‹ Les Moines d'occident depuis Benoit jusqu' à saint Bernard (volume 3)Chapitre 130 sur 267 · Ste.ntzel, I · texte numérisé non relu

Ste.ntzel, I

qu'un accommodement ne leur fît perdre leurs sièges.

Cependant le succès de la première croisade et la délivrance du saint sépulcre ayant retenti en Allemagne, l'on vit le duc Welf de Bavière, repentant d'avoir fait défection au parti de l'Eglise, prendre la croix et s'en aller, de concert avec Thiémon, l'archevêque orthodoxe de Salzbourg, chercher la mort en Orienta Les chevaliers Lc désir dc s'associcr à la croisade et de ne

épi^o'îîvent pas rester en arrière de tous les autres peupmidrepari plcs catholiqucs, uc tarda point à enflammer

la croisade. 1^ clievalcrie allemande. L'empereur, voulant assurer sa domination sur les esprits, annonça luimême l'intention de se croiser, et il en fit la déclaration publique, à la diète de Mayence, pendant la grand'messe de NoëP. Il y proclama, à cette fin, la trêve de Dieu et une paix générale pendant quatre années. Il conquit ainsi tous les cœurs". Mais lorsqu'on le vit différer sans cesse l'exécution de sa promesse, et puis s'y refuser complètement, l'indignation des princes éclata de nouveau. C'était

1. Après la destruction de l'armée allemande en Asie mineure, Welf mourut dans l'île de Chypre, et Thiémon périt sous le fer des Sarrasins.

2. Noël M02. Il écrivit en même temps une lettre sur ce sujet à son parrain, l'abbé Hugues de Cluny, lettre d'apparat, qui, selon Liiden, ne pouvait tromper personne.

3. Inde favorem magnum tam vulgi quam principum et clericorum fallendo adquisivit. Ann. Saxo., 1105.

toujours le môme Henri, expert dans le mensonge, et d'une mauvaise foi incul•able^

Le zèle du parti catholique put alors se ranimer. Le concile, auquel Henri avait faussement promis de se rendre, pour y faire juger sa cause canoniquement, se tint à Rome, à la fin du carême de 1102. Au milieu dé tous les évoques d'Italie, et en présence des envoyés de la plupart des évêques d'au delà des monts, Pascal renouvela l'anathème prononcé déjà par ses prédécesseurs Grégoire et Urbain, contre le prince qui avait déchiré et souillé l'Eglise par ses rapines, ses parjures et ses homicides ^ Le pape fulmina la sentence, de sa propre bouche, le jeudi saint, dans l'église du Latran, devant une assistance immense de diverses nations, afin que la nouvelle en fût portée et tenue pour avérée au delà des Alpes. La grande comtesse Malhilde, toujours inébranlable dans son dévouement à la sainte faiblesse de l'Église, renouvela, en cette même année, àCanosse, entre les mains du cardinal Bernard, abbé de Yallombreuse et légat du saint-siége, la donation solennelle de tous les biens, présents et futurs, qu'elle avait déjà faite

1. Proinde secum ficta (ide versabantur et adversus eum conspirabanl : en quod omncs principes rcgni decipicbat, etc., et nil rerum verilatis in republica fieret.

2. Quia, inquit, tunicam Christi scindere, id est Ecclesiam rapinis et incendiis, luxnriis, perjuriis atque homicidiis non cessavit. Récit <ïun lémoin oculaire, revenu de la croisade à Rome, et inséré d;ms Chron. Ursperg., ad ann. 1102.

Robert II,

comte de Flandre,

à saint Grégoire VII et dont elle ne voulait plus jouir que comme feudataire de l'Eglise ^ Un nouvel et précieux auxiliaire du saint-siége se montra, en môme temps, dans les provinces belges. Robert II, comte de Flandre % avait commencé par être hostile aux immunités ecclésiastiques;

accomplit . . , . . . , 'p •.

de tels exploits mais, ayant pris la croix en expiation de ses metaits,

on Palestine, .,,,.,.. , . , . ,

que il s était distingue parmi les croises par sa cons-

les Sarrasins „ , i • i i • •

le prennent tancc ct sa sagcssc. Kobcrt accomplit des exploits si

pour . 1 n • 1

saint Georges, prodigicux quc Ics ôarrasius le prenaient pour saint Georges, ce patron de la chevalerie qu'ils entendaient toujours invoquer par les chrétiens. Revenu de la croisade, après la prise de Jérusalem, le comte se déclara le champion de la liberté de l'Eglise contre les schismatiques et les intrus. Il renonça volontairement aux investitures qu'il accordait; il cssava de rétablir le droit dans l'Efilise de Cambrai, dont l'évéque intrus Gaucher, avait été déposé par Urbain II au concile de Glermont, mais où le schisme impérialiste s'était depuis longtemps enraciné. Il s'allia, dans ce but, avec les bourgeois de Cambrai, amenés à établir l'indépendance de leur commune en expulsant leur évêque".

1. Le texte de l'acte se trouve dans Muratori, t. V, p. 384, après le poëme de Donnizo et Leidnitz, Scr. Brunsw., I, 087, et Saint-Marc, niai. iVltaUe, t. IV, p. 1^280.

Mathilde fit, vers la même époque, de nombreuses donations aux abbayes de Yallombreuse, Polirone, etc. Y. Mabillon, Aiin., t. Y, passim.

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