‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 107 sur 267 · Ep. III, 110; IV · texte numérisé non relu

Ep. III, 110; IV

5. Eadm., 78. Vers cette même époque, il introduisit à Meulan des moines du Rec. Mabill.; Ann., 1. lxx, c. 9.

4. De Rediieris ? Anselme, dans sa lettro à Pascal, leur rend à tous deux le même témoignage.

5. Astante multitudine. Eadm., 70. Pi.tk, Blés , incontln. Ingili'hi, p.l2G.

G. Ut ab eo' tempore in reliquum nunquam per dationem baculi pastoralis vel annuli quisquam episeopatu vel abbalia per regem vcl quamlibet. laicam manuni invesliretur in Anglia. Eadm., 70.

7. On voit, par plusieurs exemples (Eadm., 70), que les nouveaux évêque;- pivtaunt lionnnage au primat comme au roi.

menls, et d'après l'avis d'Anselme et des barons, aux églises d'Angleterre, restées vacantes et à plusieurs de celles de la Normandie, qui se trouvaient dans le même cas. Anselme sacra en un jour cinq évéques parmi lesquels se trouvaient Guillaume de Winchesler et Remelin de Hercford, qui, comme lui et à cause de lui, avaient subi la disgrâce et l'exil, pour avoir fait opposition aux volontés du roi.

Ainsi donc le vieux moine avait vaincu. La vieille brebis, comme il disait de lui-même, avait Uni par l'emporter sur les taureaux indomptés attelés avec elle à la charrue du gouvernement de l'AngleleiTe. Le roi Roux et le roi Beauclerc avaient en vain dressé contre le primat toutes les batteries de la violence et de la politique. Le vieux moine, sans reculer d'un pas, avait survécu à l'un et amené l'autre à composition.

Belliqueux barons, clercs rusés, plaideurs infatigables, évêques serviles et prévaricateurs, tous avaient échoué, comme les rois dont ils étaient les dociles instruments. Il avait fallu se décider à déposer les armes de Guillaume le Conquérant aux pieds du religieux étranger qui, jeune encore, avait su, par sa seule présence, contenir le prince normand. Quatorze années de luttes, de persécutions, d'exil, de spoliations, d'intrigues, de mensonges, de bassesses et de cruautés, n'avaient point épuisé l'héroïque vieillard : il avait tout enduré, à peine

appuyé par les conseillers du pape, trahi par ses collègues dans l'épiscopat, sans qu'une seule ibis aucune épée eût été tirée pour sa défense. Il faut dire que celle question en lilige, bien que sérieuse, était si peu claire que la sagesse moderne a osé la déclarer presque aussi puérile qu'inintelligible.

Au dernier jour de la bataille, Anselme disait encore, tout comme au début de la lutte : « J'aime « mieux mourir, ou croupir tant que je vivrai, « dans l'exil et la misère, quedevoirsouiller l'hon- (( neur de l'Église de Dieu pour ma cause et par « mon exemple\ » La victoire resta, comme c'était justice, à l'archevêque de Cantorbéry, sinon complète, du moins éclatante, considérable % populaire.

1. Malo mori et quandiu vivain oinui penui'ia iii cxilio gravari quam ut videamhonestatem Ecclesiœ Doi, causa mci aut meo exemplo, ullo modoviolari. Recommandation donnée à son agent à Rome en 1100. EiK iv, 48.

2. Telle était, du moins, l'opinion d'Eadmer, esprit très-peu porté à la concession {Victoriam de libertate Eccleslœ, pro qua din faboraverat, Anschnus adeptus est, p. 2Ô), et du cardinal Hugues de Lyon, le plus zélé champion de l'Église et l'inj^trument dévoué de Gréo-oire VII : Comperioquod illud propter quod asscquendum tantopcre liactenus laborastis.... per Dei gratiam jam tandem ex mogna parle assecuti estis. Ad A\s. Ep. m, l'2i. Il le supplie de ne pas tenir ferme sur les questions de l'hommage. L'historien gallican i^aint-Marc cit : « Pascal, dans sa lettre, n'accordait pas au roi le droit d'obliger les évoques et. les abbés à lui rendre hommage de leurs fiefs : il conseille seulement à rarchevc(pie de ne pas consacrer ceux qui se trouveraient avoir rendu cet hommage, et le charge de persuader au roi de ne le plus exiger. Par là, le décret d'Urbain II subsistait sans atteinte.... Ainsi Rome parut, dans cet accommodement, consentira reculer, et ne recula point cependant. » llhl. d^Ilalie, t. IV, p. 00'.».

LKS PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 509 Le fait seul d'une pareille lutte et sa durée devait l;>

être pour 1 hglise un véritable triomphe : enetlel, d'Anselme elle était glorifiée non-seulement parce que le traité le despotisme de Londres était le premier exemple, depuis le com- ^st imo^sionc* mencement de la lutte entamée par Grégoire YII, vv.^\\L. d'une concession faite par un adversaire vaincu; non-seulement parce que le plus puissant des rois de l'Europe renonçait aux symboles dont ne voulait pas se départir l'empereur d'Allemagne; nonseulement parce que les évoques prévaricateurs étaient réduits à implorer l'absolution, et les évèques fidèles admis à recevoir la consécration des mains du plus fidèle des champions du saint-siége; mais elle triompliait, surtout, par la leçon que donnaient au monde contemporain, pour être léguée à la postérité catholique, l'héroïque patience, l'invincible douceur, l'indomptable énergie d'un pauvre moine d'Italie, qui, abbé en Normandie, puis primat en Angleterre, avait rempli tout l'Occident de l'éclat de sa gloire et du renom de son courage. Sans doute, même après l'abandon des investitures, l'influence de la couronne sur les élections resta prépondérante; mais il était impossible que cet abandon même ne rendît pas à la fois aux chapitres et aux monastères le sentiment de leurs droits, aux rois la conscience de la terrible responsabilité qui pesait sur eux\

1. «Inpersonis eligendis nullalenus proitria ulitiir voloiitale, scd religiosorum se pcnilus comniittit consilio », écrivait Anselme au pape

Anselme ne survécut que peu de temps au concile de Londres. Il consacra le reste de sa vie à guérir les plaies faites au pays pendant la lutte de l'Église et de la couronne. Il s'associa aux mesures prises par le roi pour réprimer les faux monnayeurs ainsi que les odieuses oppressions dont les agents royaux accablaient le peuple. Le roi l'appuya énergiquement dans ses résolutions pour la réforme de la discipline, le rétablissement du célibat et le maintien des droits de la primatie de Cantorbéry, méconnus par la métropole d'York ^ Pendant ses absences d'Angleterre, Henri confiait à Anselme le gouvernement du royaume et de sa famille ^ Par l'une de ses dernières lettres l'archevêque prévenait le pape Pascal que le roi d'Angleterre s'étonnait de ne pas voir le chef de l'Église excommunier le souverain de l'Allemagne, au sujet des investitures maintenues dans l'empire. L'archevêque, à ce propos, conseillait au souverain pontife de ne pas détruire d'un côté ee qu'il avait édifié de l'autre".

en 1108. Ep. III, 181. Rex antccessorum suorum usu rclicto, nec personas quœ in rcgimen Ecclcsiarum sumebantur per se elegit, nec, etc. Eadm., VU. Aiisclm.,'îo. Electiones prœlatorum omnibus collegiis libère concessit. Petr. Blesens, in confiii. Ingulph., p. 126. M. Franck et même le docteur Lingard prétendent qu'il n'y eut aucun clianj-ement essentiel. Le Brilish critic a victorieusement réfuté cette assertion, t. 32, p. 122,20. ^"ous renvoyons une dernière fois à ce recueil comme la meilleure appréciation que nous connaissions des résultats de celte lutte.

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