; mais les nécessités im- « prévues de ma position m'en détournent : j'en « suis distrait tantôt par la surveillance des corvées c< rovales, tantôt par le soin des exercices milice taires, le payement des soldats, le jugement des « procès, le châtiment des criminels, et bien d'au- « très affaires où il est difficile de ne faire tort à perce sonne ^ » L'évoque calma les inquiétudes du duc en lui conseillant de fonder, en quelque endroit de ses domaines, un monastère dont les religieux prieraient pour lui^ yEthehvin adopta l'idée avec empressement ; et ainsi naquit, au milieu des marais du comté de Iluntingdon, la grande abbaye de Ramsey, que le seigneur anglo-saxon dota richement en biens-fonds, qu'il entoura toujours de la plus tendre sollicitude et où il choisit sa sépulture.

Tantôt c'était une inspiration subite et irrésistible qui dictait aux cœurs généreux des actes d'une munificence si grande et si constante. Voici, par

1. Ego enim homo sub altcrius potcstatc, super alios potestatem exercens, quem ingenuitas generis, qiiein opiim copia terrenarum, etc.. attoUit... quem etsi bonis forte juvat aliquando studiis implicari, improbus contrariœ necessitudinis non permittit accessus, ...me enim seu angariarum regalium, seu exercitationuni bellicarum... seu aliorum quorumlibet negotiorum forensium... importuna vexatio defatigal. C/iron. liâmes., lac. cit.

2. Qiionim prccihus et defectus suppleri et peccala tua possent expiari. Ibid., p. 719.

exemple, ce que raconte le comle Hugues de Champagne, à la fin d'un diplôme qui relate de nombreuses donations par lui faites à l'abbaye de Molesmes : « Nous revenions du concile de ïroyes^ Hugues, « Guillaume, comte de Nevers, et moi, et nous « allions à Molesmes pour y traiter de diverses af- « faires. Les frères vinrent, malgré nous, nous re- « cevoir processionnelle ment. A la fin de la proces- « sion, je fus, à ce que je crois, touché par Dieu ; « en présence de l'abbé dom Robert et des autres « moines encore revêtus de leurs aubes, je m'ap- « prochai de l'autel, et j'y déposai mon anneau « retiré de mon doigt, pour indiquer que je leur « faisais abandon de la moitié de la terre de Ru- « milly, que je retiendrais toutefois, ma vie duce rant, leur ayant déjà donné toute la première « moitié de ladite terre. Le comte de Nevers, le « vicomte de Damecy% le comte de Rar et autres, « me servaient de témoins"'. »

Tantôt c'était pour sanctifier leur entrée dans l'ordre de la chevalerie que les nobles faisaient ces pieuses largesses : Guillaume de Tancarville, chambellan de Normandie et petit-fils du fondateur de

i.Tenu par le cardinal légat Richard, évoque d'Albaiio, en 1104.

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