Fils de Robert II le Frison, devint comte en
3- AiGL'STiN îiHKRRY, Lvllres sur Vhistoirc de France, lettre XIV, p.
L'empereur, assisté on ne sait trop pourquoi, du comte Hugues de Troyes, marcha au secours de sa créature assiégée dans Cambrai et força le comte de- Flandre à la retraite. Mais il dut lui-même se retirer devant la rigueur de l'hiver. Le pope Pascal félicita Robert de son zèle: « Béni soit le Seigneur, dit-il, « de ce qu'après votre retour de la Jérusalem de « Syrie, vous marchiez vers la céleste Jérusalem « par les œuvres d'une vraie chevalerie, car il est (( d'un vrai chevalier de poursuivre vigoureuse- « ment les ennemis de son roi. » Puis, exhortant le comte à agir contre le clergé excommunié de Liège avec l'énei'gie qu'il avait déployée contre celui de Cambrai, mais surtout à poursuivre partout et avec toutes ses forces le chef des hérétiques, le pontife ajoutait : « Tu ne pourras offrir à Dieu un « sacrifice plus agréable que de combattre cc- « lui qui s'est élevé contre Dieu, qui s'efforce d'en- « lever à l'Eglise sa couronne, qui a érigé dans « le lieu saint l'idole de la simonie, et qui s'est « vu chasser de l'Eglise par les serviteurs de « Dieu, par les saints apôtres et leurs vicaires. Nous « vous ordonnons cela, à vous tous, chevaliers, « pour la rémission de vos péchés, et afin de vous « conduire, par ces labeurs et ces triomphes, à la (( céleste Jérusalem ^ » Anselme de Canlorbéry
262. Cet auteur ne voit dans rentreprise du comte Robert que le désir de s'agraniiir aux dépens de la puissance impériale.
\. Qui revcrsus llicrusalem Syriie, in cœlestcm llierusaleiu justis
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354 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE IL adressait aussi, vers le même temps, au comte Robert des éloges et des encouragements : « Vous donnez aux « autres princes, disait-il, le bon exemple et vous « invitez par là tous les serviteurs de Dieu à prier « pour vous... Je suis le féal de votre âme et je « vous en conjure, ô mon ami bien-aimé dans le « Seigneur, ne croyez jamais que vous puissiez « amoindrir votre dignité en aimant et en défen- « dant la liberté de l'Église, épouse de Dieu et « votre mère ; ne croyez jamais que vous puis- « siez vous humilier en l'exaltant, ou vous affaic( blir en la fortifiante » Robert, qui recevait ces exhortations d'un pape et d'un primat sortis tous deux des rangs monastiques, savait bien que l'Eglise pouvait opposer à ses ennemis une force encore plus sûre que l'épée des chevaliers catho-
militise operibiis ire con tendis, hoc est legitimi militis.... Ubique cum potueris Ileni icum hœreticorum caput, et ejus fautorcs pro viribiis pcrsequaris. Nullum profecto gratins Deo sacrificium offerre poteris, quam si enm impugnes, qui.... hoc tibi et militibus tuis in peccatorum remissioneni et apostolicam familiaritatem prœcipimus. Lettre du 21 janvier 1103. Nous parlerons phis tard de la réponse que les Liégeois publi^i'ent contre cette lettre pontificale.
1 . Precor, obsccro, moneo, ut iidelis animœ vestrœ, ut nunquani œstimetis vestrœ cclsitudinis inimici dignilatem si sponsœ Dei et matris vestrœ Ecclesiœ aniatis et defenditis liberlatem; nec putetis vos humiliari, etc.... S. Anselm., Ep. IV, 13.
La suite de cette lettre semblerait indiquer qu'elle a été écrite après la catastrophe de l'empereur Henri : Yidcte, circumspicitc, exempla sunt in promplu, consideratc principes qui illam impiignant et conculcant, ad quid pi^pliciunt, ad quid deveniunt ? Satis patet : non egetdictu.
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liqiics, c'est-à-dire la régularité et la ferveur des monastères. Là, mais surtout dans les anciennes provinces austrasiennes, en Belgique et en Lorraine, se maintenait, comme sous Grégoire Yll, un ardent foyer de résistance au schisme et à l'oppression laïque. De là s'élevaient, de temps à autre, des paroles d'adhésion au souverain pontife, comme celles d'Udalric, abbé de Saint-Michel-sur-Meuse, lequel, au milieu delà défection générale qui signala, en Allemagne, les dernières années d'Urbain II, écrivait au pontife: « Tout ce que tu aimes, nous ueiiespaioios « l'aimons, tout ce que tu rejettes, nous le reje- rabbé udahic (( tons, tout ce que tu souffres pour le Christ nous urbainTi. (( le souffrons avec toi. Nous avons peu d'amis c( dans ce pays, car la peur du tyran a fait aller « à sa communion ceux qui naguère t'obéissaient. « Mais nous savons que tu as la parole de vie, « et avec toi nous ne redoiitons ni de vivre rudece ment ici-bas, ni de mourir glorieusement \ » Robert de Flandre voyait grandir auprès de lui la noble et illustre abbaye de Saint-Bertin réformée par les soins de l'abbé Lambert. Or, ce dernier, n'ayant trouvé que douze moines dégénérés dans son monastère, élait allé en demander douze autres à Cluny et kiire profes.sion de soumission entre les mains du saint patriache Iliigues, puis de retour, il avait bien-
1. Tccum In loira laboriose vivere, vuègloriosemori non abliorroijius. Baluz. Miscel., t. IV, p. 4J2.
tôt compté cent cinquante religieux vivant sous sa crosse. La bienfaisante influence de Clunyet de son saint patriarche Hugues produisit le même changement heureux à Saint-Remy de Reims, à Saint-Médard de Soissons, à Anchin, à Afflighem, et dans une foule d'autres maisons du nord de la France et de la Flandre \ A Afflighem, en Rrabant, Tabbé Fulgence gouvernait deux cent trente moines et religieuses avec autant de sainteté que de sollicitude \ La grande abbaye de Saint-Martin de Tournay avait été restaurée de fond en comble et placée au premier rang des maisons les plus régulières' par Eudes ou Odon d'Orléans, savant professeur fort célèbre d'abord dans le siècle, puis converti par la lecture de saint Augustin. Lorsque, plus tard, après avoir fait de nombreux prosélytes dans la noblesse flamande, il voulut se retirer dans une solitude plus profonde encore, tout le Tournésis se souleva pour s'opposer à ce projet ; et soixante mille hommes allèrent au-devant de lui pour fêter son retour. Ce fut à lui que le comte Robert demanda des disciples pour réformer Saint-Yast d'Arras, Saint-Pierre de
1. Per Dci gratiam vix jam invenilur in Francia vcl Flandria aliquod cœnobium in quo non videas Cluniacenses consuetudincs scrvari. IkiiMANN., De inst. S. Mort. Tornac. m Spicil., t. XII, p. 445.