C/iron. L'aa«m., IV
2. Ipsos enim Dei martyres jam in cœlcstibus positos ici terribiiiter jussissc, scilicet ut sceleratorum cadavcra de suis basilicis ejicerentur. Jbifl.
parles Normands ^ Le lendemain 12, dimanche de la Quinqnagésime, IJenri, ainsi qu'il avait été convenu entre les négociateurs, entra dans la ville, où il futreçuavec la pompe la plus triomphale et, ayant trouvé le pape sur les marches de Saint-Pierre \ il se prosterna, lui baisa les pieds et lui servit d'écuyer pour descendre de sa monture^; puis, après s'être embrassés trois fois sur la bouche, sur les yeux et le front, ils s'avancèrent ensemble, au milieu des acclamations du peuple, vers la porte d'argent. Là, Henri prêta le serment de protéger l'Eglise romaine en qualité d'empereur, et le pape le qualifia de la sorte, en l'embrassant encore pendant qu'un évêque lisait la première oraison de l'office du sacre \
1. Csesar, obsidibus datis vicissimque receptis, jurejurando firmavit de Apostolici ipsius vita, de honore, de membris, de mala captione, de regalibus et patrimoniis B. Pétri, et nomiiiatim de Apulia, Calabria, et Sicilia, Capuanoque principatu.... IbicL, c. 39.
2. Saxo dit qu'il y renouvela pour la troisième fois son serment : In porticu vero manu propria imperatoris et optimatum triplicatur juramentum (1. c). — Pour abréger, nous omettons les détails curieux de la pompe extraordinaire avec laquelle Henri fut reçu à Rome (F. Act. Sutr., ap. Baron., 1. c), et la contestation sanglante qui éclata entre ses soldats et le peuple romain, avant son arrivée à Saint- Pierre, qu'il qualifie de trahison, mais dont il fit fort peu de cas : « Ego tamen quasi pro levi causa non motus. » Epist. Henr. ad Parm., 1. c.
3. Ad cujus vesligia cum rex corruisset, post pedum osculo elevatus est.... Stratorii officium exhibuit.... Chron. Cassin., Act. Sutr., 1. c.
4. Ibi ex libro professionem imperatoriam faciens..., mox super eum orationem primam (sicut in ordine continetur), Lavicanus episcopus dixit. Ibid.
La cérémonie ainsi commencée, le pape et l'empereur entrèrent dans la basilique et, suivis de leur double cortège, ils allèrent prendre séance à Tendroil appelé la roue de Porphyre. Alors, le pape réclama l'exécution des renonciations réciproques stipulées dans la convention ^ Mais Henri se retira à Fourberie
., , 2 'A . • , ,,. de l'empereur
1 écart avec ses eveqneset ses princes pour en deli- Henri y. bérer, comme si c'était là le lieu et le moment de délibérer sur un traité accepté par l'empereur depuis trois jours^ et garanti par les princes les plus
1. Instaurari Ecclesiasticum jus, refutationem investiturœ et caetera quae in conventionis (charta) scripta fuerant petiit. Ibid.
2. In partem juxta secretarium. Act. Sutr., ap. Baron., 1. c.
5. Le traité avait été conclu à Rome, le 5 février, accepté par l'empereur à Sutri, le 9; ces dates sont bien établies par Stentzel, II, 316. On était alors au 12. Du 9 au 12, Henri avait eu le temps de demander l'assentiment des évêques, ou, ne pouvant l'obtenir, d'en prévenir le pape. Quant aux princes laïques, le duc de Souabe et autres principaux vassaux s'étaient rendus garants des otages du traité, ce qui impliquait évidemment leur assentiment. Le pape, en voyant Henri se présenter pour être couronné, devait donc croire le traité accepté; et l'opposition des évoques allemands, manifestée seulement dans Saint-Pierre, a toutes les apparences d'un coup monté d'avance avec l'empereur pour obtenir le couronnement sans traité. Gervais croit que Henri et le chancelier Albert avaient cherché à cacher aux évêques allemands le traité conclu avec le pape, jusqu'au moment où le pape en réclamerait l'exécution, de manière à faire retomber sur celui ci toute l'explosion du mécontentement des prélats (t. I, p. 200, ni). Raumer reconnaît que Henri avait certainement l'intention de tromper le pape, mais qu'il n'a pu trouver aucune preuve d'une intention analogue chez Pascal. Ilist. des Hohenslaufen, t. I, 1. ii, c. 2. — Liiden, au contraire, prétend que le pape avait désiré et espéré cette scène, et luttait de ruse avec Henri ; il est vrai qu'avec cette extrême mauvaise foi dont cet auteur donne tant de preuves, il supprime complètement dans son récit le fait im-
puissants de l'empire. II n'y avait parmi ces derniers que trois évêques italiens, dont deux, Bernard de Parme et Aldo de Plaisance, fussent connus par leur zèle pour l'Eglise ^ On ne sait pas les détails précis relatifs à cette fatale conférence; mais, quand les Allemands sortirent de la basilique, après avoir Protestations été invités à se hâter par un message du pape% un évêques tumulte effroyable éclata subitement \ Les évêques
et
des abbés. et Ics abbés* reprochèrent vivement au souverain pontife d'avoir rendu un décret hérétique, qui
portant de la révolte des évêques allemands contre la confiscation de leurs fiefs. Geschichte der deutschen Volks, t. IX, 1. xx, p. 591. — L'abbé Suger, dont l'autorité est un peu plus imposante, comme con^ temporain et comme.... {sic) n'hésite pas à accuser la mauvaise foi de l'empereur. Inire callens pacem simulât, querelam investiturarum deponit, multa et lisec et alla pollicelur, et ut Urbem ingrediatur, quia aliter non poterat, blanditur nec fallere summum pontificem et totam Ecclesiam, immo ipsum Regem regum vcretur. Voir p. 290.
1. V. plus haut, l'entrevue de Chàlons. Le troisième était Bensignore de Reggio.
2. Cum autem longior se hora protraheret, missis nuntiis pontifex conventionem supradicti tenoris repetiit adimpleri. Act. Sutr., 1, c.
5. Il paraît cependant que les évêques allemands commencèrent par rendre au pape les honneurs qui lui étaient dus. Tune episcopi transalpin! corruerunt et ad oscula surrexerunt. Sed post paululum, la discussion commença. Suger n'y voit qu'une feinte, inopinata nequitia ficta litis occasione furor Theutonicus frendens debacchatur (1. c).
4. Universis ei in faciem resistentibus et decreto suo plenam hœresim inclamantibus, scilicet episcopis, abbatibus tam suis quani nostris et omnibus Ecclesise filiis. Episf. Henr. ad Parm.; cod, Udalr., 2G2. — On ne sait (\m Henri prétend désigner par ces mots, tam suis; puisqu'il fit ensuite arrêter, en même temps que le pape, les trois évêques lombards, une foule de cardinaux et de prêtres, il est évident que le clergé romain ne se prononçait pas contre le pape. C'est donc lui mensonge de plus.
les spoliait de leurs biens, et ils refusèrent ouvertement d'obéir. Les princes laïques ajoutèrent de véhémentes protestations à celles des évéques, car la spoliation de ces derniers les privait des nombreux domaines qu'ils tenaient en arrière-fief des évêchés ^ .
Les officiers placés près du roi commencèrent à se plaindre, eux aussi, de l'injustice d'un pareil traité : on leur répondit, de la part du pape, en citant les textes si souvent invoqués par les ennemis de la liberté de l'Eglise, portant qu'il faut rendre à César ce qui est à César, et que celui qui combat pour Dieu ne doit pas se mêler aux affaires du siècle^ Pour bien expliquer les motifs de sa conduite, Pascal II voulut lire le diplôme ou, si l'on aime mieux, la bulle qu'il avait adressée à Henri et qui contenait toutes les stipulations du traité'; mais
1. Tumultuantibus in inflnitum principibus, pro ecclesiarum spoliationeetper hsecbeneficiorum spoliatione. Chron. Ursperg., adann. Mil. — Nous suivons en traduisant la version de Stentzel (I, p. 638, n. 33), sans être bien persuadé que le terme principibus s'applique à d'autres qu'aux évêques. Henri ne parle pas des princes séculiers dans sa lettre aux Parmesans, et la plupart d'entre eux avaient d'ailleurs déià garanti le traité, comme on l'a dit.
2. Familiares régis dolos suos paulatim aperire cœperunt, dicenles.... Quibus Evangelica et Apostolica auctoritas objiceretur, scilicet quia reddenda sunt Ccesari, etc.... et )iemo militans Deo, etc.... Acta Sutrin., ap. BAnoN., 1. c. — Nous croyons que Fleury, qui passe^assez légèrement sur cette crise si vitale pour l'Église, a commis un contresens en mettant ces objections dans la bouche des partisans de Henri. Ilist. ecclés., 1. lxvi, n. 3.
3. Hoc, si salva pace Ecclesise dici potest, privilegium proferre vo-
MoisEs d'occ. th. 28
Le
pape et sa suite
sont livrés
la soldatesque.
454 LES PRÉDÉCESSEURS DE CALIXTE il.
Henri l'inlerrompit, en jurant devant Dieu et devant saint Pierre qu'il refuserait toujours de retirer aux évêques et aux abbés les concessions faites par ses prédécesseurs *. Il lut, il signa le nouveau serment qui détruisait la base même de la convention % puis il somma le pontife de souscrire à un traité analogue en ce qui avait trait au couronnements Dans ce moment, l'un des courtisans qui accompagnaient Henri se leva et s'écria : « A quoi bon tant « de discours? Apprends, pape, que notre seigneur « l'empereur veut recevoir la couronne impériale « comme l'ont reçue, avant lui, Charles, Louis et ((. Pépin*. » Pascal refusa de la donner ainsi; mais Henri, d'après le conseil du chancelier Albert et deTévêqueBurckhard de Munster, fit avancer des soldats et, au mépris de ses serments solennels % il
luit.... Ilœc est charta conventionis cjus ad me. Episf. Henr. ad Paria., 1. c.
\. Affirino Deo et S. Petro.... ego peccator pro timoré terribilis judicii ullo modo subtrahere recuso. Ibid.
2. In cunctorum astantium oculis et auribiis.... hoc decreto a me Iccto et subscripto. Ibid.
3. Petii ab co ut, sicut in charta conventionis ejus scriptum est, mibi adimpleret. Ibid. — Nous ne savons précisément où placer le détail curieux du récit de Pierre Diacre : Interea imperator.... Volo, inquit, ut discordia quœ inter nos et Stephanum Normannum hactcnus fuit, jam flnem recipiat (multa enim imperatoris gratia pericula Stephanus....); ipse ad hœc pontifex : Dies, inquit, magna ex parte prseteriit, officiumque prolixum erit hodie, ideoque si placet, quod vcstrum est prius impleatur. Chron. Cassin , IV, 40.
4. Quid tam multis agimus verbis? Scias dominum nostrum iinperatorem, etc. Chron. Cassin., IV, 40.