‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 113 sur 267 · Flelrt, 1. i.iy, c · texte numérisé non relu

Flelrt, 1. i.iy, c

2. Cavete et iiobis et vobis ut semper clavibus et catenis Pétri fortiter leneatur. Ivox., Episl. CIY.

« nous avons eu une si grande part à la tribu- « lation*. »

Philippe ne mit point sa menace à exécution; mais, vers le même temps, Yves dut s'élever contre un nouveau scandale du fait de ce prince. L'Eglise de Beauvais étant devenue vacante, on v avait élu pour évoque, à la recommandation du roi et de Bertrade\ un clerc de grande naissance, Etienne de Garlande, qui était fils du sénéchal de France, et autrefois avait été chassé de l'Église par l'archevêque de Lyon, par suite d'un adultère public. Yves, plein d'une tendre sollicitude pour l'Eglise de Beauvais, dont il était sorti, dénonça aux légats Jean et Benoît, puis au pape lui-même, cette élection scandaleuse ^ Elle fut cassée à Bome, et la partie saine du chapitre, de l'avis des seigneurs du diocèse, élut, avec le consentement du peuple, un religieux nomméGalon, de naissance obscure, mais qui, outre qu'il était très-instruit et le disciple d'Yves, menait la vie la plus exemplaire*. Les autres chanoines, gagnés par les présents de Garlande, protestèrent

1. Si forte absolutus fuerit, et ad vomiluin revcrsus.... e vcsligio eisdem clavibus rccludatur, eisdcm cateiiis religctur. Ibid.

'i. Voluntate régis et illius coiiLubernalis suœ. Iv. Ej). 87.

5. Ep. 87, 80, 9i, 95. On voit qu'Yves, tout en combattant l'élection d'Etienne de Garlande, avait eu la faiblesse de lui accorder une lettre de recommandation pour le pape, lettre assez équivoque, mais que le pape lui reprocha avec raison.

4. Consilio optimatum diœcesis sui\) et laude populi. Ep. 10 i. — Quemdam religiosum. Ep. 89.

contre rélection et dénoncèrenl Galon au roi comme un élève d'Yves de Chartres et une créature du pape. Philippe et le jeune roi Louis* jurèrent que jamais ils ne le reconnaîtraient pour évéque de Beauvais : « Si un tel serment, écrivait Yves au Énergie

, M • • •! indomptable

« pape, pouvait annuler une élection canonique, il de

. . YvesdeChartre-,.

« n y aurait plus désormais en rrance d autre elec- (( tion que des intrusions par violence ou par sice monie". » L'évéque pritdoncavecchaleur le parti de Galon, tant auprès du souverain pontife que de rarchevé({ue de Reims, et, se justifiant des objections qu'on faisait contre l'humble naissance de son protégé, « s'il plaît à Dieu, dit-il, de choisir, « selon son usage, les humbles et les faibles pour « confondre les forts, qui osera lui résister? David c( n'était-il pas berger avant d'être roi, et Pierre pé- « cheur avant d'être prince des apôtres? Dieu tire « sans cesse les pauvres de la poussière et les place au « faîte des grandeurs, pour montrer qu'il n'a souci « ni de la puissance ni de la sagesse d*ici-bas\ » Saint Anselme écrivit aussi à Pascal* en faveur de l'élu de Beauvais, qui, tenu éloigné de son diocèse par l'obstination du roi, alla chercher à Rome l'asile que devait lui garantir l'affectueuse protection

1. En rapprochant les deux ép. 105 et 144 d'Yves, on voit que le même serment fut fait par les deux rois.

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