Antiqui optimates. Order. Vit., 1. vni, p
soieries et de leurs fourrures. Les plus grands seigneurs, et le roi lui-même, n'en estimaient que davantage le saint homme^ Comptant sur cette indulgence, le hardi prédicateur ne craignit pas de se présenter, avant la bataille de Tinchebray, comme médiateur entre les deux frères ennemis, le roi Henri et le duc Robert, qu'il ne put toutefois réussir à réconcilier^
Quelque fécondes et populaires que fussent les nouvelles fondations, l'éclat de Cluny ne palissait pas devant elles. Trente-cinq abbayes du premier ordre recevaient ses lois et lui étaient complètement soumises^ ; onze autres, les principales de la France, comme Yézelay, Moissac, Saint-Gilles, avaient accepté ses coutumes, sans entrer dans les liens de sujétion qu'elle maintenait si serrés, comme l'atteste le soulèvement de Saint-Cyprien contre elle*. C'est là
1. Fortitudine et facundia praeditus et ad proferendum quicquid volebat animosus : non parcens in populari sermone infimis nec potentibus.... annuntians populo Christiano scelera corum. Reges igilur ducesque reverebantur eum. Plures turbse manicabant ut audirent verba ejus, quœ postmodum auditis ab illo latenter olim actis facinoribus, lugubres et confusœ redibant.... Omnis ordo intrinsecus pungebat ejus veridicis allegationibus. Omnis plebs contremiscebat coram illo.... Sic nimirum superbos athletas et indomitos vulgi cœtus plerumque comprimcbat, atque locupletes heras sericis vestibus et canusinis pellibus délicate indutas trepidare cogebat, dum vcrbo Dei gladio in scelera saeviret, pollutasque conscientias.... grandissimoque divinje animadversionis tonitru terreret. Id., 1. XI, p. 820.
'2. Audacter interdixit ne cerlarent cominus. Ibid.
.">. rrsecipua nionasteria, d'après la première bulle de Pascal II, en 10î>9.
4. Huelques années plus tard, en 1112, l'abbé Lambert de Saint-
que venaient de préférence se réfugier les puissants (lu siècle et de l'Eglise, quand Dieu touchait leurs cœurs : c'est là qu'un comte de Bourges, après avoir engagé au roi Philippe son comté, pour subvenir aux frais de la croisade, s'arrêtait à son retour de la guerre sainte et d'une affreuse captivité. Le brave chevalier se fit moine à Gluny, d'après le conseil du pape*, mais lui n'hésita point à détourner Hildebert, évéque du Mans, le digne rival d'Yves de Chartres par la science et la sainteté, du projet qu'il avait conçu d'abdiquer sa dignité, pour se réfugier à Cluny, où il espérait échapper aux vexations des rois normands et des comtes du Mans^
Peu de temps après avoir donné l'hospitalité au troisième des moines de Cluny appelés par la Providence à monter sur le trône de saint Pierre^, le
Berlin, qui avait introduit dans son abbaye la réforme de Cluny, alla demander à Rome une sauvegarde contre l'abbé Pons de Cluny, qui préfendait, en sa qualité de père spirituel, y venir avec un cortège de cent mules et y célébrer la Pâque tanquam in proprio. Mabill,, Ann., 1. Lxxii, c. 44.