Thieliroy. albé d'Kplernacli, mort un UOG
2. Non appetuntpancii in aliuni oxstructa oriUorioiumivdificia, non
C'est grâce surluut aux moines que la pauvreté, proscrite et méprisée chez les Romains abâ(ardis, fut mise sous la sauvegarde de l'Eglise, ennoblie et placée au sommetde réclielle sociale ; c'estgrâce à eux que le paupérisme, ce fléau des temps modernes, demeura comme étouffé dans son berceau; que l'aumône devint une ressource certaine et universelle pour les pauvres, et que l'inégalité des forlunes, ce mal inséparable de toutes lesformes sociales, cessa, jusqu'à un certain point, de produire la plus triste et la plus dangereuse de ses conséquences.
On doit comprendre, d'après ce qui a été dit plus haut sur la nature des exploitations monastiques, comment la misère disparaissait des campagnes exploitées ou possédées par les moines. La permanence de travaux toujours modérés, avec des bénéfices assurés, éloignait les crises et consolidait une prospérité solidement établie. Au jour de la détresse, au sein des plus grandes calamités, la charité des abbayes ouvrait partout des asiles aux indigents. Dans les famines, dans les épidémies, c'était à la porte des monastères qu'accourait le peuple affligé, sûr d'y trouver un abri, des consolations et des secours ; car il savait que la dernière obole des
ex auro fabricatacoluiniiarum epistyiia... non ut membraiisc purpureo colore inliciantur; non ut auruni liqucscat in lilteras; non ut gcmluis codices ve^tiantur; et menibioruni Cliristi aut niininia aut nuUa diligcntia habeatur, el nudus anle loies eoiuni Cbiislus moriatur. I l'iics Epilaphii Sancl'^nnii, Luxeinb., 1010, ap. Maum-i-on, Annal. ^ 1. i Wl, II" "i.".
A mil unes
iV'f^ulières;
charités
rxiraoï'dinoiros.
moines lui apparleriail, et que de leurs plus précharitcs cieux Iresors rien ne serait épargne, quand il s agirait de soulager les membres souffrants de Jésus- Glirist. C'est ce que prouva surabondamment, pendant la grande disette de 1031, l'admirable charité de l'abbé Odilon de Cluny, vendant jusqu'au globe d'or qu'il tenait de l'empereur saint Henri, et de l'abbé Guillaume de Saint-Bénigne^ dépouillant le tombeau du saint patron de son abbaye des pierreries, des perles et des métaux précieux qui le recouvraient et qui furent employés à nourrir les affamés. Lorsdelafamine de l'an 1000, Léopic, abbé de Saint-Alban's, avait aussi fait vendre les vases sacrés et employé, pour nourrir les pauvres, tout l'argent mis en réserve, depuis longtemps, pour construire une nouvelle église : « Les fidèles du « Christ, disait-il, et surtout les pauvres, sont le c( véritable temple de Dieu, et c'est celui-là surtout « qu'il faut édifier et conserver \ » Un siècle plus tard, en 1140, année de très-mauvaise récolte, un autre abbé de Saint-Alban's, Geoffroy, se signalait par la même charité : il avait fait fabriquer, à grands frais, par le célèbre orfèvre dom Anketill, la fameuse châsse dont il a été parlé, et qui devait renfermer les reliques du premier martyr de rAngleterre. Mais, à la vue de la misère du
1. Fidèles Cliristi et maxime pauperos, Dei esse ecclesiam et templuin, cl ipsum specialiter œdificandum et conscrvaiidum. Matth., y lia abb., p. 42.
L'KGLISK ET L\ FÉODALITÉ. 501
peuple, il (il nrraclierde la chasse les plaques d'argenl avec les pierres fines qui y étaient déjà enchâssées, et il vendit le tout, afin d'acheter des vivres pour les indigents \ En 1082, au fort de la lutte entre saint Grégoire VU et Henri IV, lorsque la disette sévissait en Allemagne, plusieurs milliers de pauvres échappèrent à la mort, grâce aux charités de la seule ahbaye de Gottweih, nouvellement fondée par un des légats du pape*\
Cette charité ne brillait pas seulement dans les crises et les détresses extraordinaires : elle constituait, pour ainsi dire, la vie quotidienne des moines, dans la juste proportion des richesses de chaque abbaye. Quelques traits suffiront pour caractériser des faits qui se rencontrent à chaque page de l'histoire, et que nous mettons en lumière moins pour faire honneur aux moines que pour éclairer cerl lins esprits malieillanU parce cfu ils ne savent pas.
Que si nous examinons les chroniques des diverses abbayes, les constitutions particulières à chacune d'elles, nous y verrons l'aumône réglementée avec autant de précision que de sollicitude, et ces minutieux détails formeront comme autant de rayons de la gloire monastique.
Les règlements spéciaux que l'archevêque Lan-
i. Laminas arp^enteas scd nondum dcauratas, cum quibusdam gemmis incastonatis, fccit avclli, et omnia rcdcgit in nuniisma; et cmi exinde jus^it victiialin, ut paupcres indc sustcntarentur, famo tabcscentes. Mahh. I'.m i^ Vitœ .VA/// abba(. S. Albaii., p. 57, éd. Watls.