Timuibti certe uLi non erat timor
3. Et licet exteriores invcslituras pcr laicos factas non satis propria; lueresis nomine censeamus; sentire tamen ac defcndere, fieri deberc, et indubitata hseresis est. Ibid.
4. lltec rescripsimus adversus quœ si quid parare volueris sive coininus sive eniinus, audire et respondere parati siimus. — Baronius lemarque qu'Yves a consacré cette réponse mémorable dans sa Collection.
Concile
de Vienne,
où l'empereiu
csl 0X00 m munir.
d'Anse eut lieu; mais Guy, rarchevêque-légat de Vienne, muni des instructions du pape S et avec l'appui formel du roi Louis de France% convoqua en concile à Vienne, le 15 septembre 1112, les prélats de la Bourgogne, du royaume d'Arles et de plusieurs autres provinces. Deux saints évêques se distinguaient parmi eux : Godefroy d'Amiens, l'ancien abbé de Nogent, à qui le légat céda la présidence du concile % et Hugues de Grenoble, que Grégoire Vil avait obligé de quitter la vie monastique pour entrer dans l'épiscopat. Ce dernier, si renommé par sa douceur et par sa charité, se montra le plus ardent de tous à exiger la condamnation de l'empereur*. Les Pères du concile firent droit à ses instances, et ayant lié le tyran, dit l'abbé Suger, du nœud de l'anathème, ils le percèrent du glaive de saint Pierre^ Henri leur avait pourtant envoyé des ambassadeurs avec des lettres bullées du souverain pontife, où le désir de la paix et de l'union était vivement exprimé, et qu'on affirmait audacieu-
1. Sancfse Paternitatis vestrse mandata scquentes. Utl. synod. ad Pasch. pap. ap. Concil., t. XII, p. 1184.
'2. Domini Ludovici suffragio et concilio. Suger, De vit. ÏAidov., VI, c. 9.
3. A cause de l'embarras qu'il éprouvait à parler, quod impeditiorisfuerit linguœ. Hisl. Vit. S. Godefr. Ambian. III, 7.
4. Ipse sine cunctis ut Ilenricus qui sic enormiter in Paschaleni pcccasset, excommunicaretur.... effecit. Guig. Cauth., De VUa S. Hug., c. 5.
5. Imperatorem tyrannum anathemate innodantes mucrone B. Pétri perfoderunt. Suger, 1. c.
sèment avoir été expédiées depuis le dernier concile de Rome; mais les Pères n'y attachèrent aucun(v importance*, et, convaincus que les déclarations du pape aux légats Guy et Gérard méritaient toute créance, alors qu'elles affirmaient que Finvestiture laïque était une hérésie, et que l'écrit extorqué par le roi à la simplicité du souverain pontife élait nuP, les Pères prononcèrent, solennellement et à l'unanimité, la sentence d'anatlième contre Henri dans les termes suivants : « Comme il est certain (( que Henri, roi des Allemands, venu à Rome pour « signer la paix, après avoir prêté au pape Pascal « le serment de garantir sa vie, sa personne, sa « liherlé, et de renoncer aux investitures, n'a « rempli aucun de ces engagements solennels; « mais qu'au contraire, ayant baisé les pieds, la « bouche et le visage du souverain pontife, ledit « roi s'est saisi, par trahison, parjure et sacrilège, « comme un autre Judas, de la personne du sou- « verain pontife, dans sa chaire apostolique, devant « le corps du bienheureux Pierre, avec les cardi- (( naux, les évêques et beaucoup de nobles Romains ; « comme il est certain que ledit pontife a été traîné « dans le camp impérial, où il a été dépouillé de
1. Lilteras bullatas.... audacter prœtendentes.... super liis multa nobis admiratio incuteretur. LUI. synod. ad Pasch. pap., l. c.
2. Scriptum illud quod rex a vestra simplicitate extorsit damnaviinus. Ibid.
3. In ipsum regem iiominatim et solemniter et unanimiter sentenliam anathematis injeciinus. Ibid.
« ses insignes apostoliques, en butte à toutes sortes « d'indignités et de dérisions, et que le roi Henri a « extorqué au pape, par violence, un écrit aboini- « nable, nous excommunions ledit roi, nous l'ana- « théma tisons, nous le séparons du giron de notre « sainte mère l'Eglise, jusqu'à ce que, renonçant à « tout ce qu'il a fait, il lui ait donné pleine satis- « faction \ »
Les Pères demandèrent aussitôt à Pascal la confirmation, par acte public, des décrets rendus, atin de pouvoir en donner communication à leurs frères % et ils terminèrent en adressant à Pascal la requête que voici : « Comme la très-grande majorité des « seigneurs du pays, et presque tout le peuple « pensent comme nous sur cette affaire, nous vous « prions de leur enjoindre, pour la rémission de « leurs péchés, de prêter, en cas de besoin, leur « appui à nous et à la patrie % vous représentant « encore, avec le respect convenable, que si vous (( confirmez notre décret, si désormais vous vous « abstenez de toute correspondance, entretien ou « échange de présents avec le très-cruel tyran
1 . Post dato sacramento vitse, membrorum nuUse captionis, rcfutationis investiturarum.... post osculationem pedis, oris, faciei, pro- (Jitione, perjurio et sacrilegio velut altcr Judas.... excommunicaiiius, anatliematizamus, et a gremio S. matris Ecclesiœ sequestraïuus. Coiic, t. XII, p. 1185.
2. Per apertas nohis litteras significare digncmini, quas. .. aller altcri destinare possiinus. Ibid.
3. Ut, si necesse fuerit, auxilium nobis et patriic unanimiter lerant. Ibid.
« OU avec ses envoyés, nous serons tous, comme « nous le devons, vos fils et vos fidèles. Mais, que « si, contrairement à nos espérances, vous jugiez (( à propos de suivre une autre voie, et refusiez a de confirmer, nous supplierons Dieu de nous ve- « nir en aide, car vous nous auriez rejetés de votre « obéissance ^ »
Un mois plus tard-, Pascal confirmait solennellement tous les actes du concile, en rendant grâces à Dieu, mais sans faire aucune mention de l'empereur \
1. Si vero, quod minime credimus, aliara viam aggredi cœperitis et..., propitius sit nobis Deus quia nos a vestra subjectione et obedientia ropelletis. IbicL
2. Diplôme donné au Latran, le 20 novembre 1112. Conc, t. XII, 118G.
5. Unde Deo gratias referimus et quîc statuta sunt ibi rata suscipimus et confirmamus et, coopérante Domino Deo nostro, illibala pernianere censemus. Ibid. — Baronius, qui n'avait pas eu connaissance de ce diplôme, croit que Pascal différa sa confirmation jusqu'en 1116. II en blâme sévèrement le pape en ces termes : Sic papa Paschalis.... apostolicce conslantiœ succisis nervis, visus est laugucscere et Iiebescere, eum nec tôt undique stimulis agitatus in Henricum sacrilegum insurrexerit, eumque anathemate condemnaverit, nimis tenax praîstiti, immo per vim et metum extorti juramenti. Sed et quod ejusdem pro litoris usum amicitiœ retinuerit, et quod ex adverso undique magno auimo insurgentes, et zelo catholicaî Ecciesiic libertate laesœ restuantes papa represserit, magnam ipse sibi noiam incussit. Ami., an. 1112, c. 17. — Pascal ne méritait pas une telle sévérité, mais il est certain que sa correspondance avec Henri, constatée in Cod. Epist. i'dalr., n°* 200 à 271, prouve une attitude équivoque de sa part. Nous avons d'ailleurs reproduit cet extrait du plus illustre défenseur de l'autorité et de l'infaillibilité pontificales, imprimé à Rome même, pour montrer quelle était, au dix-septiéme siècle, la haute indépendance des écrivains ultramontains.
MOINES d'occ vu. 51
La
anauvaise loi
de
l'empereur
éclaire les princes
sur
les dangers
dont
ils sont
.-fous menacés.
LES PREDECESSEURS DE CALIXTE IL Henri sembla d'abord se préoccuper assez peu de ces dispositions énergiques du saint-siégc, et, faisant appel à l'autorité des conciles, il consacra quelques années à diverses expéditions peu brillantes contre la Hongrie, la Pologne et la Bohême. Mais, à mesure que sa politique se dévoilait, une résistance considérable se manifestait ; longtemps avant son expédition contre Rome, les princes allemands s'étaient aperçus, non sans surprise et sans indignation, que l'empereur songeait, comme son père et son aïeul, à transformer en monarchie absolue la puissance impériale, puissance de tout temps modérée par les droits de l'Eglise et par ceux des grands vassaux séculiers ou ecclésiastiques. De jour en jour, Henri V laissait deviner davantage ses ambitieux desseins : le masque d'humilité et de religion qu'il avait pris pour tirer paisiblement profit des mesures à la fois despotiques et schismatiques d'Henri lY ne trompait plus personne. Mais, actif, persévérant, et surtout rusé comme son père, le jeune monarque se flattait dé réussir là où son père avait échoué. Ce fut l'insigne mauvaise foi d'Henri Y à l'égard de l'Eglise qui lit comprendre aux princes tout le danger qui menaçait leur indépendance. Petit à petit ses perfidies, qui finissaient toujours par se dévoiler, détachèrent de lui la plupart des grands vassaux de l'empire, trop souvent trompés pour pouvoir l'être longtemps. Avec tout autre, il eût peut-être été facile d'élablir
solidement la paix et la dignité de l'empire sur d'anciennes et légitimes bases. Mais Henri V sacrifiait sans scrupule l'avenir et la véritable force de l'autorité impériale au rêve d'un despotisme pour lequel le monde catholique n'était pas encore mûr\ Il avait indisposé surtout les esprits par l'arrestation du comle palatin Sigefroy (premier prince laïque de l'empire), lequel, emprisonné à Wurlzbourg en 1109, sous prétexte de trahison, dut être relâché trois ans après, faute d'aucune espèce de preuves ^ L'empereur s'était d'ailleurs créé, presque en même temps, un rival redoutable dans la personne de Lothaire, comte de Suplingenberg% beau-frère du comte palatin. Celui-ci, selon la tradition, descendait de Witikind,et, d'après l'histoire, d'une race trèsbelliqueuse et très-chevaleresque. Le père avait péri glorieusement en combattant pour l'Eglise et pour la liberté de l'empire contre Henri IY\ Quant à Lothaire, il avait lui-même débuté avec éclat, à quatorze ans, au combat de Gleichen, et il venait de se distinguer contre les Slaves de l'île deRûgen et du Brandebourg. Aussi, le duché de Saxe, le plus
1. Polltische Geschlchte Deiitschland unlcr cler Regicrung der Kaiser Heinrich V und Lothar III, von D^ Eduard Gervais. Leipzig, 1841, t. I, pp. 20-22. Ouvrage précieux, malgré de nombreuses concessions lailes à l'idolâtrie rationaliste, et qui a jeté la plus vive lumière sur celte époque méconnue de l'histoire d'Allemagne.