‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 100 sur 267 · Notus jam Romac. Guar-. Malmesd · texte numérisé non relu

Notus jam Romac. Guar-. Malmesd

2. 11 était d'ailleurs chargé d'une lettre très-menaçante de Henri, où il disait au pape que jamais, de son vivant, la dignité de la couronne frAnj,Metepre ne serait amoindrie; que, s'il y consentait Kiiniôme, les barons et le peuple ne le soulTriraient pas, qu'il ne fallait. donc pas le forcer, malgré lui, à sortir de l'obcdiencc du pape. HiiOJii'TON aj). Twvsr»' N, Hisl. anglic. script., i, p. 90L).

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« permettra jamais à ton roi de posséder ce droit

« d'investiture, dût ce refus lui coûter la tôle*! »

Les Romains applaudirent à ce discours. Quant au pape, tout en persévérant dans son refus, il crut devoir adresser au roi une lettre conciliante, où il déclarait l'exempter de l'excommunication personnelle qu'il avait encourue, mais la maintenir rigoureusement contre les évêques investis par lui \

Anselme quitta donc l'Italie, muni de lettres pontificales qui confirmaient tous les droits de sa primatie. La grande comtesse Mathilde qui, plusieurs fois, avait vivement recommandé le prélat au saintpère, escorta l'archevêque à travers les Apennins \ Arrivé à Lyon, vers Noël, Warewast, qui avait rejoint Anselme en route, lui communiqua le message dont le roi l'avait chargé pour lui dans le cas

1. Erupit et ait.... nec pro amissione regni sui passurum se perdere investituras Ecclesiarum.... Si.... rex tuus.,.. scias, ecce coram Deo dico, quia nec pro redemptione sui capitis eas illi aliquando Paschalis p:ipa impune permittet habcre.

2. A p. Eadmer, C7. Il lui disait, entre autres arguments : Dices itaque : Mei hoc jiiris est. Non utique, non est imperatorium, non est regium, sed divinum. Solius lilius est qui dicit : Ego sum ostiiim. llnde pro ipso rogote, cujus hoc munus est, ut ipsi hoc rcddas. Ipsi dimittas cujus amori etiam qnx tua sunt debes. ÎNos autem cur tuîe obniteremur voluntali, cur obsisteremus gratia^, nisi Dei in liujus negotii consensu sciremus voluntati obviare, graliam amittere.... Revoca pastorem tuum, revoca patrem tuum, etc.

3. Nos, ductu gloriosa"^ comitissœ per Alpes euntes. Eadmer, G7. Ans. Episf. IV, 442. — V.rTvy). IV, 37, où il la remercie de ce service et lui envoie ses Méditations.

LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 291 OÙ le pape n'aurait rien accordé : « Le roi, dit \Va- « rewast, verra très-volontiers votre retour en An- « glelerre, si vous voulez vivre avec lui comme vos « prédécesseurs ont vécu avec les siens. » « — Est-ce là tout? » demanda le primat. « — Je parle à un homme intelligent », répondit Guillaume. Anselme

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« — Ires-bien, j ai compris », dit Anselme ; et, chez

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des ce moment, il prit la terme resolution de rester uugues. à Lyon où son ancien ami, l'archevêque Hugues, lui offrait de nouveau le plus honorable asile \

Le primat y séjourna seize mois^ Le roi ne manqua pas de faire saisir et d'employer à son profit tous les revenus du siège de Contorbéry, et il fit parvenir à Anselme la défense écrite de rentrer en son diocèse avant d'avoir promis d'observer les anciennes coutumes. Ce nouvel exil de l'archevêque fut comme le signal d'un véritable débordement de maux en Angleterre : les rapines, les sacrilèges, l'oppression des pauvres par les barons, la violation des asiles, le rapt des vierges, les mariages in cestueux, surtout le concubinage des prêtres, tous ces désordres reprirent un libre cours et désolèrent tout le pays'. De bons catholiques s'en prenaient à

1. Ne ampliiis tlices : prudenti loquor.... Scio quid dicas et iiitelligo.

2. Il)i ut P.'tter et Domirms loci ab omnibus habitus. 5. Dc-ceuibre llOj-avril 1105.

4. Damna Ecclesiarum iia ut locus corporis et sanguinis Domiiii libcrlatem amittat.... et quodquc omnium primum malum est, ad de-

Anselme, lui rcprocliant d'avoir abandonné son troupeau et lâché pied devant une parole d'un « certain Guillaume*», tandis que ses brebis étaient sous la dent des loups. On le menaçait du jugement dernier; on lui rappelait avec amertume l'exemple d'Ambroise résistant en face à l'empereur Théodose'; on lui déclarait qu'il était responsable de la ruine et de la honte de l'Église d'Angleterre qu'il sacrifiait à des misères^.

Les moines de Canlorbéry n'étaient pas les moins ardents à se plaindre. Aucune épreuve n'était épargnée au grand archevêque, et peut-être n'en connut-il pas de plus cruelle que cetle injustice des honnêtes gens. Il lui était facile de se justifier, et il le fit avec conscience, avec énergie* : « Il « y a des gens, écrivait-il à l'un de ses moines, qui « disent que c'est moi qui interdis les investitures « au roi, que c'est moi qui laisse les Eglises en « proie à des clercs pervers, sans leur résister. « Dites-leur qu'ils mentent". Ce n'est certes pas

(Iccus honestatis noslrœ, sacerdotis uxoi'es ducere. Eadmeu, Hlst. nov , 1. IV, p. 69.

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