Fl.EUBY, 1. LXV, c
5. Si dominas coines istc sui reyis, utiii'ic terreni, mandata.... Paveant igitur et fu^Maiit mercciiarii ad adventum lupi, maneant hic nobiscum qui suiit boni et veri pastores.... Ihid.
Puis, tendant le cou : « Frappe, si tu l'oses, dit-il, « je suis prêta mourir pour la vérité ^ »
Le duc Guillaume vivait en un temps où le courage d'un prêtre était compris et où « quelque « lumière venait toujours d'en haut »; il se reconnut donc vaincu, et sortit à la hâte de l'église pour ne pas assister à l'excommunication de son suzerain \ Le légat reprit alors la parole et dit aux Pères : « Ne craignez point les menaces du prince, car « son cœur est entre les mains de Dieu, qui ne « permettra pas qu'on sévisse contre aucun de « vous rassemblés ici en son nom. D'ailleurs, sachez « que nous avons pour appui, dans cette lutte, le « B. Ililaire, patron de la ville. Cette nuit même, « le saint m'est apparu, et il m'a annoncé qu'il com- « battrait avec nous et que nous triompherions^. » Ces paroles ramenèrent la paix et la confiance; on apporta des cierges allumés, pour les éteindre au moment où serait prononcée la sentence d'excommunication, qui fut promulguée, sans autre opposition, contre le roi et contre Berti'ade. Mais la démarche du duc avait excité les esprits contre le concile : la foule s'était amassée et le tumulte augmentait toujours. Au milieu des acclama-
1. Conversas ad coinitem, voce clara ait : B. Joannes.... et ego no.i refui,'io me propter hoc decollari, si volueris ; et extenJens collum : Pei-cute, inquit, si audes, quia prœsto sum.... Ihid.
2. Ocius conciliàim exit, ne rcyein audiret excommiinicari. Ibid. 7). Ilabemus nobiscum in hoc coadictu praesentein et socium B. Ili-
liiiiLim.... sicut ipse milii dixit he;terna nocte. lOid.
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lions par lesquelles se terminent de pareilles assemblées, un homme du peuple, qui se tenait aux galeries supérieures de l'église, lança contre les cardinaux-légats une pierre qui ne les atteignit point, mais qui alla casser latctc à un clerc de leur suite. La vue du sang versé dans l'église augmenta l'excitation et le tumulte. Alors, les deux légats, ôtant leurs mitres, restèrent tète nue afin de montrer qu'ils ne craignaient ni les pierres qu'on pourrait encore leur lancer, ni la mort sous quelque forme qu'elle leur vînt^ Tant de calme et de courage finirent par désarmer les fureurs de la foule, et bientôt on vit le duc lui-même venir confesser iicponiii sa faute. Prosterné devant les cardinaux, il leur
et pénitence . p • i i
du duc demanda pardon, et jura de ne plus eniremdre la
«l'Aquitaine. . i iii' t ^ ii • ^ r? '
liberté de 1 Jiglise a 1 avenir\ L année suivante, en effet, il partit pour la croisade où se rendait aussi Eudes, ce duc de Bourgogne que le regard de saint Anselme avait arrêté dans sa violence, vaincu dans sa révolte contre les lois divines, et poussé vers la croisade, comme le duc d'Aquitaine, par l'irrésistible ascendant du génie catholique.
Quant au roi Philippe, la terrible sentence produisit sur lui l'effet accoutumé; elle lui fit com-
1. Mancnt cohimnrc Chrisli immobiles, mortem intrcpidi aperientcs, et ad saxa ■\olanlia, mitris ablalis, capiia nuda rclegentes. IIigo Flavin. Citron. Vlrdiin., Scr. ver. Franc, t. XIll, p. 6'2ti.
2. Proslralus in terra coram cardinalibus, culpam confitebatur et veniam postulabat.... se talia non commissurum cum juramentopollicitur. Appcnd. ad Vit. S. Ililar., 1. c.
LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE II. 525 prendre qu'il ne comptait plus clans l'Église. Étant venu peu après à Sens, avec Bertralde, toutes les églises se fermèrent pendant les quinze jours qu'ils y passèrent. Bertrade, irritée, envoya briser la porte d'une des chapelles où la messe devait être dite par un prêtre qui avait eu la lâcheté d'obéir ^ Philippe furieux, fit publier qu'il irait à Rome, et qu'il saurait bien obtenir du pape l'absolution de la sentence dont les légats l'avaient frappé, comme cela s'était déjà fait sous Urbain II. Mais Yves de Chartres crut devoir prévenir le pape de ce qui se tramait : « Soit qu'il vienne, soit qu'il en- « voie, écrivit-il à Pascal, ayez soin, pour vous et « pour nous, de le serrer ferme sous les chaînes « et les clefs de saint Pierre^ Que si, après avoir (( été absous, il retournait à son vomissement, « comme cela lui est arrivé déjà, que tout de suite « il soit renfermé sous les mêmes clefs, lié par les « mêmes chaînes, et qu'il en soit donné connais- « sance, par des lettres de votre main, à toutes les « Églises. C'estainsiseulementque vous échapperez « à la dent des critiques, et que vous satisferez à « la justice. Mais si, par hasard, Dieu ramenait son « cœur au repentir, souvenez-vous de nous qui « avons porté le poids du jour et de la chaleur, « et faites-nous part de la consolation, puisque