Ep. IV
3. Ideo minatur sine dubio se resumpturum suas investituras, quo-
du primat;
imineiisiU'
de SCS li'avaiis.
Sa mort
et sa gloire.
Le fidèle ami d'Â.nselme, Gondiilphe de Ro- L'éviVpie chester, précéda le primat dans la tombe, el ce fut dcXciicslc' ,
i 1 • 'l'i 1' i k .1 ' L ^ • précède Anselme
Anselme qui célébra ses obsèques . Atteint lui- dans la tombe.
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même, depuis plusieurs années, de maladies Ire- maladies quentes et très-douloureuses, le saint vieillard n'en persévérait pas moins dans la pratique de l'oraison et des austérités monastiques. Petit à petit il tomba dans un affaissement complet, et, au commencement de la semaine sainte de l'an 1109, il était à toute extrémité. Les souverains du moyen âge avaient coutume de tenir cour plénière à Pâques et d'y présider, couronne en tête. Le matin du jour des Rameaux, un moine dit au primat : « Père, il « nous semble que vous allez quitter le siècle pour « vous rendre à la cour pascale de votre Seigneur\ — Je le désire, répondit Anselme; cependant, je « lui serais reconnaissant, s'il voulait bien me laisc( ser encore parmi vous assez longtemps pour ter- « miner un travail que je roule dans mon esprit « sur l'origine de râme\ » Lorsque l'agonie com-
niam ille suas tenet in pace.... Rex enim noster diligenter inquirit quod de illo regc facitis. Ep. m, 182.
1. Ut monachus, non ut episcopus mori cupiens, in domum inlirmorum se defcrri jussit, ut inter monacliorum manus spiritum redderet. Madill., L lxxi, c. G9.
2. Domine Pater.... ad paschalem Domini lui curiam, relicto ?reculo, vadis. Eadm., 25.
.'î. Verum si mallct me adliuc inter vos saltem lamdiu mancro, donec quœslionem quam de animîc origine mente revolvo, absolvcro possem, gratiosus acciperem, eo quod nescio utrum aliquis eani me defuncto sit absoluturus.
rncriça, l'on coucha le moribond sur un ciliée et sur des cendres. Il y rendit le dernier soupir, entouré de ses moines, le mercredi saint 21 avril 1109, à Và'^e de 76 ans. Le dernier vœu du prélat, son regret de ne pouvoir finir une étude philosophique, ne peint-il pas au vif l'actif esprit et le ferme caractère de l'immortel philosophe? L'histoire n'offre pas un autre exemple d'un homme mêlé à des luttes si multipliées, si terribles, et restant néanmoins dévoué à des spéculations métaphysiques qui semblent exiger le repos intérieur et la calme uniformité de la Ti;.v;u.x vic extéricurc \ Au milieu de tant de luîtes etd'em-
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dAnsoinio biUTas, Ansclmc menait de front ses recherches théo-
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deniinis jouis logiqucs ct philosophiqucs ct uuc corrcspondance immensément étendue. La droiture et la simplicité de l'âme doublaient sans doute les forces de Fintelligence chez un tel homme. Sa pensée était aussi vaste que son courage indomptable. La sollicitude pour le bien des âmes individuellement ne le cédait en rien, chez lui, au zèle le plus ardent pour les grands intérêts de l'Eglise universelle. Au plus fort de tribulations de toutes sortes, Anselme dirigeait, avec la plus scrupuleuse attention, la conduite de sa sœur, de son beau-frère, de son neveu qu'il eiil le bonheur de conquérir à la vie religieuse".
1. Depuis son relour doxil, il avait composé un traité sur Taccord (lu libre arbitre avec la ^ràce, la présence divine et la prédestination.
2. Voir SCS lettres touchantes à sa famille. Ep. m, Gô, 60, 07, etc.
LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE If. 315
Avec la tendresse de cœur dont son époque possédait le secret, il ne se renfermait ni dans la sphère élrork; de la famille ni dans celle d'une Eglise j)articulière. Il gouvernait la conscience d'une foule de femmes pieuses, de moines, d'étrangers ^ Il écrivait tantôt à l'archevêque de Lund, en Danemarck, pour l'éclairer sur des points de discipline'; tantôt à l'évêque de Saint-Jacques, en Galice, pour lui promettre ses prières contre les Sarrasins " ; tantôt à l'évoque de Naumbourg, en Allemagne, pour lui reprocher de suivre, en opposition contre le saint-siége, le parti du successeur de Néron et de Julien l'Apostat*. Il intervenait auprès des rois d'Irlande et d'Ecosse dans l'intérêt du droit et des mœurs^ Il envoyait à la grande comtesse Mathilde des prières et des méditations*'; il guidait les pas de la comtesse Ida de Boulogne dans In voie de la perfection, et, chaque
1. Voir Epiai., passuii, surtout 1. m, 155, 157, 158. Dans cette dernière on trouve cette belle pensée : Vita praîsens via est. Nam quamdiu homo vivil, non facit nisi ire ; semper enim aut ascendit, aut descendit. .Aut ascendit in cœlum, aut descendit in inf'ernum.
2. Episl, IV, 90 et suppl. Ep., 10, éd. Gerberon. 5. Ep. IV, 19.
4. Ep. 111, 15i, en lui envoyant une consultation sur la différence entre l'Église lomaine et TÉglise grecque. Cet évêque de Naumbourg est le même Valéran dont nous avons vu plus liant le plaidoyer impérialiste, adressé au comte Louis de Thuringe. Il se convertit et devint secrétaire du collège des cardinaux : il en fit part à Anselme, qui le félicita, en lui envoyant un second opuscule.
Ti. Ep.Ul, 152,142, 147.
(3. Vid. supra.
jour, disait-il, il la conlcmplait en souvenir^ Au nord, il recommandait au comte des îles Orcadcs le soin des âmes de ses sujets "; au midi, il prêchait au marquis Humbert le respect des droits maternels de l'Église '\ Il félicitait le comte Robert de Flandre d'avoir renoncé spontanément aux investitures, et de s'être ainsi mis à part de ceux qui, désobéissant au vicaire de Pierre, ne pouvaient compter dans le troupeau que Dieu lui avait coni\é. « Que ceux-là cherchent, disait-il, quelque au- « tre porte du ciel, car ils n'entreront certaine- « ment pas par celle dont l'apôtre saint Pierre tient « les clefs *. » Puis, franchissant les mers, la pensée du pontife allait saluer la nouvelle royauté chrétienne, qui s'élevait près du saint sépulcre affranchi, et rappeler au roi Baudouin de Jérusalem celle vérité trop oubliée : « Dieu n'aime rien plus au « monde que la liberté de son Eglise ! Il ne veut « point d'une servante pour épouse ^ » Ces paroles étaient en quelque sorte la devise du grand moine qui a été regardé, pendant sa vie, comme la fleur des
î. Cliarissima, vos salutat mca epistola, sed quotidie vos aspicit liiea memoria. Ep. III, 5C. — V. en outie, 1. ii, 24, 27; l. m, 18, 5G. 2. Ep. IV, 92.